mercredi 28 juillet 2010

26

Je n'ai pas retouché le reste ....

XXVI
Enfin, le Kidesch et le Gabdala. (prières sur
la coupe).
La prière sur la coupe est une antique cérémonie
des Juifs. Elle est pour ainsi dire le
complément des autres prières récitées à la
synagogue ou à la maison. Récitée la veille du
samedi et des jours de fête, elle porte le nom
de Kidesch ; récitée le samedi soir après le
sabbat et à la fin de chaque jour de fête, elle
se nomme le Gabdala (1); avec la coupe, sur
laquelle le chantre récite à haute voix une
prière, on donne quelques gouttes du vin qu'elle
contient aux petits enfants présents à la synagogue.
A la maison, chaque chef de famille
(1) Gabdala signiQe la différence qui existe entre un
Jour de fête et les journées ordinaires de la semaine.
302 LA KUSSIE JUIVE
récite une prière semblable, et tous les assistants,
au souper du vendredi qui commence le
sabbat, et à celui du samedi qui le finit, doivent
goûter du vin contenu dans la coupe sur
laquelle la prière a été dite. Lorsqu'il n'y a
point de vin, on le remplace, pour le Kidesch,
par le pain, et pour le Gabda,Ia par de l'eaude-
vie ou de la bière. Bien entendu que le vin
ne manque jamais pour la cérémonie de la
synagogue, car chaque Juif riche se fait un
grand honneur d'en fournir. Il en est même
qui payent au Kahal le droit de pouvoir offrir
le vin nécessaire à cette cérémonie.
La prière de Kidesch rend grâce à Jéhovah...
« parce qu'il a élu pour son peuple
favori le peuple d'Israël entre tous les autres
peuples de la terre m... La prière de GahdaJa
rend à son tour grâce à Jéhovah « d'avoir séparé
les jours de fête des jours ordinaires, la lumière
de l'obscurité, et le peuple d'Israël des autres
peuples. ))
XXVTl
Après tout ce qui a été dit sur la vie intime
et secrète des Juifs, dans les chapitres qui
précèdent, il est facile de s'expliquer les
persécutions qui, en tous pays et à toutes les
époques, ont été dirigées contre ce peuple
incorrigible, orgueilleux et fanatique.
La jouissance des droits civils qu'on accordait
à la population juive dans certains pays
pour la naturnliser, a été, selon Texpression
de Napoléon I''»*, une illusion, quelque chose
de temporaire.
Et voilà pourquoi, tantôt on a accordé, et
tantôt on a repris cette jouissance aux communautés
de ce peuple qui, obstinément rétit'au
droit commun, a persévéré et persévère à vivre
isolé.
304 LA RUSSIE JUIVE
Il est clair que la cause de cette persévérance
est dans le judaïsme, c'est-à-dire dans
les institutions nationales prescrites par le
Talmud et protégées par le Kahal et le Bet-
Dine. Aussi longtemps donc que durera l'autorité
officielle du Juif, il existera toujours un
royaume séparé d'Israël, avec son Kahal, son
Bet-Dine, ses facteurs, son droit de Haznka
et de Meropiié, flanqué de toutes ces monstruosités
dont nous avons entretenu le lecteur.
Les paj'S habités en grande majorité par
des chrétiens, mais où il se trouve une population
juive môme en minorité, seront toujours
considérés par cette dernière, dit Joseph
Kuung, comme « un lac libre où chaque Juif
peut pêcher, c'est-à-dire oit chaque Juif, qui
achète du Kahal le droit de Hazaha et Meropiié,
peut exploiter et dépouiller un chrétien.
»
Pour finir, nous répétons donc que, tant que
les gouvernements des nations chrétiennes
toléreront ces grandes agglomérations de Juifs
paresseux qui, ne travaillant à aucun métier
utile, et par conséquent improductives, doiLA
RUSSIE JUIVE 305
vent chercher les moyens de leur existence
dans la fraude, l'usure, l'agiotage, le mercantilisme,
la vente de l 'eau-de-vie, etc., etc.,
agglomérations qui facilitent et étayent l'existence
du Kahal et du Bet-Dine, c'est-à-dire
de Tautorité du Juif sur le Juif... que tant que
l'éducation des enfants juifs ne se fera pas en
connmun avec celle des enfants chrétiens et
s'effectuera séparévient dans les Heders et
les écoles des rabbins, enfin tant qu'on ne forcera
par les Juifs à devenir cultivateurs, ouvriers,
etc. c'est-à-dire à tremper de leurs
sueurs la terre qui les nourrit, toutes les mesures
que ces gouvernements prendront pour
résoudre la difficile question juive ne seront
qu'un piiun desideriuin stérile !
Soustraire le Juif au droit et au devoir de
caste nationale politique, administrative, éducatrice
et religieuse, comme le soumettre à la
vie publique commune en l'affranchissant des
autorités usurpatrices qui ne subsistent et ne
se perpétuent chez lui qu'à la faveur du fanatisme
d'une religion d'où la vraie morale
sociale est exclue, remplacer la tolérance des
autorités, des sociétés qu'il exploite en para306
LA RUSSIE JUIVE
site, par les règles d'administration appliquées
à tous les citoyens, là est la solution.
En un mot, vie commune, charges communes,
éducation commune, administration
commune avec les sociétés chrétiennes, et en
échange droit commun et égalité.
XXVIIT (1
Nous pensons en avoir dit assez sur les
prescriptions du Kahal, les bizarreries du droit
coutumier et les particularités du rituel juif.
Qu'on ne nous demande pas en quoi ces particularités
et ces bizarreries peuvent constituer
un péril. La question serait par trop inintelligente
; car une symbolique respectée est une
solennelle constatation de la force.
Il fut un temps où la légèreté slave, au lieu
(1) L'auteur de ce travail a laissé une série d'études
qui devaient y faire suite. Nous devons à sa chère mémoire
de réunir ici les idées disséminées dans les écrits
posthumes qui font corps avec son étude si importante
par elle-même. Un intervalle de quelques années sépare
ce qui va suivre de ce qui a précédé, et les idées de l'auteur
ont dû être quelque peu modifiées , mais l'idée prédominante,
celle du suprême danger du judaïsme, demeure
et se manifeste avec plus d'énergie encore.
308 LA RUSSIE JUIVE
de tirer de l'étude du monde juif de féconds
enseignements, y trouvait une ample matière
à moquerie. Ce temps n'est plus et on semble
se douter que le dernier qui rira ne sera ni un
Russe ni un Polonais.
Derrière ces étrangetés de l'organisation du
monde juif, le génie sémitique dissimule la
grandeur de ses conceptions. Et tout cela est
très sérieux, très sévère, et porte en soi
d'inexorables conséquences.
Il nous faut nous répéter. Il le faut, pour
secouer la somnolence des peuples chrétiens,
qui nient le danger afin de ne pas avoir à le
regarder en face !
Reparlons donc du Kahal. L'esprit qui vivifie
tout l'attirail administratif et judiciaire du
Kahal, est un esprit exclusif, jaloux et intolérant.
Institution hybride, soucieuse de la pureté
du culte, c'est en même temps une ardente j)rotectrice
des intérêts temporels de la race. Aussi
cette institution ne disparaîtra-t-elle pas de si
tôt; et, disparaissant en apparence, elle se reconstruirait
par la force de gravitation de toutes
les affinités de la race juive vers une autorité
qui est 1 ame et la conscience de ce monde à
1
LA RUSSIE JUIVE 309
part. La prédominance de l'autorité du Kahal
sur celle du Rabhinat tient à l'essence même
de la religion juive, qui accorde une si large
part à rinterprétation et tient compte des
nécessités de l'heure présente. Le Juifne reconnaît
pas un régime lançant des décrétales et
pouvant aller k l'encontre du système administratif,
reconnu utile. C'est à la religion de
céder, ou de transiger. Cette souplesse si commode
du dogme religieux a amené quelques
penseurs à trouver, entre le judaïsme et le
jésuitisme, une frappante similitude.
L'idéal d'outre-tombe, qui exalte le chrétien
et le musulman, est à peine estompé dans
les enseignements juifs et passe presque inaperçu
à travers les explications embarrassées
des Livres sacrés. A ce point de vue, la religion
juive n'en est pas une. Le Songe de
Jacob et son Echelle résument toutes les aspirations
d'Israël, qui ne visent que la domination
terrestre. Une idée de détachement des
biens de ce monde ne pourrait même ,être
comprise par le Juif. Cette absence du spirituel
est-elle une force ? Assurément, lorsque, dans
la mêlée des intérêts, un des combattants se
310 LA. RUSSIE JUIVE
sent incapable de mollir devant aucune considération
d'ordre supérieur et respecte tout au
plus la correction des procédés.
Que faut-il penser alors des réformes projetées
par les gouvernements, tendant à la transformation
du Juif? Les gouvernements s'obstinent
à faire montre de leur impuissance. Les
Juifs, plus avisés, font semblant d'en être émus
et gémissent volontiers sur leur sort. Puérilité
d'un côté, hypocrisie de l'autre, cela dure un
peu, puis le remous se calme et tout rentre
dans l'ordre qu'on n'aurait pas dû troubler.
Les persécutions brutales doivent être condamnées.
Du reste, comme toutes les persécutions,
elles ne font qu'exaspérer et fortifier
les victimes.
La Russie, généralement très tolérante à
l'égard de ses races orientales, cherche, depuis
bientôt un siècle, à transformer ses sujets
juifs en bons citoyens russes, en comblant de
privilèges et d'exemptions ceux qui font mine
d'abandonner les voies du judaïsme. Que n'at-
on pas fait pour transformer les moeurs et
coutumss juives ! Rien de moins réussi que
ces tentatives. Les colonies agricoles juives,
LA RUSSIE JUIVE 311
dans le midi delà Russie, ont eu un grand succès
de rire. Depuis lors, certaines nécessités
d'une liquidation laborieuse, entre propriétaires
obérés et leurs créanciers juifs, ontamené
ces derniers à s'adonner à rag'riculture. Il en
est résulté un singulier phénomène : ce n'est
pas le Juif qui a été transformé par l'agriculture,
mais c'est l'agriculture qui est devenue méconnaissable.
C'était tout indiqué. La discordance
entre les lenteurs des exploitations agricoles
et les fiévreuses impatiences, propres au caractère
juif, ont nécessairement produit une
monstruosité. L'agriculture, entre les mains
des Juifs, ne pouvait faire autrement que se
plier à leur génie commercial et prendre les
allures d'un jeu aux évolutions rapides. Ne
pouvant pas accélérer le pas, l'agriculture,
pressée de près, a dû fournir des matières
escomptables et négociables à volonté. Ainsi,
les locations des terres et les achats de vente
des récoltes sur pied, les marchés fermes et les
marchés résiliables ou échangeables, et surtout
le déboisage du pays, par les coupes négociables
comme des titres de rente, et finalement
la vente des spiritueux, c'était là certai312
LA RUSSIE JUIVE
nement quelque chose, et ce quelque chose
formait un menu qui promettait. Les appétits
juifs eurent quelques aliments, Tagriculture
a bien fait les choses au commencement. Cette
idylle juive, singulièrement travestie, durerat-
elle? C'est douteux.
On se demande ce que faisait, ce que fait
aujourd'hui encore, le vrai, le légitime propriétaire
du sol, le naïf Slave, possesseur du
plus vaste domaine que la Providence ait
jamais départi à une race. Eh ! bien, le pauvre
grand fondateur de ce pauvre grand domaine
a été ahuri d'abord, entraîné ensuite, et écrasé
par les engrenages de cette tactique juive, à
laquelle il continue à ne rien comprendre; il
se recueille. Le bonhomme a l'ahurissement
facile, mais, qu'on ne s'y trompe pas, ses
recueille tnents peuvent devenir farouches.
XXIX
Continuons. L'industrie n'aurait pas périclité
entre les mains des Juifs, mais leur activité
industrielle a été fort restreinte; car ils
ont réfléchi et ont conclu à l'abstention. Et
voici pourquoi.
Toutes les productions de l'industrie allant
aux débouchés, il a suffi que les Juifs s'assurassentle
monopole des transactions d'achat et de
vente et missent préalablement l'industriel
dans la nécessité de leur demander le fonds de
roulement, pour qu'il fût démontré à l'évidence
qu'il convenait d'en rester là. Surprenante
découverte, en effet. Etant donnée cette situation,
il serait ridicule, se dit le Juif, de produire
n'importe quoi. Puis, s'emparant d'une
des phrases récemment découvertes et dédiées
314 LA nUSSIE JUIVE
aux exploiteurs, il a du ajouter , qu'en définitive,
il « produisait, lui, le mouvement et la circulation
». Cela étant, le Juif, fier de se voir « producteur
du mouvement et de la circulation »,
a pu dépouiller le bonhomme « producteur »
au nom de cette théorie que lui ont soufflée
les économistes complaisants.
Il est certain qu'en Russie, comme en Autriche
et en Roumanie, Vindustriel est inféodé
au Juif capitaliste et intermédiaire, qui prélève,
sur ce qui ne lui est pas dû, un tribut régulier,
par son intervention dans un de ces
rôles. C'est simple, mais toujours concluant.
Le capitaliste juif permet aux industriels de se
croire propriétaires des usines qui travaillent
pour lui : quant à lui, il gouverne, — d'une
façon un peu effacée, toutefois impérieuse, —
le côté commercial et financier de l'entreprise ;
il en détient l'âme, et il abandonne le corps
aux mains robustes du pseudo-propriétaire.
De même, un propriétaire terrien dans les
provinces du midi et de l'ouest de la Russie,
aussi bien qu'en Pologne, n'est (sans le savoir
du reste) qu'un simple fermier du Juif prêteur;
car le plus clair du revenu va au Juif,
LA RUSSIE JUIVE 315
et le légitime propriétaire du sol est simplement
logé et nourri. Il faut bien se dire que
l'épaisse bêtise de ce rude travailleur slave est
pour beaucoup dans sa ruine et dans sa vassalité,
que lui-même forge ses chaînes, que luimême
se livre stupidement à Tinsinuant tentateur
juif. Mon Dieu oui! il est bête, lui, et
tous ceux de sa caste qui ne savent pas s'unir
pour la défense; mais,., est-il nécessaire qu'il
périsse pour cela ?
Car, voyez le noeud de la question : sans
l'intervention du Sémite intelligent, le pauvre
benêt slave eût évité le jeu dangereux des maniements
des fonds avancés ou prêtés, il se
fût renfermé dans la simplicité du mécanisme
séculaire de son honorable travail. Les rouages
compliqués du jeu juif l'ont perdu !
Et, finalement, le malheureux aborigène
n'est plus qu'un vaincu, se repliant devant les
colons envahisseurs, vaincu par les armes
dont lui aussi a voulu se servir imprudemment.
Ici les notions s'embrouillent et les définitions
s'entre-choquent, La légalité écrite est
complice d'une manoeuvre ténébreuse, quoique
316 LA RUSSIE JUIVE
correcte; la légalité sentie proteste. Le pacte
sacré du sol avec l'aborigène, l'appartenance
mutuelle, les conformités mystérieuses qui unissent
les races aux territoires, tout cela, quoique
primordial et préexistant , ne serait donc
qu'une matière à négociations tombant sous
l'application d'un code? Cela n'est pas ! Quelque
chose de tacite, mais de très puissant en
même temps, proteste partout contre la mésalliance
du Sémite cherchant à contracter une
union avec la terre qu'il foule, mais qu'il ne
chérit pas !
Il est singulier que les Juifs, si intelligents
et si fins observateurs, s'obstinent à s'emparer
des terres et à vouloir devenir propriétaires
fonciers, au mépris de la violation d'un principe
qui est plus fort que toutes les législations.
Les villes et les bourgs sont à eux. Ils y
régnent et gouvernent, car tel est le bon plaisir
du Kahal. L'agencement qui assure le
fonctionnement de la puissance juive est admirable.
Sous l'influence d'une chaude atmosphère
de bienveillance et de solidarité mutuelles
, les Juifs ont su organiser un jeu
LA RUSSIE JUIVE 317
de rapports constants qui remplacent avantageusement
tout ce que les pouvoirs publics
ont créé à l'usage des milieux les plus civilisés.
— La publicité, qui facilite tant les affaires,
— cette publicité coûteuse et cependant
suspecte, — les Juifs l'ont remplacée par la
publicité parlée, par les incessantes communications
d'homme à homme, de commune à
commune, de Kahal à Kahal. Nos conversations
banales, notre manie de politiquer, notre
esprit même, nous font perdre un temps précieux,
que le Juif utilise, lui, dans ses conversations
de Juif à Juif, pour établir son programme
d'action et vérifier son jeu. Dans les
petites villes de province même , les Juifs
finissent par adopter un lieu de réunion, une
rue, un jardin public, les abords d'un café,
pour se communiquer iniituelle/ment les nouvelles,
étabhr des ententes ou stipuler le mode
de partage. Voilà certes une bourse qui existe
et fonctionne, sans qu'il ait été nécessaire de
la créer officiellement. Tandis que, dans nos
sociétés méfiantes , les affaires sont l'objet
d'une avalanche de paperasses et d'une interminable
série de cauteleuses formalités, les
8.
318 LA RUSSIE JUIVE
Juifs des petites villes forment, sans le savoir,
des sociétés par actions, les administrent et
les liquident, sans qu'un seul timbre ait été
apposé à un seul papier. Le Kahal résout les
difficultés, s'il en surgit. Nos juges de paix,
nos tribunaux, que nous occupons de nos procès,
n'interviennent que très exceptionnellement
dans les querelles de Juif à Juif.
XXX
Il convient encore, pour pénétrer le secret
de la puissance juive, d'appeler l'attention sur
les singularités de leur division du travail.
Et d'abord, on peut dire que le travail n'est
point divisé, du moins il n'est pas spécialisé,
il n'abrutit pas l'individu.
Le sacerdoce même n'est pas une spécialité.
Tout Juif est commerçant, d'abord; industriel
ou agriculteur, s'il le faut ; courtier, intermédiaire
ou négociateur, toujours.
A ce dernier titre, il a partout ses grandes
et ses petites entrées; il est le parrain obligé
de toutes les affaires ; n'en dédaignant aucune ;
sachant, à merveille, de par son instinct d'Arabe
(inventeur des chiffres !), qu'entre le petit
et le grand, la distance n'est qu'une notion
conventionnelle.
320 LA RUSSIE JUIVE
Les Juifs ont, contrairement à l'opinion répandue,
Fépiderme très sensible ; ils sont
pointilleux, et ils sont /lers.
Leur vanité, ou leur orgueil, consiste à se
maintenir à la hauteur déjà atteinte, d'où leur
regard froid et limpide voit et dirige le piétinement
des races occupées à les servir. Ils se
maintiennent à cette hauteur en s'infiltrant
dans les courants de l'activité humaine par la
prise de possession de rôles fort modestes en
apparence... Quece système est profond, dans
sa simphcité ! Courtier, intermédiaire, prêtenom,
bailleur de fonds : situation réelle, ou
quelque chose de subrogé ou de fictif, — mais
toujours d'une puissante assiette. Ce fonctionnement
déborde le but auquel il semblait être
destiné, et les métamorphoses apparaissent
très vite ; l'intermédiaire se trouve substitué
tout à coup au fondateur; l'intrus, au propriétaire;
le souffleur, à l'acteur; l'éditeur, à l'auteur.
Et cela se comprend. Les Juifs sont beaux
joueurs. Pas de petitesse dans ce qu'ils conçoivent
et dans ce qu'ils accomplissent. La
ductilité de leurs conceptions n'est point limiLA
RUSSIE JUIVE 321
tée par les chiffres. Là où un chrétien halète
et souffle, le Juif médite bien un peu tout d'abord;
puis le voilà à l'oeuvre. Nous sommes
petits, nous autres chrétiens, dans notre envieuse
mesquinerie d'égoïstes. Eux, ils n'ont
pas peur de donner à leur idéal une envergure
imposante. « Les chiffres, les millions, les
« milliards, nous connaissons cela ! (disent et
(c pensent les Juifs). Question d'un zéro à
« ajouter à droite! Est-ce que nous ne sommes
« pas associés ? on verra à augmenter le divi-
« seur, si c'est un peu lourd. Voilà tout ! »
Comment s'étonner dès lors que les Juifs,
forts de cette argumentation, se soient emparés
des chemins de fer, de la presse, des inventions,
de la propriété mobilière et immobilière,
de la littérature, et même de l'art?...
Et dire que c'est dans des conditions d'infériorité
pareille que le monde travailleur entre
dans la période du « combat pour l'existence!...
»
Nous ne marchanderons certainement pas
nos éloges aux vertus et aux qualités éminentes
des Juifs ? Nous y ajoutons seulement
le voeu qu'ils en aient moins, ou que nous en
322 LA RUSSIE JUIVE
ayons, nous, davantage. Cela égalisera, du
moins, la partie.
Lorsque, vaincus sur tous les terrains, nous
verrons qu^il nous faut, à nous aussi, un Kahal,
eh bien ! nous l'aurons ! Quant à réformer le
Juif, il ne faut pas y songer ; donc, il faut réformer
le chrétien !
Mieux vaudrait, après tout, reviser les fortunes
juives, déclarer toutes les ruches chrétiennes
en faillite, et inviter les frelons à
composer. Et cela, avant peu.
Les Livres juifs parlent d'une très belle cérémonie|
de clôture décomptes, engrande liquidation,
qui, chez ce peuple aussi religieux (?j
que bon comptable , accompagnait jadis le
Jubilé, le Cinquantenaire juif (Sc/ie?iai Haïjobel.)
Alors, les crieurs proclamaient, à son
de trompes, au peuple en délire, la remise de
tout ce qui était dû aux riches, le retour aux
débiteurs des terres que les créanciers détenaient
à titre de gages, l'affranchissement des
esclaves, etc., etc.
Or, cela était vraiment beau, d'une beauté
LA RUSSIE JUIVE 323
n '^îo.ssiiiro ; C3la apportait remède aux violont3S
rupturos crô'juilil)re. Aujourcrhui, une
f;uiss3 hont3 S3ulem3nt empêche les chrétiens
de demxndsr aux Juifs le rétablisssmsnt de
cette pieuse coutume. — Au fait, était-ce bien
de la piété?...
Toujours est-il que cette coutume est aujourd'hui
encore le seul mode de liquidation possible.
Ls monde ferait peaa neuve. Puis, on
recommencerait !
Sinon, nous autres Slaves, nous allons voir
surgir un czarisme juif, à côté du czarisme
politique dont nous jouissons déjà. Et s'il y a
conflit entre les deux pouvoirs?... On arrive
ainsi jusques à Tabsurde. Preuve évidente que
cela ne saurait durer. L'abaissement des caractères,
dCi aux humiliations que nous inflige
l'argent, cet abaissement ne saurait désormais
se prolonger sans amener une explosion
quelconque... En voilà assez!...
Henri Heine décrit spirituellement, dans
son Roma^ncero, la dispute des Augustins et
des Rabbins juifs à la cour de Pierre le Cruel.
Les Rabbins cherchent à séduire les Moines
par la description de l'immense poisson « le
324 LA RUSSIE JUIVE
Léviathan », dont la chair est succulente et
que le Père Eternel fera cuire pour le grand
repas qui devra célébrer le triomphe de son
peuple élu. En fait d'invités, il n'y aura que
des Juifs. Une partie du Léviathan sera accommodée
avec de Tail, Tautre sera servie
à la matelote.
Ainsi le gros et indolent Léviathan sera finalement
dévoré à belles dents par ces frétillants
petits carpillons d'eau douce. Comme
c'est bien cela !
Cet immense poisson, cet indolent Léviathan,
ne serait-ce pas toi, naïf Chrétien ? toi
surtout, archi-naïf Slave ?
A quelle sauce veux-tu être mangé?
Qu'est-ce à dire?... Tu réponds que « tu
ne veux pas être mangé du tout » ?
Mais, malheureux! de quoi t'avises-tu là?
TU SORS DE LA QUESTION!...
FIN

















