vendredi 2 juillet 2010

006

QUATRIÈME PARTIE :
LES VOIES DE L'ESPÉRANCE SANS ILLUSION

QUELLE HEURE EST-IL À LA PENDULE DE L'HISTOIRE ?
LES CONDITIONS D'UNE SURVIE NON CERTAINE, MAIS
POSSIBLE
ADÉQUATION ET OPPORTUNITÉ DU MESSAGE DE NIETZSCHE
LA GRANDEUR D'ÂME ET D'ESPRIT, SEULE À LA MESURE DES
PROBLÈMES PRÉSENTS
LE PLUS RÉCENT OURAGAN DE L'ESPRIT QUI SOUFFLE OÙ IL
VEUT ET SES PROMESSES
CONCLUSION - EXPLOSION




LES VOIES DE L'ESPÉRANCE SANS ILLUSION

Quelle heure est-il à la pendule de l’histoire ?
****************************************************
Nous avons vu dans la préface de cet ouvrage la cascade de
graves catastrophes écologiques survenues depuis douze ans, c'està-
dire depuis la parution du Message du Verseau. S'y ajoutent aveux
et aggravation permanente de l'effondrement culturel, de la drogue,
de la criminalité, de la délinquance, du chômage, plus récemment la
révélation de deux millions de femmes battues en France,
l'agressivité croissante des fanatismes religieux.

Nous sommes au début de cette plongée dans un chaos
incontrôlable dans cette guerre civile mondiale, à la fois raciale et
sociale, que j'annonce inlassablement depuis vingt-cinq ans dans
mes livres, articles et conférences. Les spasmes et révoltes dans les
pays de l'Est ne résoudront ni le chômage et l'avalanche de
problèmes socioculturels en pays capitalistes, ni les désastres
écologiques, ni les famines et l'insolvabilité du tiers-monde.
Ni les carpettes politiques et médiatiques des lobbies, ni les
crapulocraties des banques et des multinationales, ni les « autorités
religieuses » rivales et complices des religions du désert
n'accepteront d'avouer la nature réelle de ces urgents problèmes :
l'échec de toute la vision judéo-chrétienne, du scientisme, du
marxisme et du socialisme de l'abondance.

Que ceux qui se complaisent dans les illusions rêvent d'une «
union des bonnes volontés ». Je sais qu'à tous les niveaux de
responsabilité il n'y a que les atermoiements, les mensonges, le refus
et la contestation des évidences à attendre. Espérer du bon des
détenteurs actuels de la puissance ? Je me sentirais moins ridicule
en m'agenouillant devant une grenouille en attendant de la voir se
transformer en hirondelle. Et je crache à la figure de tous les «
responsables » irresponsables cette dénonciation de l'Évangile «
Comment pourriez-vous dire des paroles bien intentionnées,
engeance de vipères, alors que vous êtes mauvais ? »

Il n'y a pas davantage à espérer de réaction des peuples. Ils
ont depuis longtemps choisi les voies narcotiques : espérances en un
au-delà compensateur, alcool, tabac, drogue, télévision, bruit,
superficialité systématique, vulgarité et bêtise volontaire que
beaucoup ajoutent à la dose qui leur est congénitale. En outre,
presque tous nos contemporains refusent de regarder en face leur
propre jobardise. Ils se sentent de toutes façons trop lâches pour la
révolte et préfèrent feindre d'espérer encore et de croire au baratin
politicien et médiatique.

La situation actuelle montre que le « pessimisme » dont J'ai fait
preuve dans le Message du Verseau était bien trop optimiste. Je
n'envisageais pas une confirmation aussi rapide de mes prévisions.
Ce que je prévoyais pour les vingt à trente années à venir s'est
produit en douze ans.

Mais le plus grave est que seul un nombre infime de ceux à qui
mon message était destiné l'ont accepté. Je ne peux m'empêcher de
penser au mythe de Sodome et Gomorrhe. Serions-nous en train de
le revivre, tout comme celui de Babel ? La sodomie et le SIDA sont
bien là. Y aura-t-il prochainement aussi peu de survivants qu'à
Sodome et Gomorrhe ? Grande peur de l'an 2000 ? Encore une fois,
je ne suis pas chrétien et l'an 2000 ne signifie rien pour moi. En
outre, la perspective de la liquidation de la civilisation ne me cause
aucune peur ; elle est au contraire ma plus impatiente espérance.
Car il y a une issue non certaine, mais possible pour ceux qui sont
capables d'accéder à une santé de fer et à un moral d'acier.
Nietzsche nous a tout annoncé sur la décadence et nous offre une
issue.

Une interruption de quelques jours dans la rédaction de cet
ouvrage a suffi pour qu'apparaisse un nouveau et grave problème
écologique, aussi grave que la déchirure et l'usure de la couche
d'ozone : la pollution des eaux des nappes phréatiques.
Les pays de l'Est aussi connaissent des problèmes de pollution
montrant concrètement que l'industrialisation forcenée des pays
marxistes est aussi catastrophique que la production anarchique et le
gaspillage systématisé des pays capitalistes. Rappelons Tchernopol (
ne pas confondre avec Tchernobyl ) où les enfants devenaient fous
et perdaient leurs cheveux pour cause de pollution chimique, Bakou
où un tiers des enfants d'un quartier pauvre meurt en bas âge de
pollution, les pays baltes dont également un tiers des enfants a subi
des hospitalisations pour cause d'intoxication par l'environnement.
Oui, la roue de l'histoire s'emballe !

Le problème est plus que socio-politique. Il exigerait une remise
en cause de toute notre relation à la nature, de toute notre
conception du bonheur. Or l'humanité actuelle, gouvernants visibles
et invisibles en tête, est incapable d'une telle démarche. Les
gouvernants seraient par ailleurs tout aussi incapables de maîtriser
les conséquences économiques et sociales d'un changement de cap.
Les lézardes dans l'édifice soviétique qui se produisent depuis
l'Automne 89 ont bien été déclenchées par Moscou ; mais déjà bien
des évolutions échappent au contrôle des dirigeants et la ruée des
investisseurs occidentaux, ainsi que l'acceptation de cette ruée par
les gouvernements de l'Est montrent que de part et d'autre on n'a
rien compris de l'essentiel.

Nous ne pouvons donc espérer de solution que par les
catastrophes liquidatrices qui opéreront une sélection contraire à
celle pratiquée depuis dix-sept siècles par le judéo-christianisme,
c'est-à-dire une sélection basée sur l'énergie, la santé, l'intelligence.
Pour nous autres, Nietzschéens, il n'y a là aucune raison
d'affolement, bien au contraire. Depuis plus de vingt ans je redis que
seules des catastrophes gigantesques, mais pourtant partielles,
peuvent nous préserver de la catastrophe totale. Nous avons décelé
clairement les causes lointaines et profondes de cette course à
l'abîme de laquelle nous sommes sur le point de vivre le
dénouement. La pire folie énoncée par les chrétiens contemporains
est de prétendre que tout humain a droit à la procréation. En luttant
contre les facteurs naturels d'équilibrage démographique, le christocapitalisme
nous a valu une planète surchargée de 5 milliards de
bipèdes en grande majorité incapables de responsabilité.

