samedi 20 février 2010

CRÉATION DE L’HOMME NOUVEAU 2 ème Partie

GENOPOLITIQUE

Biopsychologie et ordre social
Considérons maintenant une Communauté de race homogène ou en processus d’homogénéisation suffisamment avancé pour qu’il ne soit pas nécessaire de tenir compte, en son sein, de groupes ethniques différenciés. Si nous l’examinons du point de vue sociologique, elle nous apparaîtra comme un ensemble de groupes et d’associations, entrelacés et hiérarchisés, qui remplissent des fonctions diverses, et il nous sera possible d’en tracer le schéma organique. Pourrons-nous ainsi nous faire une idée complète de la société en question ? Non, car celle-ci est formée, en dernière instance, d’individus répartis entre les groupes dont ils constituent la matière première humaine. Ces individus sont différents et inégaux en raison des caractères biologiques et psychiques qu’ils possèdent. Leurs différences et leur inégalité se répercutent nécessairement sur les groupes sociaux dont ils font partie. Le sociologue et, à plus forte raison, le spécialiste en science politique ne peuvent donc pas ignorer la biopsychologie, c’est-à-dire la discipline qui étudie l’homme dans son unité et dans son intégralité : Non pas l’Homme abstrait que Maistre disait n’avoir jamais rencontré nulle part, mais l’homme réel, avec ses caractères généraux, et aussi avec ses particularités. La race n’est donc que l’une des données du problème biopolitique. Si nous l’éliminons de nos analyses futures parce qu’elle est commune à tout l’ensemble social considéré, il nous reste à établir les rapports qui existent ou devraient exister entre les groupes sociaux et la nature biopsychique des êtres qui les composent. Étant donné que ces groupes sont essentiellement fonctionnels, notre recherche tendra logiquement à établir leur spécialisation organique sur la base de la différenciation biopsychique des individus. Telle est la tâche de la génopolitique.


La spécialisation sociale biopsychique
Bien que, de nos jours, on n’en accepte pas facilement les conséquences, le principe dé la spécialisation sociale biopsychique est appliqué dans toutes les sociétés existantes. Aucune Communauté ne peut méconnaître les différences d’âge de ses membres. Partout, l’adolescence est réservée à l’étude, la maturité au travail et la vieillesse au repos. Pensons un instant à l’absurdité d’un renversement de cet ordre ! L’âge est l’un des facteurs essentiels de la différenciation biopsychique : L’enfant n’a ni les mêmes possibilités physiques ni les mêmes dispositions psychiques que l’homme fait, ni l’homme fait que le vieillard. D’une manière plus générale, la division du travail dans toute société organisée se fonde, dans une certaine mesure, sur la capacité particulière des individus : On ne choisit pas les professeurs en fonction de leurs muscles ni les débardeurs en raison de leur sens esthétique. L’ordre social tient donc nécessairement compte des dispositions individuelles ou, mieux encore, repose sur elles, et nul ne le met en doute. Cependant, on proteste fréquemment contre l’inégalité fonctionnelle des sexes qui est pour le moins aussi manifeste. La fonction de reproduction est essentielle pour la Communauté qui, sans elle, disparaîtrait en quelques décennies. Or elle ne peut être remplie que grâce à la différenciation des rôles biologiques de l’homme et de la femme, laquelle implique une différenciation sociale. C’est la mère qui porte l’enfant dans son sein, puis lui donne à téter. Elle n’est donc pas disponible pour un travail de production régulier, et il est naturel que le foyer reste à sa charge. Par ailleurs, la conformation corporelle et les qualités psychiques qui lui sont liées ne sont pas plus identiques chez la femme et chez l’homme que chez la vache et chez le taureau, si on nous pardonne la comparaison. Nul ne penserait à envoyer des vaches se battre aux arènes. Pourquoi, dans ces conditions, attribuer aux femmes les mêmes fonctions sociales qu’aux hommes ? Les femmes ne sont faites ni pour combattre, ni pour commander, ni pour créer. On a remarqué fort justement, dans le domaine artistique, qu’aucune femme n’a jamais été un grand compositeur bien que le sexe féminin ait eu, à peu d’exceptions près, l’exclusivité de la culture musicale. Il nous faut, cependant, exprimer la même réserve qu’en ce qui concerne les ensembles raciaux : Il existe des femmes supérieures à bien des hommes du point de vue de l’énergie combative, du don de commandement et du pouvoir de création. Cela ne contredit nullement la différenciation fonctionnelle qui correspond à leur sexe.