TABLE DES MATIERES
Avant-Propos
I, — La Q lasLion j'.iive. — Gouvernement occille
des Juifs. — L^^ Knhnl elle Bet-Dine. — Le Lvre
sur le Kahil, de Braf iiann. — Le Discours il'un
grand rabbin. — But poursuivi par le peuple
juif en tout pays. — Le Veau d'Or, toujours debout.
— La toute-puissance de l'Or promise
aux fils d'Abraham. — Elle va se réalisant et
l'on touche au résultat tant attendu. —Tableau
de la situation financière en Europe. — Les
Jui's en sont partout les maîtres. — 11 s'.if^it
peureux de parachever l'oeuvre de dom nalion
en tout et partout. — A qui veut la (In, (oas
moyens sont bons. — Il se faut enir'ai.ler, ..
enLre Juifs. — A eus les questions sociales et b
faux zèle dtimocraLique, pour agir sur les
masses et les saul.'ver à point nommé. — Los
révolutions, cl mdeitiu'îment provoquées et fomentées
par eux, i'owl les Jaifs Rois de la Terre.
II. — Tousienel i t L?.> Juifs, Rois de l'Epoque.
— Eux, peuple de Dieu!... Allons donc!...
19
326 TABLE DES MATIÈRES
— Tas (le farceurs, de mystificateurs et de...
grugTu:-s. — Tacite, Bossuet, Voltaire, Fouricr,
una:iimîs à ce sujet. — Lis Juifs, raffineurs
en fraude com uerciale, voilà où ils excellent.
— La Prusse et la Russie en savent quelque
chose. — Napoléon P' l'avait bien senti, dès
18)3 ; et cependant !... — Trafic et us ire, métier
exclusif des Juifs. — Ils n'emploi ni leurs
dix doigts qu'à manier et pressurer l'argent.
— Monopoleurs et accapareurs, parasites et
vrais vautours, tels sont les fils non dégénérés
des pharisiens et des scribes d'Israël 20
III. — Les Juifs peints par l'un deux. — Leurs
mystères dévoilés. — Plus de mille ordonnances
du Kalial et du Bet-Dine. — Le vieux
Talmud mis au rancart it remplacé, pour les
besoins nouveaux, par une doctrine arbitraire
et despotique. — Tout pour dominer, per fas
et nefas. — Démonstration par les fiits elles
doci-imenls péi'emptoires. — Ce qui s'est passé
en Russie, en Pologne, en Sibérie, eu Roumanie,
même en France. — Protestation trop motivée
des Roumains et des habitants de Vilna contre
lesenvaliissemenlsdes Juifs. — En vain a-l-on
voulu supprimer le Kahal et le Bet-Dine 27
IV. — Do: uments servant de preuves à l'appui de
tout ce q li précède 36
V. — Les facteurs juifs, agents commissionnés par
le Kahal. — Agents de surveillance el agenls
de corruption. — Us sont toujours paiiout, et
rien ne I^^ur échappe. — Agenls de la basoche.
— Salaires d'enlrcme leurs. — Le rappoi't au
TABLE DES MATIÈRES 327
Kahal. — Juifs et Goïms. — Juifs et Juifs. —
Juifs et Kahal. — Kahal et Goïms. — Les dons
et l'argent : arme de prédilection, talisman
irrésistible. — [,a picca : Un mot au Minist-e.
— Comment procède le Kahal. — La commission
d'enquèle de l'Empereur de Russie. —
Comment elle fut paralysée. — La cotisation
juive, d'un million de roubles d'ar;,'ent. — L'ultima
ratio du poison. — Le tentateur repoussé,
— Temporisation de l'Empereur. — Le directeur
général Spiranski. Le minislie Koczubéi.
— Le serpent Péretz. — Ukase de réforme
rengainé et slatu quo maintenu. — Le tour est
joué : Vivat Mascarillus !... — Les pauvres paysans
russes continueront à être intoxiqués à
bons deniers complants 45
VL — Documents fournissant la preuve authentique
de tout ce qui a précédé 61
VII. — La cuisine des abattoirs juifs. — La viande
prétendue pure et la viande impure bonne
pour les chrétiens. — Kochère et Trcf. — L'impôt
de la boîte pour le Kochère. — Le Shochet,
ou boucher privilégié. — Barbarie révoltante
et adresse merveilleuse. ^- Les huit espèces de
viande impure (Tref). — Profonde science sur
le tref.—Il est défendu aux Juifs, de par Moïse,
de manger de la charogne, mais il leur est permis
de la vendre aux n n-juifs. — Rigoureuse
surveillance du Kulial à cet égard. — C'est avant
tout une affaire d'impôt. — Importante de
l'impôt de la boite. — On est parvenu à obtenir
la protection gouvernementale aux autorités
328 TABLE DES MATIÈRES
juives pour la perception de cet impôt de secte.
— Piéjudice causé ainsi aux populations des
conli'éi'S où habitent les Juifs 75
VII!. — Documents extraits du livre de Brafmann
sur le Kahal, donnant les preuves de ce qui
précède. — Quelle valeur peut avoir le témoig
ia.!j;e d'un Juif surveillé par le Kahil. 94
IX. — l\ ipports des confréries juives avec le Kahal.
— Influence qu'exercent cas canf éries sur
les Ju fs et les chrétie is. — Elles font de tous
les Jiifs répandus parmi les chrétiens une corpor.
ition itivisibL' et toute-puissante. — La confrérie
du Talmud : li Snvante. — La confrérie
de D^enla's inC3. — La confrérie des Arlisans.
— La cjnfrJrie de Relgon. — La confrérie des
Funérailles, et\ — Aulant dj palils Kahals,
insirunients aveugles du grand Kahal. — Actes
et (locumonls à l'appui de ce qui précèile d02
X — La cérémonie juive Alla. — Partage des Juifs
en patriciens et plébéiens. — Obligation de lire
les ci;iq Livres saints, sous peine d'être persécuté
par l'Ange des ténèbres. — La loi de la
Tora. — Kohen et Lévi ; Lévi et Zarodi. — Le
Segan, ou G;iba, etj le Samosclie. — Bénédiction
des bénédictions. — L échelle des Allas.
— Qu(>relles et scanJales entre dévols, patriciens
et plébéiens 110
XI. — Autorité du Kahal dans son disiricf. — Elle
montre bien la vérité du n ot de Schiller : Les
Juifs sont im État dans les États. — Toutes les
propriétés comprises dans son ressort lui forment
un teiritoire fictif, relevant réellement de
TABLE DES MATIÈRES 329
son dominium. — Le Kahal est propriétaire in
partibiis des biens soi-disant possédés par des
non-juifs, il a le droit de les Vendre par parcelles
aux Juifs. — Tout Juif est riioinnie-lipe île son
Kahal. — Les Juifs n'obéissent que superficiellement
aux lois du pays où ils habitent. — Machiavélisme
du Kah;il. — Le droit de Hazaca ou
de Meropiié. — Entre Goïm et Juif, c'est un
combat pour l'existence, car le Goim est comme
insciemment livré par le Kahal à une araignée,
à une pieuvre, à un vampire invisi! le. — Actes
et documents qui mettent pour la première fois
en évidence cette terribb vérité. — C'est en
Russie, en Pologne, en Roumanie, que fonctionne
surtout le monstre dévorant du Kahal.
— La roublardise du Kahal ju f en Russie lui
a soumis, comme un docile auxil.aire, l'autorité
civile de l'Empire pour le reiîouvrement
de ses impôts religieux qui font sa force. —
La pauvre veuve Broïda bal tue et payant
l'amende : l'autorité russe sert de gendarme
au Kahal. — Il est parvenu à se faire payer
un impôt indirect même par la pnpula ion
chrétienne. — 11 en est venu à édicter des
impôts recouvrables nonobstant opposition du
gouverneur civil de Minsk. — En un mot, il a
réussi à tout fouler aux pieds et à mettre les
chrétiens eux-mêmes dans sa dépendance. —
La forme effroyable du Héron, à la fois serment
et anathème (excommunication suprême).
— Prière qui suit la publication du Hérem. —
Les trois catégories du serment juif. — Répu-
'l9.
330 TARLE DES MATIÈRES
gnance des Juifs à prêter serment. — Le serment
n'a d'importance pour eux qu'autant qu'il
est prêté devant un tribunal juif. — Partout
ailleurs, un faux serment importe peu. — Anicn. 115
XII. — Documents traduits du Livre sur le Kahal
et démontrant la vérité de ce qui vient d'être
dit. 145
XIII. — La fête du Rosch-Haschana (la nouvelle année)
et la cérémonie de Fekiel-Chofère (du Son
du cor). — Le Rosch-Haschana n'a guère de
raison d'être depuis la chute du temple de Jérusalem,
puisque c'était un jour de triomphe.
— Les adroits meneurs d'Israël y ont substitué
Mûussaphc, service de synagogue, service funèbre,
de pleurs, de cris, de lamentations. —
La maigre sonnerie du cor (du cor de chass::-)
n'ajoute rien à la solennité pénible de ce jourlà.
— Toutes les exégèses ('e la docte Cabale
n'en peuvent mais. — On n'ose pas réformer...
et pour cause. — Document 154
XIV. — Institutions accessoires de la synagogue.
La cour et les communs. — Le Bet-Huknest ou
synagogue principale. — Le Bet-Gamidni^rh ou
maison de prière et école. — Le Bet-Hamerhatz
ou bains à vapeur. — Le Bet-Hakahal ou
chambre de Kahal. — Le Bct-Dine ou tribunal.
— Le Hek-Dcch ou refuge des pauvres sordides
166
XV. — Le Bct-Dine, section judiciaire du Kahal. —
Juridiction juive instituée par le Talmud pour
soustraire Is Juifs aux tribunaux Goim!^ ou
non-juifs. — Pénalités sévères contre les conTABLE
DES MATIÈRES 331
trevenanis. — Autorisations exccp(ionnclles
et secrètos. — Pouvoir absolu du Del-Diiie,
se concertant avec le Kahal. — La fortune
d'un justiciable influent déclarce Ilcfker,
c'est-ci-di; e abandonnée au pillage. — Procédure
du Bt't-Dine: citations, indouis, schamosches.
—F^es D(iio)is, jupes el experts. — Renvois
devant les tribunaux chrétiens, comme pis aller
et châtiment. — Blancs-seings annulant par
avance les jugements à intervenir 171
XVI. — Actes et documents prouvant ce qui précède
1 82
XVII. Le Kabolat-Kinion oa Souder :\ente s et achats
entre Juifs. — Le soulier de l'acheteur offert
au vendeur. — Un pan de la soutane, un mouchoir,
remplacent aujourd'hui le soulier. —
C'est le Kabolat-Kinion, opérant translation
immédiate du droit de propriété du vendeur
à l'acheteur. — Supérieur encore est le prestige
d'une vente prononcée par le Kahal 188
XVIII. — Célébration des noces juives — Elles
commencent la veille du sabbat par le Kabolat-
Schabat, sérénade de mélodies nationales. —
Le lendemain, Alîa-Maxlir. — Pluie de noix,
d'amandes, de ligues, etc. sur le futur. —
Enfin la grande cérémonie. — Placement de la
dot, — Salaire du Chadhan, négociateur du
mariage. — Droit de Rahache, au profit du
rabbin, du chantre et du staro-tj. — Salaire
des musiciens. — Tcdet et Kitcl, habits de la
prière et de la mort. — Badhan, l'improv sateur-
farceur, commence à fonctionner. —• Toi332
TABLE DES MATIÈRES
letle de li mariée, qui se fait sur un pétrin
renversé. — Arrivée du fiancé, qui couvre
la tète de sa future de l'écliarpe qu'elle lui
a envoyée. — 0:i lui jette du houblon et de
l'avoiue. — Marche triomphale vers le Huppe
(dais ou baldaquin). — Les mariés s'y placent.
— Ordre et marche du cortège. —Bénédiction,
voeu et acte d'épousailles. — Prière delà coupe,
— Remise de la bague. — Retour, musique en
tète. — La soupe d'or. — Le festin de la noce.
Les préséances et l'égalité. — L'art des serviteurs
à soigner les convives d'élite. — Badhan
et l'orchestre fonctionnent à tour de rôle. — Le
cri linal : Droschc-Geschenkc! — L'énumération
des c idéaux. — La danse Kochère. — Reconduite
du couple à la chambre nuptiale. — Le
Kahal, maître souverain de ses sujets dans
leur vie privJe 192
XIX. — La Circoncision. — Les précautions contre
Satan. — Le talisman Sddr-Garmalot. — Visite
et prièr.3 des connaissances de l'accouchée. —
Priera à la synagogue et honneur fait au père.
— Le Chalemc-Zahor, félicitations et politesses.
— Le Wach-Nacht, veillée du huiifème jour. —
Soins préalables à l'opération. — RJunion des
hui: participants, des dix témoins, et des parents
et invilés. — On procède à la pratique de
la douloureuse circoncision. — Prière et chants
cri:ir.is qui l'accompagnent. — Un élu de plus
par le peuple de Dieu. — Fête et réjouissances
sous le bon plaisir du Kahal. — Gare au tref!. 207
XX. — Hiérarchie des dignités chez les .luifs. —
TABLE DES MATIÈRES 333
Autonomie de leurs inslitulions piimilivt'S. —
Les coniilés provinciaux et les Bel Diiie les
remplacent. — Le Taimud accroiL son empire.
— République talmwlo-municipale. —Organisation
dos communautés juives. — Le rabbin el
les Parncsses. — Hubor e\.Mo7'eine. — Degrés du
Kahal el du Bet-Dine.— Elections. — Le rabbin
' n'est pas un prêtre. — Napoléon !" et les
Juifs. — La question juive en Russie, en 1866.
— Les Juifs toujours Juifs. — Grave erreur de
Napoléon le"". — Tout Juif est prêtre. — Tout ce
qu'on a l'ait pour réformer les Juifs a été nul.
Napoléon V scsf mis le doigt dans Toeil . — Les
Jui!"s S3 parent des Spinosa, des Salvator, des
Meyerbeer, des Rachel, comme le geai des
plunes du paon— Vive le Taimud et VAliiance
israélitj ! ... — Les écoles juives font tache
d'huile. — Erreurs du gouvernement russe,
qui s'est aussi mis le doigt dans l'oeil 216
XXL — Preuves à l'appui 263
XXIL — Les Mélamèdes, maîtres d'école et précepteurs
juifs. — Le Hcder où école. — Plébéiens
et patriciens juifs. — Ceux-là sont condamnés
à être les subalternes et très humbles serviteurs
de ceux-ci. — Les élèves des Mélamèdes.
— État de la question scolaire chez les Juifs.
— Tout par et pour le Taimud. — Eschabofs,
TaLnudors, Clauzers : taudis à écolie s 270
XXIIL — Le Yom-Kipour, jour de la rémission des
péchés, et le G'itorat-Nedovime, cérémonie de
l'absol lion. — Comment on allège la mémoire
au lieu d'alléger la conscience du pécheur juif.
334 TAULE DES MATIÈRES
— La fameuse prière de Kol-Nidre qui délie de
tous les eng.igemenls et serments de l'année :
jubi.é annuel fort commodeet assez scandaleux.
— Le Gfitova'.-Nedovme et le Messirat-Madna,
autres cérémonies non moins commodes, qui
autorisent le faux serment et le faux témoignage
dans les procès de juif contre chrétien.
— El maintenant, à Jérusalem ! 286
XXIV. — La cérémonie du Caporet, purification.
— Le Juif attrape un coq, la femme juive une
poule ; on les jette au loin, puis on les tut; et
les mange avec appétit. . . et on est puiifié.. . . 292
XXV.— La il7i7a7/,purifical ion spéciale à ia femme.
— Jadis un ruisseau d'eau vive, aujourd'hui un
grand bassin d'eau sale, une cuve sordide, où
les femmes vont faire deux ou trois plongeons
sui\is d'une horrible opération de rince-bouche
à même.—Le tout sous les yeux et à la baguette
d'une affreuse mégère préposée à ce supplice
digne de YEnfer de Dante. — Il faut l'avoir vu
pour le croire, mais cela est, et... rapporte gros
au Kahal 294
XXVI. — Hidesch et G«6d«/a, prières sur la coupe.