Derrière le
colonialisme, derrière les mots d'évolution, de modernisation, d'accès
au standing, de solidarité et de fraternité universelle c'est la mort de
la planète qui s'avançait. Et elle ne peut être évitée que par une
régression rapide et massive de cette humanité de lapineurs
irresponsables qui est passée d'un milliard à cinq milliards en
soixante ans. Il est probable que plus rien n'est planifiable dans ce
domaine et le commandant Cousteau a raison de dire qu'il n'existe
plus d'espérance rationnellement envisageable, ce qui le fait se
réfugier dans une espérance religieuse. Nous autres, nietzschéens,
refusons ce type d'espérance que nous savons fallacieuse. Mais
nous ne pouvons jouer aucun rôle autre que pour nous-mêmes. Nous
sommes bâillonnés par une législation qui a rétabli le délit d'opinion,
par un fanatisme et un terrorisme intellectuel devant lequel plient
même la plupart des hommes de science. L'attribution de prix Nobel
à des affabulateurs ou à des dirigeants politiques dont l'action n'a rien
à voir avec la paix est une preuve évidente de cet asservissement.
Bien des savants également taisent les conclusions de leurs
recherches lorsque celles-ci remettent en cause les tabous
antiracistes, qu'il serait plus juste d'appeler antiraces, car ils visent en
fait à la disparition de toutes les races dans un magma indéfinissable
voué à toutes les formes du nihilisme et du désespoir. La chute de la
jeunesse dans la drogue, l'abstentionnisme électoral et l'absentéisme
professionnel sont des signes avant-coureurs du désespoir universel
qui résultera de l'accomplissement du projet des religions du désert,
c'est-à-dire d'une humanité indifférenciée par le brassage racial et
l'unisexe.

Devant une telle situation, et compte tenu du fait que nous sommes
définitivement baillonnés, quelles actions ont encore un sens ?
Quelles perspectives pouvons-nous encore offrir à nos enfants ?
Avons-nous encore le droit d'en avoir ? Ou devons-nous abandonner
la planète et l'avenir aux lapineurs irresponsables et à leurs
manipulateurs ?

Je sais à quel point de telles questions sont terribles, car il y a
plus de cinqante ans que je me les pose. Mais je sais aussi que
l'aveuglement volontaire, le consentement à l'avilissement collectif
dans le grand troupeau de la fuite en avant ne peuvent calmer que
l'angoisse des imbéciles. S'il en était autrement, il n'y aurait pas tant
de drogués, d'alcooliques, de tabagistes, de maniaques du bruit et de
l'agitation.
Nous allons donc examiner ce qui conserve un sens.



Les conditions d’une survie non certaine mais possible
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Le mot de survie est imprécis. Je croirais mal servir mes amis
en leur offrant seulement les moyens d'une agonie ralentie en
échange d'une mort plus rapide avec la masse des irrécupérables.

Envisager la survie implique de croire à la fois rationnellement
et instinctivement à l'aube d'un monde nouveau que les volontaires
pour la survie se sentent le devoir de créer et dont ils portent la
culture en eux. Référons-nous encore à Nietzsche : « Le Surhomme
est le sens de la terre. Que votre volonté dise : le Surhomme doit être
le sens de la terre. ». Vouloir survivre est tout autre chose qu'une
réaction animale de l'instinct de conservation ; c'est le sentiment
d'une mission, de faire en sorte que l'aventure humaine ne tourne
pas court et n'ait pas été vaine. Avant les débuts de l'astronautique,
le semi-nietzschéen Teilhard de Chardin écrivait : « Seul
l'invraisemblable a des chances de se réaliser dans l'avenir. ». Vision
lucide, car les portes de l'avenir étaient déjà à cette époque fermées
au vraisemblable. À la fin du Gai savoir, Nietzsche évoquait déjà « la
foi qui nous porte ». Bien que concordante avec tout le panorama
connu de l'évolution, cette foi a besoin d'être réellement une foi, c'està-
dire non seulement le résultat d'une analyse rationnelle, mais aussi
un instinct irrationnel. Car elle a des montagnes à soulever et la
froide raison n'a jamais soulevé de montagnes. Atteindre le feu de la
foi est donc un fondement indispensable à la survie. « Dieu vomit les
tièdes. », c'est la Bible juive qui le dit, et là nous sommes d'accord
avec elle.

Vouloir survivre ce n'est pas vouloir mourir de vieillesse ; c'est
vouloir avoir des enfants joyeux et capables d'assurer culturellement
et matériellement la germination et l'épanouissement d'une humanité
nouvelle, c'est vouloir une marche de l'élite vers la surhumanité.
Cette marche ne peut être que consciente car « Dieu est mort. ».
Cette phrase si mal comprise exprime la phase actuelle de l'aventure
humaine : notre degré de développement nous impose de nous
prendre totalement en charge, avec les connaissances et forces du
divin qui sont maintenant en nous de par la physique, la biologie,
mais aussi ce plus récent ouragan de « l'Esprit qui souffle où il veut »
et qui est le message de Nietzsche-Zarathoustra. Tant qu'on n'a pas
compris cela on n'a pas encore lu l'heure à la pendule de l'histoire et
tous les jugements s'en trouvent faussés.

Notre problème est donc de créer une phalange de familles
portées par la même foi et la même détermination. La phalange du
socialisme utopiste au XIXe siècle a sombré comme cela était
prévisible. Mais la secte mormone a donné l'état le plus prospère des
USA au niveau populaire, le plus sain et le plus heureux. Bien que ne
disposant pas d'un territoire vierge de repli, comme les mormons, les
anthroposophes ont réussi à devenir une force internationale
possédant ses écoles, qui accueillent des enfants de rois et
d'hommes d'état, ses maisons d'édition, son corps médical avec
hôpitaux, sa pharmacopée, ses unités d'agriculture et jardinage
biologiques. Pourquoi ce qui a été possible sur la base de mythes
absurdes et d'espérances naïves ne le serait-il pas sur la base de la
vision nietzschéenne, en parfait accord avec toutes les sciences de la
vie et de l'homme ? Le seul obstacle est la tiédeur de la foi. La vision
nietzschéenne rallie des humains d'une culture bien supérieure à
celle des fidèles des sectes évoquées. Mais les fondements
scientifiques se révèlent moins mobilisateurs que les engagements
naïfs. Accéder à la foi à travers les fumées de l'apocalypse
industrielle devient pour nous une condition de vie ou de mort.

Aborder le chaos prochain les mains vides serait notre fin. Les
dizaines de millions d'allogènes déjà installés sur le sol d'Europe et
des USA ont en grande partie conservé le sens tribal. Ils sont déjà
capables de dominer des quartiers de grandes villes, d'y interdire
toute action policière, d'y exercer des contrôles à l'entrée de toutes
les rues nuit et jour, d'y maintenir pendant des années des femmes
européennes prisonnières. Quiconque se donnera la peine
d'enquêter auprès des armuriers aboutira à la conclusion que les
fanatiques religieux de l'islam disposent déjà sur le sol de France de
plus de vingt divisions d'infanterie dotées d'armes sophistiquées.

Lorsqu'on sait d'expérience à quel point les Africains sont versatiles
et exaltables, on sait aussi qu'il suffira de quelques heures aux
meneurs pour prendre tout le paquet en mains. Il leur suffira de
couper quelques nez et oreilles, d'égorger quelques récalcitrants
pour avoir derrière eux des millions d'hommes qu'ils auront tôt fait
d'organiser en unités disciplinées de combat et de pillage. C'est une
guerre de Trente ans à l'échelle continentale qui plane déjà sur
l'Europe et les USA. Les « survivals » américains, qui étaient déjà
environ quatre millions en 84, l'ont compris et s'organisent en
conséquence avec armes, nourritures lyophilisées, semences non
hybridées, entraînement sportif, stages de survie en milieu sauvage,
entraînement aux arts martiaux, tir à l'arc et aux armes à feu.

En Europe nous sommes paralysés par la dictature de la
veulerie et de la capitulation devant l'occupant. Alors que les
autorités ont renoncé depuis longtemps à tout contrôle dans les
quartiers occupés par les allogènes, nos scouts n'ont même plus le
droit de porter leur couteau traditionnel à la ceinture, en vertu d'une
loi d'Août 88. Alors que n'importe quel assassin potentiel peut
s'inscrire dans un club d'arts martiaux et y apprendre vite des prises
et coups mortels, ceci au mépris de la tradition japonaise, le closecombat
est interdit dans l'armée française. Il n'y a aucune chance
que cette dictature de l'abjection fasse machine arrière, nous
connaissons trop bien les meneurs de jeu et leurs buts pour l'espérer.
Nous serons donc contraints de nous préparer comme l'exigent les
conditions qui nous sont faites. À bon entendeur salut !