La famille
Cette spécialisation s’affirme surtout dans la famille, groupe biopsychique théoriquement complet, produit de l’union de l’homme et de la femme. La famille est un groupe fonctionnel caractérisé : Elle a pour rôle primordial la procréation et l’éducation des enfants. Nous savons, par nos analyses du Chapitre I, que l’être humain reçoit de ses parents la totalité de sa dotation héréditaire. C’est donc un héritier, non seulement en ce qu’il acquiert après sa naissance, mais encore et surtout en ce qu’il est. Or des millions d’éducateurs, dans le monde, se dédient à orienter l’enfant entre ses potentialités bonnes et mauvaises, mais personne, ou presque personne, ne se préoccupe de la sélection des parents dont procèdent ces possibilités, ou bien la sélection que l’on pratique se fonde sur des considérations économiques qui n’ont pas grand-chose à voir, surtout dans la société moderne, avec les réalités biopsychiques. L’histoire récente a cependant connu diverses formes de sélection valables dont la tradition se perpétue dans certains milieux, malheureusement de plus en plus restreints. Sous l’Ancien Régime, la noblesse était transmise par hérédité paternelle : C’était là oublier que la mère donne à l’enfant autant de gènes que le père. Mais la coutume complétait généralement la loi et les mésalliances étaient exceptionnelles. Certains ordres militaires se montraient plus stricts dans ce domaine et exigeaient de leurs membres au moins quatre quartiers de noblesse. Même de nos jours, les familles royales, à quelques exceptions près, s’unissent entre elles indéfiniment. Notons, enfin, que l’histoire plus lointaine nous parle de certaines familles qui, isolées pour des raisons ethniques ou simplement biopsychiques au sein d’une population inférieure, conservaient grâce à une étroite consanguinité leurs qualités particulières : Ainsi les familles impériales du Pérou et, en ce qui concerne la dernière dynastie, d’Egypte.


Le lignage
La famille peut donc se perpétuer par des unions successives totalement ou relativement consanguines et constituer ainsi un lignage qui conserve un faisceau de qualités biopsychiques déterminées. Ce phénomène n’est pas le propre de telle ou telle couche sociale. Il existe des lignages ouvriers et paysans comme des lignages aristocratiques, et la notion de mésalliance vaut à tous les niveaux de l’échelle sociale. Même si, en fait, elle est souvent le résultat de préjugés, au plein sens du terme, cette notion possède de solides bases scientifiques et répond à un danger réel de destruction du lignage. Introduire dans celui-ci un élément inconnu ou simplement étranger, c’est faire une expérience sur laquelle on ne pourra jamais revenir. Quelle sera la synthèse biopsychique qui en sortira ? La prévision, dans ce domaine, nous est interdite, tout au moins pour le moment. La conservation endogamique de la masse héréditaire traditionnelle assure, au contraire, sauf en cas de dégénérescence, l’unité dans le temps du groupe familial, physique et psychique. Dans les lignages homogènes, l’existence d’un tel type ne peut pas être mis en doute. Le langage courant lui-même l’admet lorsqu’il emploie l’expression “air de famille”. L’histoire nous montre des lignages d’artisans, de paysans, d’industriels, d’artistes, d’hommes d’Etat, de chefs de guerre, etc. Le lignage est donc un ensemble biopsychique héréditaire différencié. Dans son essence, il ne se distingue pas de la race. De même que nous avons vu les grandes races se diviser en ensembles secondaires, nous voyons maintenant ceux-ci subdivisés en lignages. Nous saisissons mieux, ainsi, l’unité de la biopolitique, de même que nous comprenons mieux qu’il soit nécessaire, pour instituer un ordre social organique, de tenir compte, non seulement des divers ensembles ethniques qui peuvent coexister au sein d’une Communauté, mais encore les ensembles biopsychiques, de même nature mais de gradation différente, en lesquels se divisent les ensembles raciaux homogènes.