Vin ou pain, eau-de-vie ou bière. — Mais le vin
ne manque jamais, et c'est grand honneur de
l'offrir. — On rend grâces à Jéhovah de ce qu'on
est son peuple élu 301
XXVII. — On ne naturalise pas des Juifs. —
Il faut qu'il soit dépouillé du droit lalmudique
de dépouiller et exploiter les chrétiens.
— Il faut en finir avec ces agglomérations de
Juifs qui ne font rien que la fraude, l'usure,
TABLE DES MATIÈRES 335
l'agiotage, b m^rcintilisme, la vente de l'eaude-
vie, etc. — Il faut en faire des cultivateurs,
des ouvriers utiles, et abolir, supprimer ces autorités
usurpatrices qui les oppriment. — Il faut
en faire das citoyens et des concitoyens 303
XXVIII. — Il n'est plus temps de rire.— SaiL-on qui
rira le dernier? — Au lieu de nier le danger,
regardDas-le en face. — Le Kahal est coriace
et a la vie dure.— Rabbinat, judaïsme et jésuitisme.
— Le Songe et l'Échelle de Jacob. — Pas
de persécution bru!ale, mais pas d'illusions, ni
de ménagements non plus. — Que; 1 1 Russie
avisa sér^eusemant. — Qu'elle voie C3 qua les
Juifs ont fait de l'agriculture. — L'iJylle juive
peut-elle durer et ne menace-t-elle pas de devenir
un drame farouche? , 307
XXIX. — Le Jjif dans ses rapports avec l'indusirie.
— En produisant le mouvement et la circulation,
lui dépouille le pauvre producteur réel.—
Le pi'opriétaire terrien de Russie est tout simplement
le fermier du iniï préteur. — Slaves et
Sémites. — L'agencement juif; la publicité parlée
; les bourses de rues et de cafés ; l'expédition
des affaires à la minute et sans paperasses.... 313
XXX. — Le Juif se spécialise-t-il?— Touj urs est-il
qu'il ne s'abrutit pas par la division du travail.
— Les incarnations successives et rapiJes
font très vite d'un marchand ai lorgaettcs
an)bulant un millionnaire. — Les chilTres ne
l'arrêtent jamais : on est associé ou on ne l'est
pas. — Aussi, qu'est-ce qui ne leur appartient
pas à l'heure qu'il est? — Il s'agit pourtant de
336 TABLE DES MATIÈRES
combattre pour l'existence.— Il faut réformer,
non le Juif, mais le chrétien —Pourquoi ne procé
!erait-on pas à une revision, à un Jubilé, ou
Cinquantenaire juif? — Gare à un czarismo
jiiif! — Henri Heine et son apologue du U:viathan.
— Il s'agit finalement de savoir à quelle
sauce le naïf ciirélien et l'arclii-naïf slave veulent
être mangés par le J .if nullement.naïf et
très roublard ! 335
lUPRlilEIllE EillLF. COLIN, A SALNT-GEKilAIM