Les stocks d'armes, de munitions, de nourriture, de semences
non hybridées ne seront qu'un moyen d'agonie prolongée s'ils ne
s'accompagnent pas de la maîtrise d'artisanats élémentaires tels que
forge, menuiserie, filature, tissage, tannerie, ainsi que du jardinage et
de l'agriculture biologiques. Et même ces capacités ne suffiront pas.
Il faut prévoir le jour où les déchets métalliques de la civilisation
industrielle seront épuisés. Le danger est d'autant plus grand que,
pour une humanité réduite en nombre, ils suffiront pendant plusieurs
siècles. Pourtant viendra le jour où ils seront épuisés. Il ne faut donc
pas laisser tomber dans l'oubli la connaissance des minerais et la
fonderie.

Mais les déterminants les plus fondamentaux sont spirituels. Le
danger couru par les « Survivals » américains est plus grave que
celui qui plane sur nous. L'ampleur de notre vision de l'aventure
humaine nous met à l'abri de ces contradictions internes que le
Bouddha et Jésus ont montrées comme mortelles ( Il est dans la
nature de ce qui est composite de se décomposer - Toute maison
divisée contre elle-même périra ). Nous ne courons que des dangers
extérieurs : atomisation de l'Europe, extermination par une dictature
islamique ou judaïque. En revanche, nous sommes en mesure de ne
pas véhiculer dans l'avenir les doctrines pathologiques explicites ou
implicites qui ont conduit l'Europe à sa ruine à travers dix-sept siècles
de domination judéo-chrétienne. Mais chez les « Survivals » le ver
est dans le fruit. Leur vision du présent, leurs sentiments, leurs
comportements sont aux antipodes du christianisme ; mais leurs
références restent chrétiennes et cela suffit pour qu'un jour éclate la
contradiction. Lorsque l'évêque d'Einsiedeln et Charles Maurras ont
prononcé les phrases que nous avons déjà deux fois citées, ils ont
signé le constat de mort de leur société. Si les « Survivals » ont une
lointaine descendance, elle périra un jour de la prise de conscience
de ses contradictions.

Définir notre culture de manière pure et dure est donc le plus
indispensable viatique pour nos descendants. Évanouies les
foutaises paradisiaques et infernales, il nous faut accéder à une
perception de la vie indestructible, éternelle, dépendante de nos
choix et engagements, intimement liée à notre unique et totale
responsabilité. Quiconque n'accède pas à cette conscience et au
comportement qu'elle commande ne peut se dire nietzschéen. La vie
n'a jamais fait beaucoup de cadeaux ; maintenant Dieu est mort et
elle n'en fera plus du tout.

Avant de passer à un exposé plus puissant du message
nietzschéen, je dois évoquer un très grave problème de survie, celui
de la langue. Dans son ouvrage les Existences immatérielles, jugé
par lui si important qu'il l'a écrit en français et allemand, Gobineau
démontre que les langues sont des entités spirituelles vivantes qui
naissent, s'épanouissent et meurent. Toutes nos langues nationales
sont mourantes : mourantes d'oubli des concepts fondamentaux, des
relations conceptuelles même là où ces relations crèvent les yeux,
comme dans la plupart des mots de la langue allemande, mourantes
d'évolution sémantique aussi galopante qu'anarchique, mourantes de
mélanges, d'appauvrissement, d'illogismes, de tout ce que j'appelle «
le naufrage du Logos » dans le Message du Verseau. Or les mots
sont pour la pensée ce que les vases sont pour les liquides : sans
eux, la pensée reste impuissante, balbutiante, imprécise. L'absence
d'une langue riche est une Wechselwirkung ( cause-effet ) de la
décadence intellectuelle. À travers les développements de la survie
dans le chaos, nos enfants n'auront pas la possibilité d'apprendre les
langues actuelles, même leur langue maternelle, de manière
suffisante pour éviter une dégénérescence intellectuelle. Le recul des
capacités d'élocution et d'expression écrite à travers le tohu-bohu de
la civilisation industrielle est déjà catastrophique et ne concerne pas
seulement la France ; malgré la riche simplicité de sa langue, le
peuple allemand est sur ce point aussi malade que nous.

Et comment les survivants des diverses nations européennes (
s'il y en a ... ) se comprendraient-ils entre eux dans l'avenir ? Cela
n'aura peut-être pas d'importance dans un premier temps, car les
groupes de survivants seront très dispersés et ne se connaîtront pas
entre eux. Mais cela peut devenir tragique dans les siècles à venir et
permettre des guerres fratricides comme celles que nous
connaissons depuis au moins trois millénaires et qui ont fait le jeu de
nos pires ennemis.
Vues de l'esprit ? Non, messieurs.

Ceux qui lisent clairement l'heure à la pendule de l'histoire
savent que le nombre de ceux qui sont dignes et capables de
survivre est investi d'UNE TOTALE RESPONSABILITÉ ENVERS
L'AVENIR ILLIMITÉ. L'AVENIR SERA NIETZSCHÉEN OU NE SERA
PAS. Tant qu'on n'a pas compris cela, on n'a rien compris d'essentiel.
Ces précisions apportées, parlons concret. Le chaos
linguistique croissant depuis trois millénaires a conduit un juif de
bonne volonté ( rare, mais çà existe ) à créer l'espéranto. L'intention
est louable, le résultat discutable. L'espéranto reste trop difficile et
complexe pour atteindre son but. Le résultat prévisible est confirmé
par le résultat concret : un échec mondial, même dans les pays
promoteurs comme ceux d'URSS. La raison en est simple :
l'espéranto reste trop difficile, trop entaché de complications inutiles,
bien que trop imprécis.

C'est pourquoi j'ai jeté les bases de l'Europo, aussi
révolutionnairement simple dans le domaine linguistique que le
système métrique l'a été dans le domaine des poids et mesures.
L'Europo n'a pas la prétention de devenir universel, mais européen
parce que conçu sur des racines européennes, un phonétisme et un
symbolisme européens. La grammaire est sans exceptions. On peut
en un mois en acquérir au moins cina cents mots-concepts, ce qui
est plus que le vocabulaire moyen actuel dans les langues
maternelles des Européens. Le symbolisme phonétique permet d'une
part richesse et précision supérieures et exclut d'autre part des
divergences dans le foisonnement futur. J'ai voulu créer la langue de
ce « pays de nos enfants » cher à Nietzsche-Zarathoustra.
POUR LE PAYS DE NOS ENFANTS TOUT EST A CRÉER, Y
COMPRIS SA LANGUE, CAR TOUTE LANGUE CONTIENT UNE
VISION IMPLICITE.

L'étude des langues ancestrales ( celtiques, germaniques,
slaves, baltes, basques ) peut être éclairante sur les visions du
monde et de la vie qui les sous-tendent. Mais aucune langue
archaïque ne peut émettre la prétention de devenir la langue des
Aryens de l'avenir, car ceux-ci ne seront pas ceux du passé.
L'archéologie linguistique, si elle sort du domaine de la résurrection
culturelle ( vision du monde et de la vie dans la mesure où elles nous
restent adéquates ) ne peut être qu'un facteur de divisions et de
discussions stériles. La langue du « pays de nos enfants », de l'ère
nietzschéenne, ne peut être que nouvelle et créée que par des
nietzschéens.
Venons-en donc à l'essentiel.



Adéquation et opportunité du message de Nietzsche
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On pourra non sans raisons m'accuser de rabâchage, mais je
sais que le rabâchage est souvent nécessaire, car les prises de
conscience sont des oiseaux fugitifs, surtout lorsqu'elles sont
inconfortables.