La couche sociale
Nous verrons plus loin comment se différencient les lignages. Mais il nous faut remarquer tout de suite que, sauf dans le cas d’une stricte consanguinité, ils ne se forment pas, ni ne se maintiennent, dans l’isolement. Les unions entre lignages de même rang, voire de même valeur, et souvent de même fonction sociale produisent avec le temps une homogénéisation qui les unifie en un ensemble plus vaste : Telle est l’origine de l’ordre ou état de l’Ancien Régime (sauf, bien entendu, en ce qui concerne le clergé catholique, de nature différente), avec ses subdivisions ; Telle est également, mais à un moindre degré, celle de la classe contemporaine. L’ordre, dans une Communauté ethnique homogène, peut être comparé à la caste de la Communauté métissée, mais avec une différence fondamentale : La caste est nécessairement fermée parce qu’elle est fondée sur une synthèse particulière de caractères raciaux essentiellement différenciés, que l’on ne veut pas modifier. L’ordre, au contraire, peut être ouvert aux mutants parce que les caractères biopsychiques qui lui appartiennent en propre sont accidentellement différenciés, ce qui ne veut pas dire qu’ils soient le produit du hasard, mais simplement qu’ils sont nés et peuvent encore naître de l’action du milieu. Les classes sociales modernes n’ont pas conservé intégralement la nature biopsychique des ordres. La société libérale a favorisé l’accès à la couche dirigeante d’éléments inférieurs mais soumis, consciemment ou non, à la volonté de l’oligarchie capitaliste. Elle a permis l’élévation sociale par la fortune. En même temps, elle a rejeté dans les couches inférieures, ou maintenu en elles, les éléments dynamiques qu’elle jugeait dangereux en raison de leur valeur. Il n’en reste pas moins vrai, comme l’a noté fort justement Carrel, que les paysans qui sont restés attachés à leur terre malgré l’appel de l’usine l’ont fait parce qu’ils possédaient les qualités et les lacunes qui les rendaient aptes à un tel mode de vie. De même, le manoeuvre qui se montre incapable de devenir ouvrier qualifié souffre indiscutablement d’une insuffisance organique et psychique. Tout le monde admet en fait, même si elle est imparfaite, cette nature biopsychique des couches sociales et reconnaît l’existence de types physiques et mentaux qui l’expriment. Il existe un type paysan, un type prolétarien, un type bourgeois, un type aristocratique, etc., si différents les uns des autres que certains ont cru ne pouvoir les expliquer que par des origines raciales distinctes.


L’origine de la stratification sociale
Telle est, en particulier, la thèse de Gobineau : La stratification sociale serait le produit de la conquête militaire et de la soumission des vaincus. Ainsi, en France, la noblesse procéderait des envahisseurs germains de race nordique, grands, blonds et dolichocéphales, tandis que le reste de la population serait gallo-romain, avec prédominance numérique de l’élément alpin, petit, brun et brachycéphale. Cette explication, établie sur la base du fixisme ethnique de son auteur et par analogie avec le système des castes des Indes pêche par inexactitude historique. Il est bien démontré, en effet, que l’aristocratie féodale française fut constituée par l’union des chefs barbares et des patriciens gallo-romains et que, par ailleurs, elle s’augmenta et se renouvela, au cours des siècles, grâce à d’innombrables anoblissements. Cela ne détruit pas le fait de la suprématie sociale du type dolichocéphale, et Vacher de Lapouge l’a solidement établie sur des bases statistiques : La moyenne de la taille et la proportion de hautes tailles, de même que celle de dolichocéphales, augmentent avec le rang social. D’après ce sociologue, la raison de ce phénomène serait simplement la supériorité du type nordique qui se conserverait malgré le mélange des races et qui se concentrerait dans les couches dirigeantes dont il éliminerait dans une certaine mesure, par sélection, le type alpin. Cette interprétation ne tient pas compte de la variabilité des caractères sur lesquels Vacher de Lapouge la fonde. Nous avons aujourd’hui quelques raisons de croire que l’indice céphalique est modifié par l’action du milieu : Boas semble avoir démontré que les fils d’immigrants dolichocéphales et brachycéphales tendent, à New York, à la mésocéphalie. Nous savons également que la taille n’est nullement un facteur héréditaire immuable et que la vie urbaine détermine, en général, son augmentation. Enfin, Lapouge lui-même démontre que la dépigmentation du poil et de la peau provient d’une atrophie pathologique produite par les climats froids et brumeux et qu’elle est corrigible, bien qu’héréditaire, par le changement de conditions de vie. Il semble donc clair que la stratification sociale dépende de facteurs accidentellement différenciés et qu’elle soit le produit d’un double mouvement des types antérieurement constitués, qui s’unissent par affinité et par capacité, et du milieu fonctionnel qui transforme, lorsque c’est nécessaire, les êtres qui reçoivent sa pression.