Buchbinderei
F. Rosenhain
Charlottbg.
'antstr. 56
%
''^
Èû

25

XXV
Il y a encore la Mikva, cérémonie de la purification
de la femme.
La Mikva est un grand bassin rond rempli
d'eau, dans lequel les femmes juives doivent,
pour leurs relevailles, ainsi que chaque mois,
se laver pour purifier leur corps.
Dans l'antiquité, lorsque les Juifs réglaient
leur vie selon les lois de Moïse et non selon
celles du Talmud, la femme juive, pour ses
relevailles, apportait une offrande au grand
prêtre, et le soir de la même journée elle se
purifiait par quelques ablutions, sans avoir besoin
de se plonger dans l'eau vive d'un ruisseau
(1). Mais depuis que les Juifs se sont
(1) Le Livre de Moïse, t. III, ch. i, p., 1 à 8, et ch. xix,
p. 19 à 33.]
laissé guider par les lois du Talmud, les interprètes
de ces lois ont entouré la cérémonie de
la purification de la femme d'une quantité de
minutieuses inventions (qu'on trouve détaillées
dans le IV« livre de Orah-Haim, du paragraphe
183 au paragraphe 203). Ces tracassières
inventions, dont le but était la conservation
de l'influence sur la vie intime des
Juifs, par un contrôle exercé dans les actes les
plus secrets de la vie intime, ont eu un résultat
tout à fait contraire à celui qu'on se proposait,
c'est-à-dire qu'actuellement la femme
juive, en accomplissant la cérémonie de la
purification, ne lave pas son corps et ne le
rend pas plus propre qu'il n'était avant, mais
elle le salit davantage, et voici de quelle manière
:
La Mikva est un bassin de la contenance
d'environ un mètre cube. Selon la loi du Talmud,
ce bassin devrait être rempli d'une eau
vive, mais comme, surtout pendant l'hiver, il
serait trop pénible de se plonger dans l'eau
froide, on construit le bassin de manière à n'Y
faire arriver qu'une très minime partie de
cette eau vive exigée par le règlement, et à
l'aide d'un tube en fer-blanc placé à l'intérieur,
on chauffe le bassin.
La Mikva se trouve toujours sous terre dans
une cave plus ou moins spacieuse, et la cérémonie
s'accomplit dans une demi-obscurité, la
cave n'étant éclairée que par une ou deux chandelles
de suif. La femme juive qui arrive là
pour les ablutions commence par se déshabiller
et par démêler ses cheveux. Elle livre ensuite
ses mains et ses pieds à la Neguel-
Schneidecke, gardienne placée là exprès pour
couper les ongles, et, en outre, pour arracher
les croûtes des plaies sur le corps de celles qui
ont le malheur d'en avoir, et cela afin qu'il ne
se trouve sur le corps rien qui puisse empêcher
l'eau de la Mihva de le baigner entièrement,
sans quoi la cérémonie serait inutile.
Après cette opération, la femme descend les
degrés de la Mikva, et, après avoir fait une
courte prière, elle s'y plonge de manière à ce
que pas un de ses cheveux ne paraisse à la surface
; elle doit attendre dans cette position le
moment où la Tukerke (surveillante qui reste
sur le bord du bassin), prononce le mot de Kochère.
Un, deux, trois plongeons semblables,
et la cérémonie est aux trois quarts accomplie,
mais il en reste encore un quatrième, et
celui-ci est le plus pénible de tous. La femme
qui a plongé trois fois doit encore se rincer la
bouche avec l'eau de la Mikva, et ce n'est
qu'alors qu'elle peut remonter les escaliers et
céder la place à une autre. Deux femmes ne
peuvent ensemble accomplir la cérémonie. Il
faut que chacune le fasse séparément.
Dans une seule soirée, une centaine de
femmes plongent de cette manière dans la
Mikva, et, d'après le règlement du Kahal, inspiré
par une sordide économie, l'eau du bassin
n'est changée qu'une fois par mois, et quelquefois
même plus rarement. Ainsi, dans cette
eau putréfiée et remplie de miasmes, des centaines
de femmes doivent accomplir la cérémonie
de la purification, et chacune d'elles
est obligée de se rincer la bouche avec cette
saleté. Il est facile de comprendre que, dans
ces conditions, la Mikva. est un supplice pour
la femme juive ; cette cérémonie est une cause
de maladies de tous genres, qui se perpétuent
ainsi parmi ce peuple voué à la saleté.
Qu'on se figure des centaines de femmes
nues, échevelées, et souvent ensanglantées
par suite d'un excès de zèle de la part de la
Negel-Schneidecke, rassemblées dans un souterrain
où vacille la flamme de deux ou trois
mauvaises chandelles de suif, se pressant autour
d'un bassin en attendant leur tour d'y entrer
(bassin d'où s'échappent des miasmes à
donner des nausées), regardant avec effroi
celle de leurs compagnes qui vient d'accomplir
la lugubre cérémonie, et qui, après s'être
rincé la bouche avec cette eau fétide, vomit
en remontant les degrés, et cède avec empres
sèment la place à une autre que le même sort
attend.
Au milieu de toutes ces femmes, laTukerke,
l'horrible mégère qui ne délivre ses patientes
que quand il lui plaît de prononcer le mot
Kochère, et qui, à son caprice, peut raccourcir
ou prolonger le supplice ; ce tableau fantastique
et horrible, semblable à une scène racontée
parle divin Dante dans sa descente aux enfers,
serait digne de la plume d'un grand poète et
du pinceau d'un illustre peintre.
En parlant de cette cérémonie sauvage, barbare
et digne des temps païens, on est pris
d'indignation et l'on se demande s'il est possible
qu'une pareille cérémonie puisse être
exigée à titre d'acte religieux. Est-il possible
qu'une action aussi dégoûtante s'accomplisse
au milieu de la civilisation de la seconde moitié
du xix« siècle?,.. Pauvres victimes du fanatisme
entretenu et soutenu par les meneurs du
judaïsme! Pauvres femmes juives ! il n'est pas
étonnant qu'après les tortures qu'on vous fait
subir au nom de la religion, votre jeunesse se
fane si vite, qu'à vingt-cinq ans à peine vous
paraissiez en avoir cinquante ! Il n'est pas
étonnant que vous ayez si peu de goût pour
la propreté, puisque au nom de la religion on
vous prescrit de vous salir chaque mois dans
une eau putréfiée.
Chaque femme juive qui, chaque mois, vient
accomplir cette cérémonie révoltante, imposée
par le fanatisme religieux, c'est-à-dire l'acte de
la purification, est obligée de payer une rétribution
à un entrepreneur à qui le Kahal vend,
au profit de sa caisse, le droit de la percevoir,
et qui, outre le revenu que cette barbare cérémonie
lui rapporte, exerce encore un strict contrôle
sur la vie la plus secrète des ménages juifs.
Brafmann cite, dans son Livre sur le Kahal,
plusieurs ordonnances qui se rapportent à cette
cérémonie. Deux de ces ordonnances, classées
sous les n°' 133 et 149, ont été déjà citées dans
les chapitres précédents.

24

XXIV
Passons à la cérémonie du Caporet, cérémonie
de la purification à l'aide d'une offrande.
La cérémonie du Caporet est un usage com
plètement païen. Voici en quoi elle consiste :
Dans la matinée de la veille de Yom-Kipour,
le Juif attrape par les pattes un coq vivant,
et, l'élevant au-dessus de sa tête, il fait trois
fois le tour de la chambre en récitant la prière :
« Ce coq va être mis à mort, mais moi je vivrai
éternellement heureux. » Après quoi, il
prend le coq par la tète et le jette au loin. La
femme juive exécute la même cérémonie avec
la poule.
Par cette promenade autour de la chambre
avec le coq et la poule, le Juif et la femme
juive sont dans la conviction de s'être débar
rassés de tous leurs péchés, en les transmettant
à ces gallinacés, qui sont ensuite tués et
mangés probablement avec beaucoup d'appétit,
après le fameux jeûne de vingt-six heures
accompli à l'occasion de Yora-Kipour.