Quelles choses sont mortes ? Pourquoi ne pouvons-nous
espérer une guérison du monde actuel ?
Le christianisme est mort ; mort tout ce qu'il avait, malgré ses
docteurs, glané de positif chez les peuples d'Europe ; mortes les
terreurs de l'enfer par lesquelles il réduisait les esprits en esclavage ;
mortes les références à des formes artistiques qui n'ont jamais été
les siennes, à ces églises romanes et gothiques que le clergé a
laissé tomber en ruines et vendre à l'encan au XIXe siècle après
avoir déposé au Moyen-Âge plus de deux cents demandes de
dissolution des corporations de leurs bâtisseurs auprès des rois de
France ; mortes les équivoques grâce auxquelles les Églises jouaient
leur rôle politique. Il n'y a pas eu qu'un évêque et Charles Maurras
pour prononcer les gaffes majeures ; le général de Gaulle allait
ostensiblement à la messe, mais écrivit pourtant dans son livre Au fil
de l'épée, à une époque où il ne pensait nullement à une liquidation
de l'Empire français : « Le christianisme ne conduit pas à l'Empire. ».

J'ai évoqué souvent ces preuves sémantiques de la duplicité
chrétienne : malin signifie « apte à faire le mal », mais a pris le sens
de « intelligent » ; innocent signifie « incapable de nuire », mais a pris
le sens de « débile mental » ; benêt signifie « bienfaisant », mais a
pris le sens de « idiot » ; et le peuple dit : « bête et bon commencent
par la même lettre ». Le divorce entre nos valeurs théoriques et nos
valeurs réelles est donc évident et ... toute maison divisée contre ellemême
périra.

Officiellement exclues du pouvoir politique qui permettait lors
de cérémonies officielles fastueuses d'impressionner le peuple et de
maintenir un semblant de valeurs culturelles, les Églises chrétiennes
ont cru habile de s'adapter au nouveau pouvoir qui est économique
et financier. Les puritains sont la plus forte puissance financière du
monde, devançant de peu le Vatican qui devance lui-même de peu le
lobby juif. Mais la domination financière est anonyme et doit renoncer
par là à une base culturelle. Elle ne peut être que « l'idole
monstrueuse accroupie au fond de son tabernacle » selon
l'expression d'Émile Zola. Certes, la banque du Saint-Esprit ne date
pas de l'ère capitaliste. Mais l'engagement massif des Églises dans le
jeu financier a tué les derniers vestiges de crédibilité des hiérarchies
chrétiennes. Nous avons connu l'argent du Vatican investi dans des
bordels romains, les couvents tunisiens trafiquants de Deutschmarks
pendant la grande spéculation de 68, les jésuites compromis dans
des trafics de capitaux avec une juive commanditaire de l'assassinat
de son gendre, les moines et le chant grégorien marchands de
fromage, de pinard ou de crème à raser, Jésus marchand de
pantalons pour fesses-pommes de nanas provocantes. Et toute cette
désacralisation galopante n'a pas provoqué une seule protestation de
prêtre ou de prélat. Il faut vivre avec son temps ... après les
cathédrales à l'encan, au diable le chant grégorien !

Au XIXe siècle, Nietzsche prévenait déjà ses contemporains
contre l'illusion que pouvait donner le cadavre chrétien et écrivait
dans le Gai savoir : « Bouddha mort, on montra encore pendant cinq
cents ans son ombre dans la caverne. ». Et Dostoïevski partant pour
Paris déclarait : « Je sais que je n'y trouverai que des ruines ; mais il
me plaît d'aller pleurer sur ce qui a été. ».

Nous savons aussi bien que les marxistes que la roue de
l'histoire ne tourne pas à l'envers. C'est pourquoi nous, nietzschéens,
nous distançons de toutes les tentatives de résurrection païenne de
type archaïque. Nous ne refusons pas de prendre connaissance des
visions du monde et de la vie de nos lointains ancêtres, de retrouver
en elles la conscience de notre plus profonde identité et des
distorsions que la domination orientale lui a fait subir ; mais nous
nous fondons avant tout sur les plus récentes découvertes de la
science et sur Nietzsche. En révélant la sensibilité des plantes aux
sentiments humains et à la musique, leur capacité de communiquer
entre elles par les parfums, en révélant aussi les interdépendances
de champs magnétiques, la biophysique a fait un pas gigantesque en
direction du paganisme. Le jour n'est peut-être pas loin où la science
étendra considérablement sa connaissance des interdépendances :
la notion déjà évoquée de Wechselwirkung va dans ce sens. Nous
comprendrons alors pourquoi nos ancêtres associaient à chacune de
leurs divinités un astre, une gemme, des plantes et des animaux. Et
nous découvrirons peut-être aussi leurs moyens d'accès à leurs
connaissances. Nous retrouverons la perception de l'âme des arbres
et saurons utiliser non seulement leurs fruits, leurs feuilles et leurs
racines, mais aussi leurs effluves.

La science survivra-t-elle aux catastrophes qui planent sur nos
têtes ? Il est difficile de l'affirmer, mais ce serait infiniment
souhaitable.

Il est probable qu'elle faciliterait grandement à nos descendants
le retour à une vie agréable et la remise en ordre de la planète.
Gardons-nous de jeter les conquêtes de la science et de la technique
aux orties sans discernement ! C'est leur usage anarchique,
mercantile, c'est la négation chrétienne du caractère animé de tout ce
qui est dans la nature qui sont responsables des catastrophes
écologiques, non la science elle-même qui a été longtemps une
grande persécutée, qui le reste encore puisque la collusion des
doctrines du désert ( judaïsme, christianisme, islam, marxisme ) rend
aux savants impossible la publication des résultats de leurs
recherches analytiques, expérimentales ou statistiques lorsque ces
conclusions sont racistes.

Quelles sont l'adéquation et l'opportunité du message
nietzschéen en cette phase de l'histoire liquidatrice d'illusions et de
décadences ? Et d'abord quelle en est la teneur ? Nietzsche n'est
pas incompris parce qu'il est trop difficile, mais parce qu'il est trop
simple pour nos esprits de tordus : « Mon langage est le langage du
peuple. Je parle trop grossièrement et trop sincèrement pour les
timorés. Et mes paroles sonnent encore plus étrangement pour les
poissons d'encrier et tous les plumitifs. ». Le message de Nietzsche
ne peut être pleinement compris que par des hommes capables
d'agir et décidés à le faire. Il. n'est pas une proposition, mais une
exhortation. Il n'est pas une flatterie, mais un soc de charrue qui nous
laboure les tripes et l'âme et nous plante de force devant notre réalité
et les réalités de notre époque. On peut le refuser, mais on ne peut
pas le réfuter. En fait, on pourrait le résumer en trois mots : « Marche
ou crève ! »

Brutalité ? Nietzsche ne crée pas les conditions de notre heure
historique, il nous les montre. Et il nous montre aussi que nous les
avons voulues en nous apprenant à « vouloir en arrière ». Les
puissances créatrices sont des apprenties et sans les monstres du
tertiaire nous ne serions pas parvenus aux gracieux animaux du
quaternaire. Mais il est absurde que le « potier maladroit » ( le Dieu
judéo-chrétien ) se mette en colère contre les pots qu'il a lui-même
ratés ! À l'heure historique de la « mort de Dieu », Nietzsche nous fait
prendre conscience que nous sommes tout : l'illusion voulue du
Multiple pour l'Un, et l'illusion voulue de l'Un pour le Multiple, le
dragon venimeux de la masse encanaillée aussi bien que le Siegfried
qui doit en venir à bout, car « le Surhomme aura besoin du
Surdragon pour se réaliser ». Et même Zarathoustra ne trouvera la
paix qu'après avoir vaincu non seulement le « mal », chose
relativement facile, mais aussi la bassesse en prenant conscience de
sa nécessité. Pourtant nous ne devons pas commettre l'erreur fatale
de nous opposer à la disparition de ce qui doit disparaître : « Ô mes
frères, serais-je donc cruel ? Pourtant je vous le dis : ce qui veut
tomber, il ne faut pas le retenir, il faut au contraire le pousser. ».

Concrètement, cela signifie que nous n'avons pas une once de
notre force à gaspiller pour tenter l'impossible salut de la société
judéo-chrétienne en train de crever de ses contradictions, de ses
lâchetés, de ses haines malsaines camouflées en fraternité
universelle, de ses myopies volontaires face aux destructions de la
biosphère et de la race blanche. Nous n'avons qu'un seul devoir :
survivre aussi nombreux que possible et poser les fondements d'une
nouvelle culture pour nos enfants et les millénaires à venir.