Différenciation héréditaire et spécialisation fonctionnelle
Examinons le premier point. Soit une société en formation, comme celle de la “frontière” américaine à la fin du siècle dernier. N’allaient à l’Ouest que des hommes aventureux et entreprenants. Ceux qui possédaient une âme de chef, une constitution physique adéquate et une intelligence suffisante groupaient naturellement autour d’eux des individus forts et courageux, mais incapables de diriger une opération contre les Indiens et de se tailler un domaine dans la prairie. D’autres, intelligents mais moins audacieux et incapables de commander, installaient des épiceries. La spécialisation fonctionnelle, dans un milieu où n’intervenaient presque pas ni la fortune ni les conventions, se fit donc sur la seule base des capacités biopsychiques individuelles, exactement comme au début du Moyen-Age européen. Il n’en est pas de même, évidemment, dans les sociétés organisées, et mal organisées, d’aujourd’hui. L’ordre établi pèse sur les individualités puissantes qui cherchent à s’élever, tandis qu’il maintient artificiellement des êtres inférieurs à un niveau qui ne correspond pas à leur capacité réduite. Cependant, si nous considérons les ensembles, et non plus les individus, nous constaterons qu’en général il existe encore une concordance entre la fonction et la dotation héréditaire de qui l’exerce. Et cela se produit tout simplement parce que, dans la société contemporaine comme sur la “frontière”, bien qu’à un moindre degré, la fonction exige des caractères biopsychiques particuliers. Sous le plus égalitaire des régimes, il n’est pas possible de faire d’un soutier un commandant de navire. La stratification sociale se fonde, par conséquent, sur la sélection biopsychique d’individus qui répondent aux exigences des diverses fonctions. De ce point de vue, il est exact de dire, avec Vacher de Lapouge, que les couches sociales “attirent” les êtres d’un certain type.


Variabilité héréditaire par la fonction
Ce point de vue est cependant insuffisant. Lorsque le développement de l’industrie multiplia les usines, il n’existait nul type prolétarien héréditaire qui put servir de norme de recrutement. Les industriels allèrent chercher leurs ouvriers parmi les paysans, au type fixé par des siècles d’un mode de vie inchangé. Ils attirèrent, bien sûr, en premier lieu, les moins capables, les “moins paysans”, mais bien d’autres suivirent l’exemple de ces derniers, bien qu’ils fussent parfaitement adaptés au travail de la terre. Nonobstant, nous voyons aujourd’hui une classe prolétarienne aussi différenciée que possible de la population paysanne. De même, pour en revenir à notre exemple antérieur, l’aristocratie européenne de l’Ancien Régime avait un type fort différent de celui de la bourgeoisie, au sens propre du terme, au sein de laquelle elle se recrutait sans cesse. Vacher de Lapouge note avec raison que les chroniqueurs de l’époque décrivent toujours le seigneur médiéval comme grand, svelte et blond, alors que le vilain apparaît comme petit, boulot et brun. Les qualités mentales n’étaient, bien entendu, pas moins différentes. Sans doute certains anoblis étaient-ils des mutants, individuellement différenciés de leur couche d’origine. Mais la majeure partie ne se distinguaient de leur milieu primitif que par le degré de leurs qualités : Ils se montraient plus courageux, plus audacieux, plus intelligents, plus aptes au commandement et, du point de vue physique, moins lourds que la majorité de leurs pairs. Quelques générations suffisaient, avec l’aide des mariages, pour incorporer les nouveaux venus à la vieille noblesse, sans que les caractères de cette dernière fussent modifia Le phénomène n’a rien de surprenant. Les anoblis et leurs descendants subissaient la pression du nouveau milieu dans lequel ils vivaient. Au lieu d’obéir, ils commandaient. Au lieu de conduire la charrue ou de manier l’outil, ils montaient à cheval et combattaient. Au lieu de se nourrir principalement de farines et de viande d’animaux domestiques, ils mangeaient du gibier et remplaçaient souvent l’eau par l’alcool. Les valeurs morales auxquelles ils étaient soumis n’étaient plus les mêmes. Leur corps et leur esprit se transformaient par adaptation à leur nouvelle existence. De paysans ou de bourgeois, ils devenaient des seigneurs. Nous saisissons ainsi le double rapport qui existe entre la fonction et le type humain. La fonction attire et, par conséquent, sélectionne les êtres qui possèdent le type correspondant à leurs besoins, mais le type relativement inadéquat s’adapte à la fonction et se modifie sous son influence. S’il est exact de dire que, dans une Communauté d’une homogénéité encore imparfaite, les survivances ethniques constituent, comme les mutations biopsychiques, un facteur de spécialisation fonctionnelle, il ne l’est pas moins d’affirmer que la fonction crée la “race”, c’est-à-dire forme des ensembles biopsychiques homogènes selon un processus semblable à celui dont naissent les ensembles ethniques accidentellement différenciés.