20

XX
Il faut nous étendre sur le Moreïne, ou
hiérarchie des dignités chez les Juifs.
Pour étudier la hiérarchie des dignités
observée actuellement par les Juifs, il faut
jeter un coup d'oeil rétrospectif sur l'origine
de cette institution, ainsi que sur son développement
successif (1).
L'organisation des communautés juives a
sa source dans une antiquité reculée. Elle
commence aussitôt après la destruction du
royaume d'Israël, et elle a pour but la préservation
et la conservation intacte de la na-

(1) Les sources où nous avons puisé pour la rédaction
de ces chapitres sont: Enalt-Gescldchte des velhes Israels,
7e partie ; Graclz-Gcschichle des Judentums, und Tectcn-
Scherira Jouhsin-Schaare ; Cedek, Cemah, Duvidc, Jhouda.]

tionalité perdue, jusqu'au jour tant désiré où
il plaira, à Dieu de rendre à son peuple élu
ses immunités, sa gloire et son pays.
Pendant les dix-huit siècles de pèlerinage
du peuple juif, cette organisation, demeurée
immuable, s'est développée et a acquis une
grande puissance, se modifiant selon les circonstances,
tantôt favorables, tantôt défavorables.
Le germe de l'organisation se trouve déjà
dans cette école savante qui, avec lautorisation
de lemporeur romain Vespasien, avait
été établie dans la ville de Yamno par le
rabbi Yohanem-Ben-Zakaï. Pendant la
courte période que cette école resta sous la
direction du rabbi Gamlielu, sa tendance
était de devenir, à linstar de lancien Senedrion,
la directrice et la dispensatrice de la
vie publique et privée des Juifs. Bien que
dans son sein des conspirations révolutionnaires
aient souvent pris naissance, elle a conservé
pendant longtemps le titre de gymnase; ses
professeurs avaient le droit de porter les titres
dévolus aux savants; tels que: Hahan (savant),
Sofer (bibliothécaire), Amor (interprète).



Cette forme d'organisation se conserva jusqu'au
moment où pénétra dans le centre des
populations juives dispersées en Asie le drapeau
du vainqueur de lArabie, du fondateur
du mahométisme, époque où les Juifs soumis à
cette nouvelle domination ont commencé à
respirer plus librement.
Les premiers mahométans les traitaient
comme leurs égaux. Bastanaï, le représentant
d'alors du peuple d'Israël dans lexil,
ayant réussi à rendre de grands services lors
de l'expédition de l'armée mahométane contre
les Sassaïdes de Perse, le fanatique Omar,
celui-là même qui avait préparé des lois de
proscription contre les Juifs, commença à les
protéger. Bastanaï est reconnu solennellement
comme chef de la nation juive; Omar lui
donne la main de la belle esclave Dara, fille du
roi de Perse Horzva, et lui accorde plusieurs
privilèges semblables à ceux qui avaient été
accordés aux patriarches de l'Eglise chaldéenne
Albokatholikos et Yezouïabci (1).

(1) Histoire des Mongols. Hassan-Weil-Kaliff, 2e partie,
ch.lll, p. 274, et Graetz-Geschichle-Judenthumbs, 5e partiep, 135.]

De ce moment, luit une nouvelle ère pour
les Juifs : Bastanai paraît pour la première
fois comme vassal de l'empire mahométan,
ayant à sa disposition le sceau royal; il est
entouré d'une cour et il a à son service une
administration et une juridiction supérieure,
avec autorité sur tous les Juifs répandus en
Asie.
A lavénement au trône du kalife Ali, auquel
les Juifs prêtèrent leur appui dans sa
lutte pour la possession du trône contre Mouhem,
ils voient s'augmenter encore leurs privilèges,
et l'organisation des communautés se
complète. Le premier fonctionnaire Rosch-
Falouta représente, devant le kalife et son
vizir, tous les Juifs d'Asie. Il fait la répartition
des impôts, les perçoit et les verse dans les
caisses de lÉtat. Le collège juif se transforme
en un parlement à part, se composant
de Gaon, premier personnage après Rosch-
GaloutcL, de Daïon-di-Daba, juge supérieur,
et d'Ab-Bet-Dine, juge, qui est de droit successeur
du précédent.
A ces quatre premiers dignitaires étaient
soumis sept représentants de la société sa
vante, Rosch-Kala, et trois membres d'une
autre société savante, Hahor. Ensuite venait
une institution composée de cent membres,
partagée en deux parties inégales. Soixantedix
membres, rappelant la composition de
lancien grand Senedrion, avaient le droit de
porter le titre d'Aloufime (représentant) ; les
trente autres, rappelant la composition du petit
Senedrion, portaient le titre de Bene-
Kéïome (candidat). Ces dignités étaient héréditaires.
Ce conseil central des Juifs tenait ses
séances, tantôt à Bagdad, tantôt à Souva,
tantôt à Pombadita, trois résidences du chef
supérieur Rosch-Galouta. Après cela venaient
les conseils provinciaux.
Chaque communauté juive recevait du chef lieu
de la circonscription à laquelle elle appartenait
un Daïon (juge diplômé). Celui-ci
choisissait deux assistants, avec lesquels il formait
le tribunal Det-Dine. Ce tribunal s'occupait,
outre des affaires judiciaires, de la
législation, des contrats de mariage, de la
revision des actes de divorce, des lettres de
change, des actes de vente, ainsi que de linspection
de quelques ustensiles servant à l'ac-
complissement des cérémonies religieuses,
tels que Halef, couteau à deux tranchants
servant aux bouchers juifs, et Schofère, le cor
dont on sonne le jour de la Rosch-Haschana.
Outre les tribunaux de Det-Dine, il existait
encore dans chaque communauté un comité
qui dépendait directement du Rosch-
Galouta. Il était composé de sept Parnesses
(tuteurs), élus par la communauté, et examinait
toutes les affaires civiles et religieuses.
Le Kahal actuel est la continuation exacte de
ces comités.
Nous ne pensons pas devoir entrer dans les
détails relatifs aux rapports mutuels qui existaient
entre ces sortes de tribunaux d'instance
établis alors, nous dirons seulement que
la perception des impôts, payés par les Juifs
au profit de leurs propres institutions, était
faite par des employés appartenant à une
autre religion, ce qui permet de supposer que
ces impôts, dont la répartition avait été établie
par les autorités juives, étaient probablement
très lourds, et quïl fallait une intervention
étrangère à l'élément juif pour les faire
rentrer. L'impôt sur la viande Kochère, dont
le Kahal actuel tire de si gros bénéfices, et
qui sert à entretenir et à maintenir son despotisme,
comme cela est indiqué au chap. Vll,
existait aussi alors et pesait lourdement sur la
population juive.
Par suite de lamélioration du sort des
Juifs dans ce temps-là, amélioration due aux
circonstances dont nous avons fait mention,
L'étude des lois du Talmud, jusqu'alors assez
restreinte, devint générale. Car, selon la tradition,
le Talmud, jusqu'à la fin du v'' siècle
de notre ère, se conservait seulement dans la
mémoire de quelques savants, qui étaient
comme une sorte de bibliothèque savante. De
cette manière, le Talmud pouvait parfaitement
périr avec le dernier savant qui le possédait
uniquement par coeur, circonstance
assez présumable, attendu que ces savants se
mettaient toujours à la tête des mouvements
révolutionnaires. Mais lorsque ce danger fut
passé et que les savants qui possédaient encore
par coeur le Talmud purent le transcrire
sur le papier, l'étude du livre sacré rencontra
encore des obstacles, par suite de l'oppression
et de la persécution que subissait la nation
juive sous la domination des derniers princes
Sassaïdes. Le Talmud, d'ailleurs, qui se renfermait
uniquement sur le terrain de la théorie,
et qui ne pouvait être appliqué à la vie
pratique, perdit la sympathie, non seulement
du peuple juif en général, mais aussi de ses
représentants, qui commençaient à faiblir; il
aurait fini par s'éteindre complètement, si le
changement favorable survenu dans le sort de
la population juive en Asie, sous la domination
des descendants de Mahomet, n'avait
ramené tous les Juifs à ces études, permettant
ainsi aux représentants d'appliquer les lois et
de les rendre pratiques.
Dès lors, prenant son essor et devenant le
règlement de la vie nationale et spirituelle des
Juifs, le Talmud s'intronisa dans la pensée de
toute la population répandue non seulement
en Asie, mais aussi parmi celle qui habitait
les côtes de la Méditerranée, en Europe et en
Afrique.
Mais, comme rien n'est durable en ce monde,
cette espèce d'autonomie nationale dont les
Juifs jouirent pendant quelque temps sous la
domination des descendants de Mahomet dura
peu. Les successeurs d'Omar et du kalife
Ali ayant exhumé les lois de persécution rendues
par Omar contre les Juifs, lois dont luimême
ne s'était point servi, commencèrent à
les appliquer à cette population. Sous le règne
d'Almoutavakille, petit-fils à'Almamouns
en 856, le conseil central juif fut dissous.
Rosch Galouta perd peu à peu ses privilèges
ainsi que sa position, et vers la fin du lXe siècle,
les parlements de Soura et de Pombadita
sont supprimés.
Ce douloureux coup porté à lautonomie des
institutions juives ne détruit cependant pas
lorganisation intérieure de cette population.
Au contraire, les Juifs se redressent contre
l'adversité et commencent à former ces corporations
intimes, espèce de conspirations secrètes
qui, à travers les siècles, se sont perpétuées
pour arriver presque intactes jusqu'à nos
jours. Rosch-Galouta et les Gaons disparaissent,
et avec eux tous les rameaux de l'autorité
centrale ; mais les comités provinciaux et
les Bet-Dine relèvent la tête. Dans ces deux
institutions provinciales, le gouvernement
pense trouver des aides pour la perception des
impôts chez les Juifs, ainsi que des guides
dans les décisions relatives aux questions religieuses.
Aussi, on les garde, on les protège
et on les constitue en une sorte de conseil dont
l'autorité s'exerce dans le rayon soumis à leur
dépendance.
Si l'on considère que ces conseils provinciaux,
dotés de pouvoirs plus grands après la
disparition du conseil central, ne recevaient
plus d'ordres de ce dernier, mais presque dans
toutes les circonstances consultaient le Talmud
pour prononcer un jugement ou rendre
une décision quelconque, on verra que la persécution
qui fut dirigée contre leur nationalité
n'avait été qu'apparente pour les Juifs, et
qu'au contraire elle leur avait rendu de grands
services, en ce sens que les lois du Talmud
pénétrèrent plus avant dans la vie intime des
Juifs.
Dès ce moment, l'organisation partielle des
communautés juives avec leurs comités pour
les affaires civiles et religieuses et leurs tribunaux
judiciaires, entre dans une phase de stabilité
et de persévérance, et forme cette étonnante
république talmudo-municipale qui,
inébranlable, résista dix siècles aux persécutions
de toute sorte dirigées contre les Juifs,
et se conserva intacte jusqu'à nos jours, avec
des modifications insignifiantes quant aux
formes extérieures...
Pour mieux faire connaître les formes les
plus récentes de lorganisation des communautés juives,
nous allons citer un document extrait
de Kiria-Nesseinan (1), qui, par sa véracité,
avait acquis la confiance générale.