De toutes façons nous n'avons pas d'autre choix, car nos
ennemis ne nous en laissent pas d'autre. Tout ce que nous tenterions
pour provoquer une remise en cause in extremis des poisons et des
lâchetés qui mènent la planète et l'espèce humaine aux abîmes de la
pollution irréversible et de la folie aurait pour seul effet des mesures
encore plus coercitives contre la liberté de pensée, des arrestations
plus nombreuses et un matraquage médiatique intensifié des
doctrines porteuses de mort.

Les prophètes ont raison contre la veulerie de leur temps.
Jésus a eu raison de s'écrier : « Laisse les morts enterrer les morts et
suis-moi. », et Nietzsche-Zarathoustra a raison de nous dire : « Le
monde est plein de ceux à qui il faut prêcher la mort. ». Vues sous
cette perspective, les doctrines du désert sont les virus chargés de
détruire une engeance humaine devenue pléthorique et dangereuse
pour la biosphère. Les curés et évêques qui marient des
homosexuels oeuvrent dans ce sens. Les ministres qui refusent de
prendre des mesures efficaces contre le SIDA oeuvrent aussi dans ce
sens, ainsi que les politiciens qui créent les conditions d'une guerre
civile mondiale.

Il y a des degrés de stupidité et d'avilissement qui ne vont pas
sans une complicité des concernés et méritent la mort. Une société
devenue trop lâche pour défendre ses enfants contre le racket et les
réseaux de la drogue, dont la majorité des membres est trop lâche
pour intervenir en cas de viol public, qui laisse détruire par ses
gouvernants l'élément le plus universellement reconnu de la dignité
humaine, le droit de légitime défense qu'aucun tyran, aucun dictateur
n'a osé remettre en cause, dont les autorités capitulent devant des
minorités fanatiques et interdisent « pour ne pas troubler l'ordre
public » des réunions ou des spectacles au lieu d'oser défendre la
liberté légale, mérite la mort et n'a plus que la mort à avaler.

Depuis un demi-siècle nous assistons à une cascade de
réformes scolaires qui ont en commun d'être chacune un pas
supplémentaire dans le chaos. On peut parier sans le moindre risque
que toutes celles qui vont suivre seront de la même eau. Le cynisme
dans la lâcheté avec lequel le ministre concerné et de hauts
magistrats se sont déchargés de leur responsabilité sur le lampiste il
y a quelques années dans l'affaire des tchadors à l'école donne la
mesure de ce qu'on peut attendre des autorités. Devant un tel
étalage de capitulations, comment s'étonner que les enfants aient
perdu tout respect des adultes et que 44% des enseignants du
second degré aient subi des voies de fait de la part d'élèves ou de
leurs parents ? Ce manque de respect est même positif et rassurant,
car il montre que les enfants ont l'instinct de traiter la veulerie comme
elle le mérite. Le tragique est que, confrontés au nihilisme des
adultes, ils ne trouvent d'issue que dans la drogue ou ses
équivalents.

Les réalisations prodigieuses de l'astronautique transposées en
films de science-fiction n'enthousiasment les enfants que jusqu'à la
puberté, laquelle survient actuellement anormalement tôt, accélérée
qu'elle se trouve par le déluge d'érotisme spectaculaire et publicitaire.
Passé ce cap, les jeunes savent que l'astronautique n'est pas une
solution aux problèmes immédiats de pollution, de surpopulation, de
chômage. Ils sont attaqués dès l'école par les réseaux de la drogue
et subissent souvent le racket. Leur goût, leur idée d'eux-mêmes sont
traumatisés systématiquement par un goût de l'horrible et du
répugnant qu'on leur impose par des films comme E.T., par les
crados, par des affiches comme certaines de la SNCF où ils sont
représentés sous des traits hideux, vulgaires et ridicules. Nous
savons parfaitement que cette destruction, cette pathologie imposées
à travers l'image et la musique sont programmées ; nous savons par
qui et dans quel but. Le journal « Libération », avec lequel nous
n'avons pourtant rien de commun, a consacré il y a plus d'un an un
long article à un personnage qu'il appelait « le jardinier secret du
paysage médiatique », et ce personnage était ... ce que nous savions
!
Les enfants ne sont pas une marchandise et ne rapportent rien
; c'est pourquoi ils ne trouvent pas de défenseurs contre les douches
médiatiques pathogènes. La musique de Mozart, de Verdi, de
Strauss, c'est bon pour les vaches laitières et les plantes en serre,
car le lait et les tomates, çà se vend !
Pauvres enfants trahis ! Nous ne voudrions pas vous
abandonner, mais nous ne pouvons rien, et nous savons que la
crapulocratie ne lâchera pas prise. Combien d'entre vous trouverontils
le chemin de la liberté et s'écrieront-ils un jour avec Nietzsche : «
Que mes enfants me fassent pardonner d'être le fils de mes pères ! »
La grandeur d’âme et d’esprit, seule à la mesure des problèmes
présents

Je vous ai évoqué les dangers qui planent sur nos têtes, les
filets aussi indéchirables qu'invisibles dans lesquels nous sommes
prisonniers, la destruction de la liberté et de la tolérance par les
braillards de la liberté et de la tolérance, la corruption, la lâcheté et
l'imbécillité qui gangrènent toutes les hiérarchies visibles ou
invisibles.

Mais le pire des dangers est en vous : c'est votre inhibition face
à tout ce qui est grand. Vous dénoncez tout ce que je dénonce, mais
vous restez souvent prisonniers du faux réalisme contemporain, de
ce « réalisme » fabricant d'infarctus, d'ulcères à l'estomac, de
cancers, de démissions familiales. Je sais qu'on n'échappe jamais
totalement à son siècle et je conseille de conserver une activité
rémunérée ou rentable pour ne pas risquer d'avoir à traverser des
périodes de dénuement. Nous ne sommes pas en mesure de tout
produire et il nous faut bien acheter. Outre ces obligations, reste le
fait que nous avons le devoir de confronter nos enfants à toutes les
turpitudes du monde actuel. Leur santé de corps et d'esprit doit être
basée sur leurs propres refus du pathologique, sur leurs propres
choix, non sur des cordons sanitaires impossibles à maintenir
étanches. Faute de choix personnels, ils resteraient fragiles,
immatures à la fois à l'échelle de leur vie personnelle et à l'échelle de
l'histoire.

Mais les inévitables compromissions avec le monde assumées,
nous devons avoir l'audace de redevenir ce qu'ont été tous les
humains créateurs ou mainteneurs de cultures : des êtres percevant
le sacré, y trouvant leur bonheur et leur quiétude, y conformant tous
leurs actes, tous leurs projets personnels ou collectifs. Au-dessous
de ce niveau, il n'y a pas d'écologie stable, tout au plus une vue à
court terme des pathologies prévisibles pour l'environnement et ceux
qui en vivent.




La grandeur d'âme et d'esprit fait la puissance créatrice et la pérennité d'une culture.
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Si l'Égypte a traversé plus de trois millénaires
d'avatars et nous fascine encore, c'est parce qu'elle témoigne par ses
oeuvres titanesques de motivations qui ne pouvaient résider que dans
les relations spirituelles des hommes avec un environnement
géographique et un cosmos immédiatement connus comme animés.
C'est ce mode de rapports et de comportements que nous pouvons
et devons retrouver. Et pour cela il ne suffit pas de connaissances
acquises par le canal de la science. Celle-ci doit être pour nous un
garde-fou, un moyen de contrôle, une voie de découverte, mais non
la seule voie.