Importance de la différenciation fonctionnelle
La typologie fonctionnelle des ensembles sociaux est donc relative comme celle des races : Elle repose sur la fréquence d’apparition de caractères qui ne se trouvent qu’exceptionnellement tous réunis en une seule personne. Il est facile, et la sociologie comme la psychologie l’ont souvent fait, de constater l’existence, non pas d’un type fonctionnel par ensemble, mais de plusieurs, ainsi que d’établir sur des bases expérimentales les ressemblances qui se manifestent, dans tel ou tel domaine, entre types appartenant à des ensembles différents. Entre l’aristocrate et l’intellectuel de “classe moyenne” il peut y avoir — et il y a généralement — moins de différence, de tel ou tel point de vue, qu’entre ledit aristocrate et le hobereau, alors que celui-ci ressemble souvent plus, en ce qui concerne tel ou tel caractère, aux paysans qu’à ses pairs. Qu’est-ce que cela signifie ? Simplement que chaque ordre ou classe embrasse en réalité une multiplicité de professions diverses qui constituent des sous-catégories fonctionnelles, auxquelles correspondent des types biopsychiques différents. La noblesse comprend des hommes d’Etat, des militaires, des diplomates, des intellectuels, des paysans ; Le prolétariat, des débardeurs, des mécaniciens, des graveurs, etc. Les classes moyennes sont encore plus complexes. Mais certaines professions sont communes à plusieurs ordres : Des caractères communs se superposent donc à leurs caractères différenciés. On dira avec raison du hobereau : C’est un paysan, mais on ne le confondra pas avec des paysans d’une extraction sociale, même infiniment plus riches que lui. En d’autres termes, le rang prime la différenciation professionnelle, mais cette dernière n’en agit pas moins sur les divers niveaux de la stratification sociale. Il existe donc une différenciation verticale — hiérarchique — et une différenciation horizontale — professionnelle — dont les effets s’additionnent. D’une manière générale, la première est la plus profonde. Il sera plus facile à un débardeur de devenir mécanicien que diplomate, de même qu’à un hobereau de se transformer en officier qu’en laboureur. Si on doute de l’efficacité de la différenciation fonctionnelle héréditaire, que l’on se rappelle la phrase désabusée de Trotsky sur “l’incapacité congénitale du prolétariat à devenir une classe dirigeante”, ou que l’on mette en parallèle quelques portraits, choisis au hasard, de membres de l’ancienne aristocratie russe avec les photos de quelques personnages de la bureaucratie actuelle, issue des couches inférieures de la population sans que le temps ait encore pu faire son oeuvre. La stratification biopsychique de la société est si marquée qu’elle en arrive parfois à surmonter, bien entendu sans les détruire, les différences entre grandes races. Un aristocrate japonais, d’une relativement haute taille, au crâne allongé, au visage fin, aux yeux droits, pourvu de qualités de commandement, de courage et d’honneur, est souvent plus proche, même du point de vue physique, d’un aristocrate européen que de son compatriote d’un type biopsychique grossier, de petite taille, aux yeux obliques et au nez camus.