Sur les devoirs du rabbin et des parnesses
{membres du Kahal) :

1° A linvitation des membres du Kahal, le
rabbin est tenu de se rendre sans retard à
l'assemblée et de prendre part aux délibérations
et aux décisions. Il ne doit pas non plus
refuser sa participation aux jugements rendus
par le Bet-Dine.
2° Le rabbin n'a pas le droit de se mêler des
affaires que le Kabal entreprend pour son propre
compte, tels que ventes et achats, ren-

(1) Kiria-Nesseman, recueil des faits historiques de la
municipalité de Vilna, par Fino, 1860.]

trée des redevances dues par les particuliers,
etc... Il doit seulement être présent a la conclusion
de ces affaires et apposer sa signature
à côté de celles des membres du Kahal.
3° Si le Kahal voulait instituer un nouvel
impôt, et que cet impôt fût contraire aux règlements
généraux, et s'il se trouvait un seul individu
qui voulût protester contre le nouvel
impôt, le rabbin devrait l'assister dans sa protestation
et décider avec sagesse dans la question
en litige.
4° Les Daïons (juges) du tribunal de Bet-
Dine ont seuls le droit de prononcer dans les
questions d'argent, et le rabbin ne peut modifier
en rien leur décision. Si cependant une
des parties exige que le rabbin soit présent
lors de la discussion de cette question, celui-ci
ne peut refuser d'y assister.
5° Sur l'invitation des Ba-ale-Takouet (rédacteurs
des règlements), le rabbin doit se
rendre auprès d'eux pour conférer sur la rédaction
des nouveaux règlements, sans cependant
avoir la faculté d'y introduire par luimême
aucun changement, si la rédaction est
approuvée à l'unanimité des voix. Mais si.
dans le nombre des rédacteurs, deux seulement
sont d'un avis contraire, le rabbin leur doit
son appui, en exigeant que cet avis soit discuté
et pris en considération. Si dans le vote
il y a égalité de voix pour et contre, la voix du
rabbin est prépondérante.
6° S'il surgit une question non prévue par
les règlements généraux, le rabbin ne saurait
donner seul une solution. Il lui sera adjoint
dans ce cas deux rédacteurs, deux représentants
de la réunion générale, et deux Daïons,
avec lesquels il discutera ladite question, afin
d'arriver à un sage dénouement.
7° Le rabbin n'a pas le droit de donner son
avis aux Chamoïms (ceux qui désignent les
électeurs) et il ne doit en aucune manière influer
sur les élections.
8° Lors de la réunion générale de tous les
Juifs qui habitent un certain rayon, le rabbin
ne peut apposer sa signature sur aucune protestation,
soit collective, soit individuelle, lorsque
cette protestation est dirigée contre le
Kahal.


Des dignités de Habor et de Moreïno :

9° Le rabbin, conjointement avec le chef du
Kahal et le président du Bet-Dine, peut élever
un Juif à la dignité de Habor ; quant à la
dignité de Moreïne, elle ne peut être donnée
que par une commission composée de quatre
membres du Kahal, quatre membres du tribunal
de Bet-Dine, de plusieurs représentants de
la réunion générale, qui jouissent eux-mêmes
de cette dignité et qui ont étudié le Poskime
(code des lois du Talmud), et du rabbin. Tous
les membres de la commission doivent se réunir
au domicile du rabbin, et non ailleurs. En
tous cas, un postulant à cette dignité ne peut
l'obtenir s'il n'est pas parfaitement au fait du
Hoschen- Hamischpot (complet recueil des
lois du Talmud), ainsi que des règlements des
derniers rabbins.
Ne peuvent être élus membres du Kahal que
ceux qui jouissent de la dignité de Moreïne.
Celui qui n'est que Habor peut aussi être élu,
mais seulement après plusieurs années de mariage.


Des différents degrés de fonctions dans
le Kahal et le Det-Dine :

Voici la hiérarchie de ces deux institutions

a) Candidat pour le titre de chef ou de représentant.
b) Daïon, juge dans une confrérie ayant
droit de siéger aux séances du Bet-Dine.
c) Gabaï, doyen d'un grand établissement
de bienfaisance.
d) Ykovim, membre réel de la réunion générale.
e) Touvet -Kahal , membre désigné pour
choisir les électeurs.
f) Rosch-Médina, représentant de la réunion
générale.
g) Baaleï-Takonet, celui qui rédige les nou -
veaux règlements.
h) Chemve-Takonet , celui qui surveille
l'exécution des règlements.
Ce n'est qu'en passant par tous ces degrés
de la hiérarchie juive qu'on peut arriver a être
membre du Kahal ou représentant de la réu
nion générale. Un cas extraordinaire dispense
seul d'un de ces degrés inférieurs.



De l'ordre à suivre dans les élections :

10° Les membres du Kahal et les juges du
Bet-Dine sont élus tous les ans, selon le dernier
règlement adopté en l'année 1747.
Quelques jours avant le mois de Kisslef {octobre),
le Kahal désigne cinq Doreïms (électeurs
du premier degré), qui doivent choisir
plusieurs Baaleï-Takonet (rédacteurs des règlements
à suivre pendant les prochaines élections).
Les élections doivent être faites six
mois après les fêtes libres de la Pàque.
Le jour indiqué, après la prière à la synagogue,
les chefs de la ville, les présidents du
Kahal et du Bet-Dine, ainsi que les présidents
des différentes confréries, les rédacteurs des
nouveaux règlements, les Chamochimes (notaires
de service), le Sofère (secrétaire) et enfin
les cinq électeurs du premier degré désignés
par le Kahal au mois de Kisslef précédent, se
réunissent avec le rabbin dans la chambre du
Kahal et nomment au scrutin cinq nouveaux
Boreïms (électeurs du second degré), qui sont
de véritables électeurs investis du pouvoir d'élire
qui bon leur semble pour les hautes fonctions
de :
4 Rochimes, représentants du Kahal ;
2 Roch-Medina, représentants du pays,
c'est-à-dire d'un certain rayon, district, arrondissement,
département ;
4 Touvimes, membres privilégiés de la réunion
générale ;
2 Ykovims, membres réels de la réunion
générale ;
4 Roët-Heschbouet, contrôleurs ;
4 Gaboïms, starostes de la société de bienfaisance
;
12 Daïons, juges du tribunal du Bet-Dine ;
En tout 35 dignitaires pour lannée entière,
c'est-à-dire jusqu'aux fêtes libres de la Pàque
suivante.
Pendant que l'opération du scrutin s'exécute,
il est sévèrement défendu à quiconque
d'adresser la parole aux Doreïms (électeurs du
second degré), afin de ne point les distraire
dans cette importante opération, qui a pour
but de donner un gouvernement à la popula
tion juive d'un certain rayon (canton, arrondissement,
département).



Des devoirs du Kahal et du Bet Dine :
11° La principale occupation du Kahal consiste
en la répartition des impôts que les Juifs
doivent payer, ainsi que dans l'encaissement
de ces impôts. De plus, le Kahal est tenu de
veiller à lobservation du respect que chaque
Juif doit aux membres du Kahal, du Bet-Dine
et aux Moreïnes. Le Kahal distribue aussi des
secours à ceux qui commencent un commerce
quelconque, employant pour cette sorte d'encouragement
l'argent qui provient de la société
de bienfaisance. En général, le Kahal
s'occupe de toutes les affaires civiles et religieuses
et indique à chaque Juif de son rayon
le chemin qu'il doit suivre et l'occupation qu'il
doit remplir.
Toutes les branches du commerce sont imposées
par le Kahal, ainsi que les prêts sur
gage, les lettres de change et les billets à ordre.
La perception de tous ces impôts au profit
de la caisse du Kahal s'exécute par l'entremise
des entrepreneurs.
Le Kahal désigne les Chamoïms, c'est-àdire
ceux qui préparent la liste des imposés,
avec la quote-part qui doit être acquittée par
eux. Ce tableau est examiné par le Kahal et
modifié, approuvé ou rejeté. — Il est recommandé
aux Chamoïms de ne point flatter ni
épargner les riches et d'avoir des égards pour
les pauvres. Pendant tout le temps que dure
leur travail, ils s'obligent, sous le herem, de
ne point communiquer avec qui que ce soit,
afin de ne subir aucune pression du dehors. Ils
doivent être enfermés dans une chambre jusqu'à
l'entière élaboration de leur besogne. Un
fonctionnaire subalterne de la synagogue est
attaché à leur service pour appeler les imposés,
afin que ceux-ci expliquent, sous le herem,
leur position matérielle, la réussite ou la nonréussite
de leurs affaires, entreprises, prêts,
métiers, etc.
12° Tous les trois mois, les membres de la
réunion générale doivent se réunir dans la
chambre du Kahal pour se concerter sur la situation
de la communauté juive et sur ce qui
doit être entrepris, afin de parer aux événements
défavorables ou nuisibles qui sont sur
venus dans le passé ou qui pourraient se produire
dans l'avenir, ainsi que sur tout ce qui
intéresse en général la société juive. Si tous
les membres ne peuvent être présents à la réunion
générale, et qu'il s'en trouve seulement
vingt, les décisions prises dans ces conditions
auront autant de valeur que si elles étaient
prises par la réunion générale au complet.
13° Tous les trois ans, toute la population
du sexe masculin qui habite le pays (un certain
rayon, district, arrondissement ou département)
doit se réunir dans un endroit désigné
d'avance pour discuter et arrêter de nouveaux
règlements, ainsi que pour examiner les questions
d'une grande importance pour la cause
juive en général.
14° Les Daïons, juges du Bet-Dine, avec
leur président, ont le devoir : a) d'estimer
quelle place doivent occuper à la synagogue
les dignitaires et les fonctionnaires, et quelle
est celle qui convient au peuple ; b) de vendre,
dans certains cas, le droit de Meropïe (droit
d'exploitation d'une personne de la religion
chrétienne) ; c) d'approuver et légaliser les
actes de vente de propriétés immobilières ; d)
de veiller, conjointement avec le Kahal, à
lexactitude des poids et mesures, ainsi qu'au
prix des marchandises de première nécessité,
bien entendu dans lintérêt des acheteurs juifs
seulement.
Brafmann, dans son Livre sur le Kahal,
cite quarante actes et documents qui émanent
du Kahal et du Bet-Dine et qui ont rapport
avec tout ce qui a été dit dans ce chapitre.
Nous avons choisi les plus curieux, au nombre
de neuf, qui sont classés sous les n° 18, 67,
112, 134, 170, 201, 210, 219, et que nous donnons
au chapitre xxi, en faisant remarquer que
les documents du chapitre xvi, sous les n° 78
et 132, ont aussi rapport à ce qui a été mentionné
plus haut.
Par le document extrait du Kivïa-Nesseman,
que nous venons de citer, ainsi que par
ceux qui se trouveront à la suite de ce chapitre,
on verra la continuation de ce que nous
avons déjà plusieurs fois répété, à savoir : 1°le
grand pouvoir du Kahal sur la vie publique,
intérieure et intime des Juifs répandus sur
tous les points du globe ; 2° les revenus que le
Kahal perçoit par les impositions sur les Juifs
de son rayon, revenus et impositions qui depuis
mille ans ont été et sont toujours et partout
les mêmes ; 3° la vente par le Kahal de ce
droit absurde, étonnant, et qui paraît impossible
et incroyable au premier abord, d'exploitation
des propriétés et des personnes chrétiennes,
et qui chez les Juifs porte les noms
de Hazaha et Meropïe (dont nous avons entretenu
le lecteur au chapitre xi) ; 4° enfin de
toutes ces questions de la vie intérieure et intime
des Juifs, questions qui, connues seulement
d'une façon superficielle d'après quelques
lois insignifiantes du Talmud, étaient, jusqu'à
ce moment, complètement ignorées des chrétiens.
L'importance du document que nous venons
de citer consiste surtout en ce qu'il explique
et définit parfaitement la fonction et le role du
rabbin. Cette explication et cette définition,
devraient une fois pour toutes éclairer le monde
chrétien relativement à ce fonctionnaire juif.
C'est cette ignorance qui a aidé le judaïsme au
dernier siècle à relever le drapeau de son gouvernement
souterrain, et à résister à la puissante
influence de la civilisation chrétienne,
qui commençait à le saper dans ses fondements.
On ne sait réellement pas d'où vient lerreur
qui fait considérer le rabbin comme un personnage
sacerdotal de la religion juive. Cette
croyance, entretenue par les rabbins euxmêmes
(1), a toujours été un véritable rocher
contre lequel se sont brisés les législateurs de
tous les pays qui ont voulu aborder la question juive
pour y introduire des réformes; mais
jamais époque ne fut aussi propice et aussi
abondante en moisson pour le judaïsme, jamais
aucune époque ne fournit au sombre
royaume du Talmud une si éclatante victoire
que le xixe siècle ; et voici pourquoi :
Lorsque, au commencement de ce siècle, les
troubles qui existaient depuis plusieurs années
en France se furent apaisés et que l'ordre commença
à produire ses bienfaisants effets, la
réorganisation de l'administration du pays
avait aussi touché à la question juive. Napo-

(1) Comme le prouve le discours d'adieu adressé aux
juifs alsaciens par Je crand rabbin de C limar, vers
l'année 1872, lequel quittait les provinces anne^ es à
rempire allemand et transportait son domicile dans les
Vosges, eu France.]

léon ler qui était alors dans toute la force de
son génie et de sa gloire, s'intéressa à cette
question; il voulait ajouter à tous ses autres
triomphes la gloire d'être le grand réformateur
du judaïsme. Les circonstances qui, en 1805,
amenèrent la question juive sur le tapis, ressortiront
mieux encore des paroles de Napoléon
lui-même : « Si une partie de cette question
était résolue, dit Napoléon ler dans le § 12
de la réforme de la question juive, il faudrait
inventer un moyen de restreindre autant que
possible l'agiotâge pratiqué sur une grande
échelle par les Juifs, afin de détruire cette escroquerie
et cette usure (1). Et dans le iV' chapitre
il ajoute : « Notre but est de porter secours
aux cultivateurs en général et de délivrer
les populations de certains départements
de la dépendance dans laquelle elles sont tenues
par les Juifs ; car les hypothéques prises
par ceux-ci sur la plus grande partie des propriétés
immobilières rendent les propriétaires
tout à fait dépandants de leurs créanciers, et
dans peu de temps, si lon n'y prend garde, les

(1) Algemeinc-ZeUumj des Judenlhums, 1841, p. 300.]