Nous devons acquérir l'audace tranquille que donnent les certitudes
solidement fondées. La liberté n'est pas seulement le refus intime de
toutes les pathologies contemporaines ; c'est aussi l'audace de
proférer en public et le plus paisiblement du monde des opinions
actuellement scandaleuses. C'est ne pas se gêner pour proclamer
que l'art moderne est un fatras de déjections des coliques nihilistes,
une agression de tartineurs de fiente qui appellent au secours, même
quand ils griffent et mordent la main qu'on leur tend. C'est oser railler
les admirateurs de Picasso et de Salvator Dali et leur faire remarquer
que leurs idoles ont eu au moins le panache d'écrire noir sur blanc
qu'ils se foutaient des imbéciles qui gobaient leurs pitreries. C'est
oser dire qu'on aime la musique saine, les arts plastiques
traditionnels, la poésie de rime, de rythme et d'allitération, c'est
affirmer que le « figuratif » n'est pas que figuratif, mais révélateur de
la noblesse du vivant et du métaphysique dans le concret.
Nietzsche nous avertit du degré de liberté auquel nous pouvons
et devons nous élever pour devenir enthousiastes de son message (
rappelons ici que le mot enthousiasme signifie possession par l'esprit
) : « Où donc est l'éclair qui doit vous lécher de sa langue ? Où donc
est la folie qu'il faut vous inoculer ? Voici, je vous enseigne le
Surhomme ; il est cet éclair, il est cette folie. ».

Un peu plus loin il ajoute : « J'aime tous ceux qui sont comme
de lourdes gouttes tombant une à une du sombre nuage suspendu
au-dessus des hommes. Ils annoncent la venue de l'éclair et
s'écrasent en annonciateurs. Voici, je suis un annonciateur de l'éclair
et une lourde goutte tombant de ce nuage. Et l'éclair que j'annonce
s'appelle Surhomme. ».

On se tromperait lourdement en ne voyant dans de telles
phrases, semblables à des milliers d'autres chez Nietzsche, que de
simples figures de style poétique. Il nous décrit de manière réitérée
les enthousiasmes dont il faisait l'objet. La plus connue de ses
relations dans ce domaine est une lettre à son amie Malvida von
Meysenbug :
« Auf einmal, Freundin, wurde eins zu zwei, und Zarathoustra
ging an mir vorbei ».
( Soudain, amie, l'un se fit deux, et Zarathoustra passa devant
moi. )

Je ne demande à personne un acte de foi ; je demande
seulement à chacun de prendre le temps de bien lire Nietzsche. Le
prologue de Zarathoustra est d'une telle densité qu'un être doué pour
la perception religieuse pourrait presque se contenter de ces dix-huit
pages. Quiconque sort de sa peau de bourgeois parvient vite au
sentiment d'être confronté à une prophétie, à un message à la
hauteur des plus hautes phrases des fondateurs de religion et des
sages les plus universellement reconnus. Prophétie aussi parce qu'il
s'agit bien d'une prévision de l'avenir, au moins de ses plus hautes
possibilités à partir des potentialités tant négatives que positives du
présent.

Curieusement, les fulgurantes critiques de sa « philosophie à
coups de marteau » passent beaucoup mieux que ses incitations
positives. Pourtant les discours sur le fou écumant et sur le chien de
feu sont clairs : nos refus viennent de l'amour, non du mépris et de la
haine. Les plis de la bouche de Zarathoustra ne sont marqués
d'aucun dégoût. Si le prophète connaît pourtant les assauts du
nihilisme, notamment par le devin et l'enchanteur, s'il nous prêche
l'heure du grand dégoût comme notre heure la plus haute, c'est pour
accélérer nos expériences personnelles et nous enseigner comment
nous arracher à nos marécages. Car il est le moissonneur impatient
qui se promène dans le champ de blé mûr et cherche les cent
faucilles.

L'essentiel du message est de nous doter d'une immense
conscience historique qui embrasse toute notre évolution ; l'immense
panorama sur le passé nous ouvre un panorama tout aussi immense
sur l'avenir. Nous n'avons pas le droit de nous contenter de notre
condition d'hommes, car « l'homme est une chose qui doit être
surmontée ». Il n'y a là aucun orgueil, mais la conscience aiguë de la
bassesse humaine en train de submerger ce qui est beau et noble.
Que dirait Nietzsche face à la biosphère ravagée et défigurée ? Il
l'avait pressenti lorsqu'il écrivit dans le Gai savoir : « La terre a une
maladie de peau ; cette maladie s'appelle l'homme. ». Il a prévu de
même l'accélération catastrophique de la déchéance, la dictature de
la canaille.

Mais il nous montre que le mouvement n'est pas à sens unique.
Les puissances d'autodestruction du dernier homme sont là pour
faire place à une nouvelle phase de l'évolution. C'est pourquoi « ce
qui veut tomber, il ne faut pas le retenir ; il faut au contraire le
pousser ». Pour ce jeu, il faut une vision précise de ce qu'on veut
créer, une rupture impitoyable avec le passé. Les marxistes chantent
: « ... du passé faisons table rase ... », mais ils n'ont même pas été
capables de se débarrasser du calendrier chrétien et de faire une
mise à jour cosmologique dans leur manière de compter le temps. La
table rase de Nietzsche est bien plus radicale. Elle dépasse toutes
les révolutions et même toutes les fondations religieuses de l'âge
historique. Il faut aller chercher cinquante mille ans en arrière, jusqu'à
la mutation qui a donné les types du Nordique, de l'homme de Cro-
Magnon et de Solutré, pour trouver un événement comparable à la
révolution nietzschéenne. Encore reste-t-il une importante différence :
les mutations du passé ont résulté de facteurs autres que la volonté
et les agissements de l'homme, de ce qu'on pourrait appeler
providence, plan divin ou programmation de l'évolution naturelle.

Mais « Dieu est mort. » ; les mutations futures n'auront lieu que si
nous les voulons et leur préparons le terrain. Il y a là un problème de
prise en mains de soi-même, d'eugénisme, d'amélioration de
l'environnement, d'éducation, de créations culturelles. Peut-être les
manipulations génétiques seront un jour un facteur d'évolution
ascendante. Pourtant il est douteux que l'on parvienne à faire mieux
que la sélection naturelle opérée par la rivalité et la course des
spermatozoïdes lors de la fécondation et plus tard par la lutte des
organismes contre les maladies et agressions du milieu.

Que sera le Surhomme s'il voit le jour ? Disons d'abord que lui
non plus ne sera pas le point final de l'évolution. Tout être vivant est
biodégradable et il connaîtra un jour sa décadence et sa disparition.
Il connaîtra sans doute des améliorations sensorielles qui
rapprocheront son ouïe et son odorat de ceux du chien, sa vue de
celle des rapaces. Il aura peut-être sans entraînement spécial la
maîtrise de ses muscles lisses, de ses organes internes, pouvant
ainsi commander à son coeur, à son appareil digestif, à ses organes
sexuels comme nous commandons à nos membres. Il acquerra peutêtre
automatiquement dans l'enfance l'enregistrement de ses
expériences dans les deux hémisphères cérébraux, ce qui lui
assurera une intelligence double de la nôtre. Il se pourrait aussi que
s'éveillent en lui des facultés de communication avec des plages du
monde vibratoire actuellement imperceptibles à l'homme, que
renaissent des organes qui se sont atrophiés parallèlement au
développement de la rationalité ; je pense notamment à la glande
pinéale et à la base du sternum. Dans les tribus bohémiennes,
guérisseurs et voyantes perdent leurs dons s'ils apprennent à lire ;
pour cette raison, la chose leur est rigoureusement interdite. Nous
pouvons à l'envi laisser vagabonder notre imagination ; cela ne nuit à
personne et, de toutes façons, le Surhomme apportera de l'imprévu.
L'essentiel est que nous voulions sa venue dans un grand élan de foi,
même si cette venue fait des simples humains qui en seront les
témoins des êtres de second ordre.

« Le Surhomme est le sens de la terre. Que votre volonté dise :
le Surhomme doit être le sens de la terre. ». Cette phrase n'est pas
isolée : « Ce qu'il y a de grand dans l'homme, c'est qu'il est un pont et
non un but. Ce qu'on peut aimer en lui, c'est qu'il est un passage et
un effacement. ». Les discours trois et quatre du prologue sont sur ce
point à relire en entier.