La sélection naturelle
Il n’en doit pas moins rester bien entendu, cependant, que la différenciation fonctionnelle n’agit que dans le cadre de l’ensemble ethnique considéré. Elle actualise, par sélection et par formation, les potentialités de la “matière première” humaine dont elle dispose, lesquelles dépendent essentiellement de la race. Mais il nous faut ajouter : Et de l’état présent de cette race. Il n’est pas indifférent, en effet, que celle-ci soit jeune ou vieille. Une race est jeune lorsque les conditions de vie de ses composants sont restées simples et ne les ont pas obligés à beaucoup s’adapter ni, par conséquent, à beaucoup choisir entre leurs possibilités naturelles. Une comparaison nous fera mieux comprendre le problème : Un enfant bien doté peut choisir entre une formation scientifique et une culture humaniste, mais un homme de soixante ans sera incapable de revenir sur le choix qui a orienté son esprit une fois pour toutes, et aucun changement fonctionnel ne donnera de résultats positifs dans ce domaine. Il n’est pas non plus indifférent qu’une race soit forte ou dégénérée, car ses caractères distinctifs possèdent un degré qualitatif primordial et ce degré, comme les caractères eux-mêmes, n’est pas identique chez tous les membres de l’ensemble ethnique observé à un moment déterminé de son histoire. Certains individus sont sous-alimentés, alcooliques, syphilitiques, ou tout simplement faibles. D’autres, au contraire, sont en pleine possession de toutes les ressources de la race. Dans des conditions primitives d’existence, les faibles disparaissent avant d’avoir pu procréer. La “matière première” sur laquelle agit la différenciation fonctionnelle possède, par conséquent, grâce à une sélection naturelle, un maximum de possibilités. Il n’en est pas de même de nos jours. L’ordre social biopsychique exige, non seulement la différenciation fonctionnelle, mais encore et surtout l’élimination des éléments inférieurs, c’est-à-dire du résidu fonctionnellement inutilisable et socialement dangereux. Sans une telle épuration, la race dégénère. La naissance éventuelle d’un génie hérédo-syphilitique ne compense pas la décadence biopsychique de l’ensemble de la Communauté. Il ne semble pas, d’autre part, que les siècles antérieurs, qui jouissaient des bénéfices de la sélection naturelle, aient été plus pauvres en hommes supérieurs que le nôtre.


La différenciation économique
Le monde contemporain est fort loin de vivre à l’état de nature. Sa structure sociale ignore les lois de la biopolitique, malgré les nombreuses survivances d’une organisation antérieure fondée sur la différenciation biopsychique et bien que les réalités de la nature humaine s’imposent souvent aux utopies égalitaires. Notons, d’autre part, que ces dernières, dans la mesure où elles triomphent, n’ont qu’un caractère destructif et se montrent incapables de remplacer par une construction cohérente l’ancien ordre de choses. La société libérale n’a pas établi l’impossible égalité. Elle s’est limitée à substituer à la différenciation biopsychique une différenciation économique qui a renversé toutes les valeurs. La richesse, au lieu d’être un instrument mis à la disposition de la couche dirigeante, est devenue un moyen d’accéder au pouvoir social. En d’autres temps, on était riche parce que l’on remplissait une fonction de commandement ; Aujourd’hui, dans la société libérale, on commande parce qu’on a de l’argent. La stratification sociale est déterminée par la différence économique qui sépare les classes. Le système qui fait de l’argent, au lieu de la valeur unie à la fonction, le critérium du rang social, constitue sans aucun doute, du point de vue biopolitique, la pire des aberrations.


La sélection à rebours
De même que le capitalisme libéral s’est attaché à détruire l’ordre qualitatif de la société, la pseudo-civilisation moderne a fait tous ses efforts pour supprimer la sélection naturelle. Les conditions de vie artificielles qu’elle a créées permettent la survivance d’individus, inférieurs du point de vue biopsychique, qui, en d’autres temps, auraient disparu. La médecine, s’il lui arrive parfois de sauver des êtres de valeur, s’applique la plupart du temps à soutenir les faibles, les tarés et les dégénérés, auxquels elle permet ainsi de vivre, ce qui n’a pas grande importance, mais aussi de se reproduire et de corrompre les générations à venir. Parallèlement à cette action anti-naturelle dont profitent des éléments nuisibles pour la Communauté, le monde moderne pratique une véritable sélection à rebours. Les guerres d’autrefois étaient peu sanglantes. Elles exigeaient des qualités physiques et morales dont l’absence déterminait la mort. Elles produisaient, par conséquent, une sélection naturelle violente, en particulier au sein de la noblesse qui gagnait ainsi en vigueur ce qu’elle perdait en nombre. Aujourd’hui, la guerre exige de moins en moins de valeur de la part de ceux qui la font. Atrocement meurtrière, elle atteint surtout la jeunesse qui forme les troupes de choc. Le courage est en elle un facteur de mort. Les meilleurs éléments sont sacrifiés au profit des faibles et des lâches, qui restent à l’arrière. La guerre sociale et les désordres qui en sont la conséquence ont un résultat encore plus manifeste. L’aristocratie, produit d’une sélection millénaire, est éliminée par massacre, expulsion ou imposition de conditions de vie qui provoquent rapidement sa dégénérescence. Enfin, la guerre civile tue des volontaires qui, de par leur seule présence en première ligne, démontraient leurs qualités morales.