Juifs seuls seront propriétaires dans les départements
où ils sont localisés, puisque leur suprématie
augmente chaque jour à laide de l'usure.
Il faut donc absolument mettre un terme
à cet état de choses. » Ensuite il poursuit :
« En second lieu, notre but est d'amoindrir
sensiblement, s'il est impossible de la détruire
complètement, la tendance séparatiste de la
population juive, qui fait d'elle une nation dans
la nation, et d'extirper le goût que professe
cette population pour les occupations nuisibles
à l'ordre social, à la civilisation en général et
aux habitants de tous les pays. »
Les quelques mots qui précèdent indiquent
parfaitement les causes qui ont fait soulever
alors la question juive. A la vérité ces paroles
de Napoléon ler ne disent rien de nouveau, car
c'est l'histoire du peuple juif qui depuis des
siècles se répète invariablement presque tous
les jours; mais ce qui est digne de remarque,
c'est que les causes que les défenseurs du judaïsme
citent pour expliquer ce sombre tableau
des tendances juives, ne pouvaient aucunement
être admises en France à cette
époque-là, puisque, depuis 1789, les Juifs ont
été admis à jouir des droits civils à légal de
tous les citoyens français.
Lorsque, dans les dix dernières années, on
affranchit les paysans en Russie, et qu'on introduisit
dans ce pays plusieurs réformes libérales,
la question juive s'imposa aussi à
l'examen du réformateur, et elle se trouva dans
la même phase où elle était en France au
temps dont nous avons parlé. De tous les
points du grand empire on entendit les plaintes
suivantes : « Les Juifs nous ruinent ; ils exploitent
toutes les classes de la population indigène
; ils se sont emparés de tous les capitaux
qui vivifient l'industrie, et sont devenus
propriétaires de la plus grande partie des maisons
dans les grandes et les petites villes. Ils
ont concentré entre leurs mains tout le commerce
et l'ont ravalé, en en faisant une sorte
de brocantage ; ils ont obligé à s'expatrier un
grand nombre d'ouvriers appartenant à d'autres
religions, en exerçant leurs métiers à vil
prix. »
C'est en 1866 que la question juive fut mise
à l'ordre du jour en Russie, et c'est à cette
époque que les mêmes plaintes furent enten
dues dans tout le pays. Mais aussitôt les Juifs
eux-mêmes, ainsi que quelques charlatans du
libéralisme, élevèrent la voix en disant :
« Donnez aux Juifs une complète émancipation,
permettez-leur de devenir propriétaires
de grands biens, obligez-les à parler la langue
russe, dispersez-les dans toutes les Russies,
etc., etc., et vous verrez qu'ils s'identifieront
avec le pays, qu'ils ne formeront plus
une nation à part dans la nation russe, mais
qu'ils deviendront de véritables citoyens, tout
en conservant leur religion. »
Tous ces faux axiomes, répétés à satiété par
les intéressés, trouvèrent trop facilement
créance parmi les masses ignorantes de la
Russie.
Mais en France, en 1805, les Juifs étaient
déjà depuis plusieurs années citoyens. La révolution
de 1789 leur avait accordé la jouissance
des droits civils et les droits de cité,
égaux à ceux dont jouissaient les régnicoles;
et cependant, d'après les paroles de Napoléon
ler, les Juifs n'avaient point modifié leur
système d'existence exclusive, complètement
à part, et de maintenir leur nationalité par
les moyens honteux de l'usure, du trafic et des
déprédations mercantiles. C'est un fait incontestable
que, si la nationalité indigène sent sa
force morale et matérielle, les éléments étrangers
vivant dans son sein doivent nécessairement
subir son influence et se confondre
avec elle, au moins quant aux formes extérieures.
Subissant cette loi commune, les Juifs
en France se sont francisés depuis longtemps,
mais seulement sous le rapport du costume,
des manières, de la langue et de la jouissance
des droits civils. Le génie de Napoléon Ier
avait compris que toutes ces formes extérieures
ne franciseraient pas complètement les Juifs,
ne formeraient pas de vrais citoyens français,
et que, malgré son petit nombre (ne dépassant
pas alors 60,000 âmes en France), cette population,
concentrée et renfermée en elle-même, formerait
toujours une corporation à part, une nation
dans la nation. Napoléon savait que cette
race orgueilleuse, se considérant comme le peuple
élu de Dieu, voudrait se perpétuer, en ne
contractant mariage qu'entre coreligionnaires,
et, par ce moyen, ne consentirait pas à mêler
son sang au sang « impur » des chrétiens.
Mais, comme rien ne résistait alors au génie
de Napoléon, il se flattait de pouvoir vaincre
cette volonté de fer, guidée par le fanatisme
religieux... volonté qui, jusqu'alors, avait résisté
à tant de persécutions et avait traversé,
toujours inébranlable, des siècles et des siècles.
Pour atteindre son but, Napoléon pensait à
employer les rabbins, les croyant, comme tout
le monde, les ministres sacerdotaux de la religion
Israélite.
Son plan était très modéré et n'avait rien
de contraire à la plus impartiale justice; par
conséquent il semblait avoir toutes chances de
réussir, car il consistait à engager les Juifs à
considérer tous les Français comme leurs
égaux sous tous les rapports et à les regarder
comme les frères d'une même nation, avec
lesquels ils pouvaient nouer des liens de famille
par le mariage. En un mot. Napoléon n'exigeait
des Juifs que la réciprocité envers les
Français.
Comme on le voit, ce plan n'avait rien
d'exagéré au point de vue humanitaire; il
était parfaitement conforme au progrès de la
civilisation. Mais, à leur point de vue, ce plan,
qui tendait à affaiblir le sombre royaume séparatiste,
n'était pas trop goûté par les Juifs.
On verra tout à lheure que, malgré son grand
génie. Napoléon, au lieu d'atteindre le but
qu'il poursuivait, ne réussit, par cette nouvelle
organisation qu'il introduisit parmi les
Juifs, qu'à leur fournir une arme dont ils surent
admirablement se servir au profit de leur
fanatisme et de leurs idées séparatistes.
Partageant l'erreur générale relativement
au rôle que les rabbins remplissent dans la
religion Israélite, c'est-à-dire les considérant
comme ministres sacerdotaux de cette religion.
Napoléon Ier pensait réaliser son plan à
l'aide de leur autorité spirituelle sur la population
juive. Il lui semblait donc qu'en élevant
et en fortifiant cette autorité, il pourrait s'en
servir plus facilement. A cet effet il décréta,
en 1806, l'institution à Paris d'un Senedrion,
composé de soixante et onze rabbins à l'instar
du grand Senedrion de Jérusalem. Les Juifs,
croyait-il, trouveraient dans ce tribunal ce
haut pouvoir spirituel illimité auquel ils doivent
se soumettre sans murmure, comme la
loi du Talmud l'exige. Pour compléter cette
institution et pour qu'elle pût fonctionner régulièrement,
il fut créé en province plusieurs
consistoires sous la direction des rabbins.
Au commencement, les rabbins n'opposèrent
aucune résistance aux ordres du tout-puissant
conquérant, auquel rien ne résistait alors, et
signèrent des deux mains tout ce qui leur fut
présenté au nom de lempereur, voire même
des ordonnances contre lesquelles plusieurs
d'entre eux devaient bientôt protester. Mais
l'illusion de Napoléon sur la solution de la réforme
juive ne devait pas longtemps durer,
car, lorsqu'on voulut appliquer un certain article
duquel dépendait la réussite de la réformé
relativement aux liens matrimoniaux
entre les familles chrétiennes et les familles
juives, on fut convaincu que cette question
était absolument lettre morte pour les Juifs,
et qu'il ne pourrait jamais entrer dans leur
tête qu'un enfant d'Israël pût consentir à mêler
son sang pur au sang impur des chrétiens.
Alors seulement Napoléon fut convaincu
qu'avec l'aide unique de l'autorité spirituelle
des rabbins il était impossible de déplacer.
même sur un point en apparence le moins important,
la vie intérieure du judaïsme, et que
l'idée d'une réforme quelconque ne pouvait
germer que dans l'imagination de ceux qui
n'étaient point au fait des lois du Talmud, de
la religion, de l'histoire et des traditions des
Juifs. Persuadé alors qu'il lui serait impossible
de rompre les liens de cette vie concentrée,
souterraine et renfermée en elle-même, par
les moyens dont il pensait pouvoir se servir en
vue d'une solution de la question juive. Napoléon
changea son système, et, envisageant
cette question à un point de vue tout à fait
différent, il décréta en 1808 « qu'il était défendu
aux Juifs de prêter sur gages; que les
lettres de change souscrites par les chrétiens
au profit des Juifs, pour des prêts effectués
par ces derniers, devaient être limitées à une
certaine somme ; qu'il fallait entourer de précautions
et de difficultés le changement de résidence
des familles juives. » En un mot. Napoléon,
cherchant par ce décret les moyens
de préserver la population chrétienne de la
sinistre influence des Juifs, ne fit autre chose
que ce qui avait déjà été pratiqué plusieurs fois
dans les siècles précédents par les autorités
de tous les pays où les Juifs s'étaient établis.
Mais tout cela ne fut qu'un nuage passager.
« Dieu enverra à notre ennemi tant de chagrin
qu'il ne pourra plus penser à nous tourmenter
», répètent les élus d'Israël lorsqu'une
nouvelle persécution vient fondre sur eux. Et,
cette fois encore, leur prophétie devait bientôt
se réaliser. Les événements se précipitaient :
quelques années après la chute du colosse devant
lequel toute l'Europe tremblait, ses décrets
et ses ordonnances contre les Juifs étaient
annulés en France. Il ne resta que la pseudo ecclésiastique
institution des rabbins à Paris et
quelques consistoires en province. Le nouveau
pouvoir juif ne s'écroula pas avec celui qui
l'institua; au contraire, il prit un nouvel essor
pour se reconstituer et se défendre contre un
ennemi bien plus puissant que ne le furent
Napoléon , Nabuchodonosor , Aman et tant
d'autres persécuteurs du peuple d'Israël, contre
la civilisation chrétienne, qui, dans le premier
quart du xix" siècle, avait commencé à
prendre pied dans le sombre royaume du Talmud,
en sapant peu à peu ses forces inté
rieurcs et ramenant à une décomposition,
lente à la vérité, mais par cela même plus
sûre.
Dans la sphère des Juifs qui avaient subi
laction de la civilisation européenne, la religion
israélite, dit le docteur Stem, ressemblait
aux pages éparses de la Bible ; les cérémonies
religieuses avaient l'air d'une chaîne
dont les anneaux auraient été rompus en plusieurs
endroits, et dont les liens intérieurs
qui constituaient cette grande puissance des
Juifs: un pour tous et tous pour un, se sont
complètement brisés. En vain, au secours du
Talmud affaibli, accoururent des talents de
premier ordre, tels que Mendelson, Friedeland
et beaucoup d'autres esprits supérieurs,
qui essayèrent de réveiller dans la classe éclairée
des Juifs le sentiment patriotique et national
du peuple d'Israël Rien ne réussit.
Bientôt même les zélés défenseurs, entraînés
par un courant irrésistible, s'étant convertis
eux-mêmes (1) au christianisme, portèrent
ainsi un très rude coup à la base du judaïsme

(1) Mendelson est mort dans la religion juive, mais
tous ses enfants, à l'exception d'un fils, ainsi que
Friedeand et plusieurs autres zélés défenseurs du judaïsme,
se sont convertis au christianisme.]

qu'ils avaient voulu consolider, et qui, jusqu'à
ce moment, leur avait paru inébranlable.
Pour sauver le drapeau du Talmud et avec
lui la souterraine corporation des Juifs, les
efforts de talents aussi remarquables que ceux
de Mendelson, Friedeland et autres, furent
impuissants; il fallait la force complexe d'une
représentation officielle, et c'est le rôle qu'a
pris cette pseudo-ecclésiastique institution
juive imaginée en 1806 par Napoléon Ier dans
un but, comme on la vu, tout à fait différent.
Les personnes qui ont pris la peine d'étudier,
même superficiellement, les formes extérieures
et les cérémonies de la religion Israélite,
savent que dans cette religion les fonctions
sacerdotales n'exigent pas une existence
absolument consacrée à l'exercice du culte,
mais qu'elles peuvent être remplies par tout
individu, aussi bien à la synagogue que dans
sa maison, et que tout Juif croit nécessaire à
son salut de remplir lui-même, autant que
possible, ces fonctions sacrées, et pour ainsi,
d'officier, de pontifier en personne.