Robert Dun est un vieux fou, un mystique qui vous fait
chevaucher des nuages ... Ainsi pensez-vous peut-être ? Mais
qu'auriez-vous répondu il y a quarante ans à quelqu'un qui vous
aurait dit que la seconde moitié du siècle donnerait des hommes
partant pour la Lune ? Des engins allant se satelliser autour de Mars,
de Vénus, de Jupiter, de Saturne et transmettre photos et données
de toutes sortes en direct de ces planètes ? Vous n'auriez sans doute
même pas tenté de comprendre ses explications, tant ses vues vous
auraient semblé folles. Si l'on prend en compte le fait qu'il ne doit pas
y avoir sur terre cinq cent mille humains, soit un dix-millième de la
population, capables de comprendre les rudiments de l'astronautique,
on peut continuer à douter de la venue du Surhomme, mais il est
difficile de contester qu'il est en train de devenir une nécessité.
Depuis Nietzsche sont apparus l'automobile, l'avion, la radio, le
cinéma, la télévision, le radar, la fission de l'atome et l'astronautique.
En moins d'un siècle cela fait beaucoup et témoigne d'une formidable
accélération de l'histoire. Un tel monde n'est pas un monde pour
pense-petit. Or ce sont des pense-petit qui dominent la planète : des
maffias invisibles de pense-petit du type gros malin manipulant des
milliards de pense-petit plus ou moins stupides. Le résultat en est
une biosphère au bord de la destruction.

Il est révélateur que même les écologistes les plus engagés ne
se montrent pas capables d'aller au fond du problème : la perte du
sens de la sacralité et l'interdépendance de tout ce qui est. Ils misent
sur la peur de l'apocalypse industrielle parce qu'ils ne peuvent pas
miser sur un amour de la nature qui a chez la plupart disparu. Qui,
même chez les écologistes, évite de cueillir une fleur ou de la piétiner
inutilement ? Tant que les drames de l'écologie ne seront pas perçus
à ce niveau ( et ce n'est pas demain la veille ! ), nous irons de fausse
solution en fausse solution, creuserons des trous pour en boucher
d'autres, mais nous ne résoudrons rien. Il est d'ailleurs absolument
certain qu'il n'y a pas de solution sur une terre encombrée de cinq
milliards de bipèdes.

Nous savons ce qui nous attend ... « Gardez-vous de vous émouvoir,
car il faut que ces choses se passent. ». Le conseil n'est pas de
Nietzsche, mais du Galiléen.
Qui pourrait traverser les prochaines tourmentes sans être
porté par une immense espérance ? « Tous les dieux sont morts.
Que le Surhomme vive ! Et que ceci soit, au Grand Midi, notre
suprême volonté. »



Le plus récent ouragan de l’esprit qui souffle où il veut et ses promesses
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On fait une mauvaise querelle à un prophète en cherchant à
trouver dans ses oeuvres des contradictions ou à lui opposer des
démentis de l'histoire. En annonçant la grande tribulation et en
ajoutant : « Cette génération ne passera point avant que ces choses
ne se passent. », Jésus ne s'est pas complètement trompé. Les
potentialités de catastrophes étaient bien présentes. La grande
tribulation a bien eu lieu peu après pour Jérusalem et à plusieurs
reprises pendant les cinq siècles suivants dans l'Empire romain et
même dans toute l'Europe. L'horizon de Jésus n'allait pas plus loin.

En revanche, les prophètes se trompent en énonçant des doctrines
contraires aux réalités concrètes ou aux lois de la nature. Mais de
telles erreurs ne sont pas des raisons suffisantes pour les rejeter en
bloc et les considérer comme des fous.

Si nous voulons comprendre le phénomène prophétique, nous
devons y regarder de près et d'abord regarder en nous. Je ne pense
ici nullement aux irruptions irrationnelles de prescience annonçant
morts ou événements importants. Ces irruptions existent, depuis
l'intuition imprécise jusqu'au message violent et tragique. Mais cela
n'a rien à voir avec le prophétisme, avec l'enthousiasme et reste au
niveau de la médiumnité.

L'enthousiasme est très différent. Sa potentialité plane presque
constamment sur la plupart des humains de type dit rêveur, bien que
l'enthousiasme n'ait rien de commun avec le rêve. C'est une seconde
conscience à laquelle le prédisposé a souvent à la fois la tentation et
la crainte de s'abandonner : la tentation parce qu'elle lui apporte une
gigantesque amplification de son identité, la crainte parce qu'elle
l'oblige à faire fi de son confort égoïste, de sa quiétude et même de
sa sécurité. Cette amplification de l'identité confronte le sujet à une
vision globale de potentialités par une sorte de fusion avec le monde
de l'objet. Et il est risqué de dire si une conscience extérieure
enveloppe et pénètre l'individu, se confond avec sa conscience
banale, ou si cette conscience banale s'amplifie et engendre un
second moi perçu souvent comme extérieur, comme le Dieu ou
l'ange qui dicte la révélation. En tout cas, il y a bel et bien
dédoublement de la personnalité. Dans les Versets sataniques,
Salman Rushdie évoque de manière très troublante ce phénomène et
le dilemme de son interprétation. Le témoignage de Nietzsche sur
l'un qui se fait deux et Zarathoustra qui passe devant lui est explicite.
L'irruption de la possession prophétique chez un individu est un
drame grave qu'Alfred de Vigny a évoqué dans son poème « Moïse
». Cette irruption est le début d'une voie de sacrifice du moi inférieur
aux exigences d'un message toujours refusé par les humains.

Le cas de Nietzsche est particulièrement tragique. Il a eu certes
des admirateurs dispersés, quelques disciples même. Mais il n'a pas
réussi à grouper des hommes et des femmes décidés à rester après
lui les dépositaires de son message et de son projet, à s'engager
dans la préparation de la mutation surhumaine. Or on peut dire sans
exagérer : « Tout le reste est littérature. ». Nietzsche n'a pas écrit
pour être discuté, mais pour être vécu. Lorsqu'il a senti la victoire
inexorable de la maladie qui le rongeait depuis des années, il a écrit
aux grands du monde et tenté de les arracher à leur médiocrité. Folie
certes, mais folie compréhensible quand on a mesuré à quelles
tensions il a été soumis. L'instrument a fini par craquer sous le
souffle. Le prophète s'est effondré définitivement devant l'odieux
spectacle d'une brute épaisse rouant de coups un cheval exténué ;
ce fut sa dernière manière de nous dire que « l'homme est une chose
qui doit être surmontée ».

Ce qui du vivant de Nietzsche demandait un haut niveau de
spiritualité pour être compris, ou seulement appréhendé, est devenu
un faisceau d'évidences que le commandant Cousteau exprime en
nous disant qu'il n'existe plus d'espérance rationnellement fondée
d'une survie de l'espèce humaine. Encore ne fait-il pas entrer en
compte les facteurs d'effondrement culturel. Or depuis cinquante ans
nous assistons au jeu de massacre de l'enfance par des adultes
composés de parents et d'éducateurs qui se rejettent la
responsabilité de la catastrophe scolaire et des problèmes de la
jeunesse. Mettons-les d'accord : démission générale des adultes par
chaos mental et culturel, références à des valeurs auxquelles plus
personne ne croit, au premier chef ceux qui les invoquent, ou
négation de ces valeurs qui, même honnête, reste incapable de
proposer des valeurs de remplacement. À ce nihilisme s'ajoute
l'agression omniprésente de la pathologie.