Aristocratie et élites
Lorsque l’aristocratie, décimée par la guerre ou détruite par la lutte sociale, se renouvelle en absorbant les éléments supérieurs de la bourgeoisie ou du prolétariat, beaucoup de ceux qu’elle sélectionne trouvent ainsi le chemin de leur propre réalisation, mais ils provoquent l’appauvrissement qualitatif des couches dont ils surgissent. Dans une société organique, chaque groupe est hiérarchisé exactement comme la Communauté elle-même. Si la couche sociale dirigeante attire les chefs naturels des collectivités secondaires, il dissocie ces dernières et, avec le temps, les détruit. C’est là un mauvais calcul, de tout point de vue, car l’appauvrissement des couches inférieures provoque leur dégénérescence biopsychique et, par là même, l’épuisement des sources dont surgit l’indispensable renouvellement de l’aristocratie. Nous ne nous contredisons nullement. Il est normal et nécessaire que l’aristocratie ou, d’une manière plus générale, la couche dirigeante s’incorpore les mutants qui sortent des élites des couches inférieures. Mais il est nuisible qu’elle absorbe lesdites élites dont l’existence est indispensable au bon fonctionnement de la Communauté.

Le déséquilibre biopsychique de la Communauté
La sélection à rebours, dont nous venons d’analyser rapidement les aspects essentiels, ne constitue pas le seul facteur du déséquilibre biopsychique que produit la raréfaction des éléments supérieurs de la population. Il nous faut signaler aussi un phénomène parallèle à celui que nous avons noté dans le domaine de la lutte des races : La stérilité relative des couches de plus haut niveau par rapport à la prolificité des inférieures. C’est un fait indiscutable que les familles qui appartiennent aux couches supérieures ont peu d’enfants. Les raisons matérielles de cet état de choses sont multiples : Difficultés de logement et de service, ressources insuffisantes par rapport aux exigences d’une vie raffinée, travail des femmes, etc. Ajoutons la peur de la maternité de la part de femmes qui veulent, même lorsqu’elles n’exercent aucune profession, sortir de leur rôle naturel, l’affaiblissement des disciplines religieuses et des traditions, et aussi la dégénérescence physiologique, produit du milieu urbain. Si donc la prolifération des ensembles ethniques de couleur constitue une grave menace pour les Communautés de race blanche, celle des éléments inférieurs du point du vue biopsychique est déjà un fait accompli. Bien sûr, il existe encore de nombreux descendants non dégénérés des anciennes aristocraties et la formation fonctionnelle suffirait, avec le temps, à reconstituer des couches dirigeantes dignes de ce nom. Ce qui nous paraît plus grave, c’est le double processus d’appauvrissement numérique de l’aristocratie, ou de ce qui la remplace, et d’augmentation des éléments inférieurs, processus qui se déroule sur un rythme accéléré sans que rien ne permette d’en prévoir la fin prochaine et sans que l’on ne fasse rien pour l’entraver, bien au contraire. Notre société libérale s’achemine vers un état uniforme de médiocrité, vers une confusion générale qui mettrait un terme définitif à la suprématie de la race blanche et, transformant en troupeaux ses Communautés organiques, la conduirait à sa fin.


La disparition de l’ordre social biopsychique
Gobineau voyait dans le métissage le seul facteur de la décadence des ensembles ethniques et du déclin des civilisations. Nous savons maintenant que la dégénérescence biopsychique peut se produire par simple transformation du milieu. Les blancs qui s’installent sous les tropiques dégénèrent. Les Communautés qui détruisent l’ordre social biopsychique dégénèrent. Notre époque subit non seulement le métissage, mais encore l’égalité fonctionnelle des sexes, la confusion des couches sociales, la réabsorption des élites et des aristocraties privées de leurs fonctions. Comme l’annonçait Maurras il y a plus d’un demi-siècle, l’or prime le sang. Tout est perdu ? Non, car la race blanche n’est pas victime de la fatalité mais de sa propre inconscience. La mauvaise politique est la cause de la disparition de l’ordre naturel. Une bonne politique suffirait à rétablir les conditions d’une régénération.

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