Les réunions de rabbins qui eurent lieu dans
les derniers temps à Brunswick, à Cassel et à
Berlin, et qui avaient pour but de réformer le
judaïsme en y introduisant plusieurs modifications,
paraissaient à beaucoup de chrétiens
une chose sérieuse. Cependant les Juifs eux mêmes
les ont jugées à un autre point de vue.
« Quel profit ont porté à notre cause, dit Graetz,
auteur juif, la réunion de Brunswick et toutes
celles qui lui ressemblent?,.. » Aucun; elle
s'est envolée avec le vent, car chez le peuple
de Juda il n'existe aucune différence entre un
rabbin et tout juif en particulier, lorsqu'il s'agit
de pratiques et de cérémonies religieuses
(1).
La circoncision, le mariage, lenterrement,
la célébration de la Pàque, la prière sur la
coupe, la purification de la femme, la prière à
la synagogue et à la maison, ainsi que toutes
les cérémonies religieuses, étaient exercées

(1) Lettre (lu docteur Graetz à son ami. — Ganiaguide,
no 23, p. 181, 186'.). — La proposition de Dom ayant pour
but de soumettre les questions religieuses aux rabins,
fut pour le même motif repoussée par Mendelson. —
losl-Gcschichte des Judenthum-, Leipzig, 180}, voL III,
p. 304.]

par chaque Juif au temps même de l'existence
du Temple et du grand Senedrion, à Jérusalem.
Le droit pour tout Israélite d'exercer les
fonctions sacerdotales fut consacré par les lois
mêmes de Moïse, de Michny et du Talmud,
ainsi que par tous les interprètes et commentateurs
de ces lois dans l'antiquité. En se basant
sur ces anciennes prérogatives, que les
lois ci-dessus citées donnent à tous les Juifs
en général, chacun d'eux remplit ses devoirs
religieux partout où il se trouve, sans avoir
besoin d'attendre l'arrivée d'une personne exclusivement
chargée de fonctions sacerdotales ;
cette idée est tellement ancrée dans l'esprit de
toute la population juive qu'une modification
quelconque à cet usage provoquerait un très
grand désespoir parmi tout le peuple d'Israël.
Il est vraiment étonnant que toutes ces circonstances
aisnt été ignorées des gouvernements
; habitués qu'ils étaient à voir les offices
religieux de tous les rites célébrés par les ministres
du culte, ils ne pouvaient s'imaginer
que la religion Israélite fit exception et que
tout Juif fût à lui-même son propre prêtre ; il
est plus étonnant encore que le gouvernement
français ait persisté dans cette erreur, après
ce qui arriva à Napoléon I" lors de la création
du Senedrion de Paris, lequel, se changeant
bientôt en consistoire général, fonctionnait et
agissait dans lintérêt du judaïsme, tout en
entretenant les autorités de France dans l'erreur
sur le rôle sacerdotal des rabbins.
Telle est, en résumé, la nouvelle organisation
juive introduite en France dans le premier quart
de ce siècle, organisation qui a permis de maintenir
la base sur laquelle le peuple d'Israël a
traversé les siècles de son fanatisme... organisation
qui a malheureusement préservé ce fanatisme
de linfluence civilisatrice et fécondante
du christianisme au xix^ siècle Napoléon
ler, cet ennemi déclaré des Juifs, est considéré
par leurs historiens comme le sauveur
du judaïsme.
Et, en effet, cette nouvelle organisation,
tout en laissant à chaque Juif le droit de célébrer
les cérémonies religieuses, comme cela
s'était pratiqué jusqu'alors, servit surtout à
tenir en éveil l'esprit patriotique des Israélites,
Les discours des rabbins, très éloquents et
très habiles, au lieu de rouler sur les vérités
de la religion, étaient remplis d'allusions transparentes
ayant pour but de rappeler constamment
aux fidèles d'Israël les persécutions et
les souffrances endurées par le peuple saint,
et dont les chrétiens, au dire des rabbins,
étaient les auteurs. Et tout naturellement les
orateurs juifs cherchaient dans ces discours
à démontrer la suprématie sur tous les autres
peuples de la terre de ce peuple sublime qui a
produit les Spinosa, les Salvator, les Meyerbeer,
les Rachel, etc. (1).
C'est ainsi que l'organisation créée dans un
but d'union ne servait qu'à entretenir la séparation
du peuple d'Israël du reste de l'humanité.
Par l'introduction dans tous les pays
d'Europe d'écoles destinées à former la jeunesse
juive, on acheva d'assurer la conservation
dans l'avenir du drapeau du Talmud.
Les différentes confréries juives, qui, par
suite de la grande dispersion du peuple d'Israël
sur tous les points du globe, commençaient à

(1) On ne voulait pas avouer la franche vérité : que
ces granls talents ont été formés par la civilisation
chrétienne.]

disparaître, se relevèrent partout, à la faveur
de la nouvelle organisation des rabbins créée
par Napoléon ler Enfin, grâce aux puissants
protecteurs juifs qui, par leur position financière,
avaient acquis une grande influence
dans le monde politique, la nouvelle organisation
institua une « alliance », dont le but
fut de proléger l'élément juif partout où il se
trouvait. On peut s'en convaincre en se reportant
aux débats qui signalèrent la remarquable
réunion tenue par les rabbins de tous les pays,
en 1869, à Breslau, et aux décisions prises par
cette réunion, et dont voici les principaux
points :
« Nous voulons fortifier l'unité et la liberté
de toutes les communautés juives. »
« A lunanimité, il a été décidé que tous les
membres présents à la réunion doivent s'inscrire
comme membres actifs de cette alliance
formée dans lintérêt général du judaïsme, et
que chacun devra agir et soutenir de toutes
ses forces les actes de ladite alliance. »
« A lunanimité aussi, il a été décidé de provoquer
dans tous les pays allemands des
adresses et des pétitions aux gouvernements,
demandant la nomination d'une certaine quantité
de professeurs appartenant à la religion
israélite, dans les établissements d'instruction
supérieure (1) ».
Le gouvernement russe avait permis avec
empressement lintroduction de la nouvelle
organisation juive dans le pays et fonda à Vilna
et à Zytomir deux écoles de rabbins, ainsi
qu'une quantité de gymnases, exclusivement
destinés à l'éducation préparatoire de la jeunesse
israélite pour ces deux écoles. Pour soutenir
ces établissements d'éducation on institua
un nouvel impôt, qui pesait exclusivement sur
les Juifs habitant la Russie, sous la dénomination
d'impôt des chandelles, dont le produit
montait à 327,000 roubles argent, impôt qui
existe encore aujourd'hui.
Il s'agit donc de savoir quel résultat le gouvernement
de ce pays a obtenu par l'introduction
de la nouvelle organisation juive (organisation,
pensait-il, qui devait résoudre cette
difficile et interminable question juive, agitée
depuis si longtemps en Russie, et dont la solu-

(1) GamoQuidc, 1869, n° 28, p. 219.

tion satisfaisante n'a pas pu être trouvée jusqu'à
présent). Et à quoi avait servi cet énorme
capital de 10,000,000 de roubles argent,
perçu pendant les trente dernières années,
pour la plupart sur les Juifs de la classe
pauvre (1)?
Dans les comptes rendus administratifs, les
rabbins eux-mêmes donnent la réponse que
voici : « Les résultats de nos actes, disent-ils,
sont pour la plupart insignifiants; car 1° la
police de chaque localité écorche avec une
grande rapacité les Melamèdes (précepteurs),
entre les mains desquels le drapeau national
du judaïsme s'affaiblit de jour en jour; 2° les
autorités civiles nomment des inspecteurs
appartenant à la religion chrétienne dans les
séminaires Israélites; 3° cette organisation est
encore trop nouvelle. »
C'est en 1854 que sortirent les premiers
rabbins dont l'éducation s'était faite dans les

(1) Pour l'entrelien du rabbin et de sa famille, chaque
communaulé juive paie un impôt à part. La répartition
de cette imposition est, entre les mains du Kahal,
une nouvelle arme qu'il emploie contre ceux qui désobéissent
à ses ordres despotique-, ainsi que pour
protéger ses très humbles serviteurs.]

écoles établies à Vilna et à Zytomir. Depuis
ce temps jusqu'à nos jours, plusieurs réformes
importantes ont été introduites en Russie. Le
pays, dans une période de dix-huit années,
s'est pour ainsi dire complètement transformé;
et cependant pas un de ces rabbin^ qui, en
qualité de fonctionnaire public nommé par le
gouvernement pour présider aux affaires de la
population juive en Russie, n"a dû prendre
connaissance des livres où sont compilés les
renseignements sur la situation intérieure des
communautés Israélites; pas un, disons-nous,
n'a pu jusqu'à ce jour fournir lexacte statistique
de la population juive, comprise dans
son rayon, et cela sous prétexte de défaut de
temps.
Cependant la véritable réponse qui résulte
de plusieurs rapports, dont la citation serait
trop longue et ennuyeuse, est que tous les
règlements et ordonnances concernant les
rabbins, ainsi que leur fonction spirituelle, ont
subi le sort de toutes les lois qui avaient été
promulguées en Russie relativement à la question
juive; car la vie et la conduite de cette
population dans l'empire furent toujours diri
gées par le Kahal de manière à éluder ces lois.
La seule différence qui existe est que, depuis
l'introduction de la nouvelle organisation, la
population juive n'est plus restée sous linfluence
des membres fanatiques et ignorants
de chaque Kahal, mais bien des rabbins élevés
sous la protection et sous la surveillance du
gouvernement, ce qui ne les empêchera pas
d'agir toujours néanmoins dans le sens du fanatisme
talmudique... c'est-à-dire dans le sens
de l'influence de ceux-là mêmes qui avaient
été chargés de diriger dans un autre sens la
population juive, sur laquelle ils devaient avoir
acquis un grand crédit par leur science et leur
position officielle.
Dans ces écoles établies par le gouvernement
russe dans le but, comme nous l'avons dit plus
haut, d'arriver à une solution satisfaisante de
la question juive, on donna, dès le début, le
haut pas à l'esprit exclusivement tamuldonational,
et tous les rabbins qui sortaient de
ces écoles, pour occuper des positions officielles
dans un certain rayon, furent pénétrés de cet
esprit exclusif qui influait sur la conduite de
toute leur vie ainsi que sur leurs actions et
sur les principes qu'ils enseignaient aux leurs.
Les journaux Israélites Sion, Gamelitz-
Hakarmel et plusieurs autres, rédigés par la
nouvelle génération de rabbins sortis des deux
écoles établies en Russie, affirment que lesprit
et la tendance sont absolument les mêmes.
Dans ces journaux, on ne trouve que des lamentations
sur le sort du peuple d'Israël, des récits
de persécutions auxquelles ce peuple est exposé
de la part des chrétiens, des atrocités consommées
sur les Juifs au moyen âge, ainsi que de
longues dissertations sur la supériorité du
peuple d'Israël sur les autres peuples. Enfin
ces journaux sont remplis de toutes ces déclamations
surannées, qui depuis longtemps sont
oubliées par la génération actuelle des Juifs,
mais qui tendent à entretenir leur fanatisme et
l'idée de l'état de séparation complète dans
laquelle ils doivent se tenir vis-à-vis des populations
indigènes des pays qu'ils habitent.
Comme on le voit, la nouvelle organisation
introduite par Napoléon Ier en France, dans le
but d'exercer une influence sur la population
juive par les rabbins, organisation qui fut
imitée par lAllemagne et par la Russie dans
les anciennes provinces polonaises, a eu partout
un résultat négatif.
Si l'on ajoute encore que, de tous les moyens
imaginés pour se rapprocher et confondre la
population juive avec la population indigène de
Russie, le meilleur serait de faire élever les
enfants de ces deux éléments différents dans
les mêmes écoles, où la civilisation chrétienne
porterait un coup 'mortel au fanatisme du
judaïsmiO, on comprendra de quelle importance
fut pour les meneurs juifs cet établissement
de deux écoles de rabbins et d'une quantité de
gymnases préparatoires, et comment ces établissements
ont été contraires à l'intérêt général
de la Russie.
L'historien juif Jost, parlant d'un Israélite
auquel Charlemagne avait confîé une importante
mission, dit que les Juifs durent profiter
d'une circonstance si favorable pour servir
l'intérêt de leur religion (1). Ce n'est là
que la confirmation de cet aphorisme que les
Juifs savent toujours tirer profit pour leur

(1) Geschichte des Judenlhwns, t. II, p. 384.]

religion et le dra.peau du Talmud, non seulement
des circonstances favorables, mais
aussi des événements les plus défavorables
à leur nationalité.
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