Les valeurs de remplacement c'est Nietzsche qui les propose,
l'inspiré que tout le monde se refuse à aborder, en dépit de son
extrême simplicité, parce qu'il bouscule toutes les illusions, tous les
conforts, toutes les vanités.*

La promesse nietzschéenne est facile à comprendre : nous
avons accompli « le chemin du ver jusqu'à l'homme », langage
darwinien pour évoquer l'évolution depuis l'amibe jusqu'à nous. Nous
ne sommes pas le point final de l'évolution et devons encore moins
devenir « le reflux de cette grande marée ». Ce que nous sommes,
l'homme, « est une chose qui doit être surmontée ». Pour la
surmonter, il nous faut d'abord le courage de nous voir tels que nous
sommes, subir cette « épreuve du miroir » bâclée dans les initiations
caricaturales des sociétés pseudo-initiatiques contemporaines. Le
miroir peut être utile, à condition d'avoir le courage d'en lire les
révélations. La chose faite, nous traversons alors « l'heure du grand
dégoût ». Alors seulement nous mûrissons pour le sacrifice de nousmêmes
à la venue d'un être plus haut. Mais Dieu est mort et cet être
ne nous sera pas donné en cadeau. À nous de le créer, à nous de lui
préparer « la terre, l'animal et la plante ».

L'amour embrasé du Surhomme n'a rien à voir avec cette
fraternité universelle qui cache de plus en plus mal ses arrière-plans
de faiblesse, de lâcheté et de haine des êtres de bonne venue.
Tout cela, amis, vous le savez. Etes-vous prêts à le concrétiser ? Ni
Nietzsche-Zarathoustra, ni moi ne pouvons le faire à votre place.
C'est pourquoi je termine ce chapitre sur une exhortation de cet autre
grand païen que fut Schiller :
« Prenez le divin dans votre volonté et vous le verrez
descendre du trône du monde. ».
La promesse ? Elle ne dépend plus que de vous.




CONCLUSION – EXPLOSION
Me voici au terme de ce livre, sans doute mon dernier. Je
connais trop de tenants et aboutissants de la crapulocratie pour ne
pas en mesurer le caractère suicidaire. Je ne cherche certes pas à
provoquer une révolution. Je ne cherche même pas à allumer la
lanterne d'importantes fractions de la population pour les entraîner
dans une organisation de survie. Ce serait de toutes façons voué à
l'échec. Mais par ailleurs des masses importantes de gens engagées
dans la survie ne manqueraient pas de véhiculer des conceptions
pathogènes de la vie et de la relation sociale, comme nous l'avons
montré à propos des « Survivals » américains, lucides vis-à-vis de
la situation actuelle, mais empêtrés dans la religion responsable de
tout ce qu'ils refusent dans la situation actuelle. La volonté et les
connaissances relatives à la survie ne doivent donc être transmises
qu'à des gens ayant accédé à une solidité sans faille de vision et de
sentiment.

Oui, « le monde est plein de ceux à qui il faut prêcher la mort »
et « ce qui veut tomber, il ne faut pas le retenir, il faut au contraire le
pousser ». Vous pourriez quant à vous dormir en paix, messieurs les
dominateurs de l'ombre, messieurs les carambouilleurs de la finance,
de la politique et de l'appareil médiatique mondialement orchestré.
Nous n'avons pas la moindre tentation de vous disputer votre
troupeau. Nous ne sèmerons donc ni la révolution ni le terrorisme.
Mais je vous connais trop bien pour espérer que notre neutralité,
notre désengagement envers tout ce qui vous intéresse nous mettent
à l'abri de votre haine. Il n'y a pas que les tuberculeux et les
syphilitiques pour avoir la haine de la santé et l'instinct de contaminer
les autres. Drogués et sidaïques sont souvent possédés de la même
forme d'agressivité. En fait, c'est probablement un instinct universel
et commun à toutes les pathologies. La haine des métis envers les
sujets de race pure relève de la même morbidité.

Vous vous savez impuissants à sauver le navire ; mais vous
tenterez quand même de nous contraindre à faire naufrage avec
vous. Les paranoïaques de ce gouvernement économique mondial,
dont nous a récemment parlé monsieur Attali, se savent incapables
de devancer les catastrophes écologiques, car il y faudrait des
mesures qui jetteraient à bas tous leurs édifices économiques et
leurs méthodes de gouvernement par manipulation de l'opinion. Pour
sauver les forêts, il faudrait réduire massivement la production de
papier, donc de journaux périodiques et textes publicitaires. Il faudrait
privilégier les feuillus contre les résineux qui acidifient le sol. Mais la
dominante de résineux dans les plantations s'accroît sans cesse
parce qu'on a fait perdre au paysan sa connaissance ancestrale des
lois de la nature et fait de lui un myope avide de bénéfices à court
terme, un destructeur de fourrés, donc de nidations, un
empoisonneur de sols, cours d'eau et nappes phréatiques.

Pour évacuer l'excès de gaz carbonique, donc l'effet de serre
perturbateur du climat, pour réenrichir l'atmosphère en oxygène et
ozone, il faudrait diminuer massivement la circulation automobile, la
consommation de carburants et d'énergie ; cela implique des
dizaines de millions de chômeurs supplémentaires. Pour rendre un
aspect riant à nos cours d'eau, en finir avec ces infectes décharges
qui envahissent nos campagnes, il faudrait arrêter la fabrication de
toutes les matières plastiques non biodégradables, réserver celles-ci
aux seuls usages où elles sont indispensables, en médecine,
chirurgie, pour les prothèses, plus quelques applications techniques.
De toutes façons, même de telles mesures seraient vaines
sans une politique de régression démographique appliquée d'abord
aux peuples les plus prolifiques et les plus irresponsables envers
leurs enfants.

Ce bref survol des mesures urgentes et indispensables pour gagner
une course de vitesse contre les désastres écologiques devrait suffire
à chacun pour comprendre que de telles mesures ne seront pas
prises et que les désastres sont donc inévitables.
Cela clairement posé, il nous reste à bien nous convaincre que
nos efforts de survie doivent être des plus discrets, je dirais même
clandestins.
Nous savons sur la foi d'analyses historiques et de
constatations actuelles innombrables que les valeurs dites « de
gauche », c'est-à-dire la liberté, la tolérance, l'égalité devant la loi, la
pleine dignité de la femme sont des valeurs essentiellement
aryennes. Il en est de même de la responsabilité envers l'enfant.
Mais nous n'avons le droit ni de le dire, ni de le pratiquer : nous
n'avons pas le droit de former des associations légalement
constituées et qui n'admettraient que des sujets de races aryennes.
Des Bantous, des Zoulous, des Canaques, des Tamouls le
pourraient, bien que ce soit pour eux aussi théoriquement illégal.
Mais pour nous il ne saurait en être question. Monsieur B-H. Lévy
peut écrire qu'il faut raser tous les bosquets sacrés. Amusez-vous à
écrire qu'il faut raser toutes les synagogues et vous verrez ce qu'il en
est de l'égalité devant la loi.

Il serait naïf d'espérer que les lobbies complices, bien que
rivaux, des doctrines du désert capitulent devant les évidences.
Même ceux qui survivront à l'effondrement planétaire de leurs projets
paranoïaques, tenteront de réinculquer aux survivants les poisons
responsables des désastres survenus.

Voilà donc terminé ce livre dont des dizaines de phrases
tombent sous le coup des lois scélérates. Je n'ai pas la vocation du
martyre ; mais je ne peux plus admettre de voir supprimer toute
liberté de pensée authentique, tout non-alignement sur la douche
médiatique mondialement orchestrée et qui dicte à la masse des
veaux ses toutes théoriques indignations et ses pâles
enthousiasmes, comme les applaudissements réclamés par les
animateurs de foires médiatisées ( on applaudit ... ). Je ne peux plus
supporter de me voir supprimer le droit d'association selon mes
affinités, de me voir interdire l'expression d'évidences grosses
comme des montagnes et basées sur des preuves scientifiques et
statistiques irréfutables.

Alors je préfère encourir tous les risques, l'accident mortel bien
organisé, la ruine, la condamnation à de la prison ferme en attendant
d'être suicidé au fond d'une cellule, la marée de calomnies sans
possibilité de répondre, l'hôpital psychiatrique, tout plutôt que
continuer à faire le gros dos en silence.
Ce livre n'est en fait destiné qu'à ceux qui ont déjà compris ou
sont capables de comprendre. Pourtant, par défi de la dignité
humaine, il sera, si j'y parviens, vendu en librairie.

Robert DUN
Germinal 90 de l'ère nietzschéenne

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