mercredi 28 juillet 2010

09

IX

Passons aux confréries juives ; voyons quels
sont leurs rapports avec le Kahal et l'influence
que ces confréries exercent sur les Juifs et les
Chrétiens.
Il n'y a pas de société juive dans laquelle
n'existent quelques confréries, et il ne se trouve
presque pas de Juif qui n'appartienne à l'une
ou à l'autre.
L'influence de ces confréries sur la vie générale
et l'existence privée de chaque Juif,
sous le rapport moral et matériel, ainsi que
sur l'organisation sociale du pays où les Juifs
habitent, est très grande et très remarquable.
Les confréries juives sont, pour nous servir
d'une comparaison très juste, les artères de la
société juive, tandis que le Kahal remplit les
fonctions du coeur. Pour quiconque n'a pu pénétrer
intimement les ressorts de la vie intérieure
des Juifs et les moyens artificiels qu'ils
emploient pour exister au milieu des différentes
sociétés chrétiennes et autres, il est presque
impossible de saisir le fil mystérieux qui enchaîne
et lie tous les Juifs répandus sur la
surface de la terre, comme une toute-puissante
et invisible corporation.
Dans un ouvrage publié en langue russe
par Brafmann (Vilna, 1869), cette question est
traitée avec tous les détails possibles. Ici,
nous ne ferons qu'effleurer cette intéressante
partie de la vie des Juifs en indiquant quelques
catégories des confréries en question.
La 1re catégorie est une confrérie du Talmud
: La Savante.
La 2e catégorie est une confrérie de bienfaisance.
La 3e confrérie des artisans.
La 4e confrérie de la religion.
La 5e confrérie des funérailles.
Puis, plusieurs autres confréries, qui sont
partagées en une infinité de confréries locales,
mais qui toutes sont intimement liées sous le
drapeau national du Talmud, qu'elles servent
fidèlement en secondant linstitution du Kahal
dont leur existence dépend.
Chaque confrérie a son chef, son instituteur,
et assez souvent sa maison de prière
(succursale de la synagogue principale). En
un mot, chaque confrérie est un Kahal secondaire,
dont la plupart des membres appartiennent
à l'élite de la société juive, formant
une quasi-légion de combattants qui entourent
et défendent le drapeau national du Talmud.
Toujours au service du Kahal, lorsque celuici
croit nécessaire de punir un Juif récalcitrant
à ses ordres et de le faire rentrer sous
son joug pesant, — ils sont également toujours
prêts à défendre, par tous les moyens
dont ils peuvent disposer, un Juif fidèle et
soumis aux ordres du Kahal, lorsque ce Juif
a quelque démêlé avec le Goïm.
Les rapports de ces confréries avec le Kahal
sont consignés avec beaucoup de détails dans
21 actes et documents publés par Brafmann,
dans son Livre sur le Kahal. Nous en avons
extrait et traduit du russe sept des plus inté
ressants, classés sous les n° 7, 8, 14, 59, 79,
82 et 85.
Les voici :


N° 7.
Sur la formation de la statistique de la population
juive de la ville, selon la position de chacun.

Mercredi; section de 5 livres Ahro-Kerdochime
Iva. 5555.
Parmi les représentants du Kahal, il a été
ordonné aux Gaboïms (chefs des confréries) de
fournir la véritable statistique de tous les membres
composant leur société. Dans les confréries
des artisans, ils devront indiquer les contremaîtres
établis , sans mentionner s'ils appartiennent
à la population juive de la ville ou s'ils
sont étrangers. Même ordre a été donné par le
Kahal à tous les propriétaires juifs ou locataires
principaux juifs de cette ville, y ayant domicile,
ou l'habitant seulement temporairement.



N° 8.
Sur le choix des jurés.

Pour régler la question pendante avec quelques
confréries, relativement à la boucherie juive,
samedi, selon la section Ahro-Kerdochime, 13 Iva
5555:
a), avec l'assenliment du Kahal, ont été
élus quatre chefs de confréries qui, avec le Rabbi
Samuel, fils de J., doivent arranger et terminer
l'affaire qui s'est élevée entre Hevra Kadische
(confrérie des funérailles) et Hevra-Schive-Kir-nechime
(confrérie de 7 élus). A la même séance,
il a été décidé qu'il serait délivré à Samuel, fils
deJ.,le certificat de traduction de quelques décrets
de Bet-Dine en langue russe. Si le Rabbin et le
Bet-Dine y consentent, les Samoches (notaires
du Kahal) peuvent signer ce certificat.



N° 14.
Sur la construclion de labattoir juif.

Samedi, section de 5 livres Begaloscho. 5555.
Il a été enjoint aux confréries Hevra-Kadische
et Hevra-Schive-Kirnechime de construire l'abattoir
juif à leurs frais; et puisque la confrérie
Schive-Kirnechime s'est retirée, et qu'en conséquence
de cette retraite la continuation de ladite
construction a dû être arrêtée , le Kahal désigne
Rabbi Avi, fils de R. , Rabbi Nota, fils de D., et
Rabbi Samuel fils de G., d'arrêter le compte exact
avec la confrérie qui se refuse à la continuation
de la construction dont il est question, et de réclamer
d'elle la quittance de toutes les dépenses
faites jusqu'à ce moment. Lorsque ce compte
sera terminé et que les délégués auront entre
leurs mains la quittance en question, ils devront
proposer à la confrérie Kadische d'acheter du
Kahal le droit de continuer seule et à ses frais
l'abattoir.— Les trois délégués ont pouvoir et ont
tout droit d'arrêter le compte, comme ils l'entendent,
avec la confrérie qui s'est retirée, ainsi
que de passer accord avec celle qui voudrait continuer
la construction, comme pourraient faire
les sept principaux chefs de la réunion générale.
Si la confrérie Kadische désire continuer ladite
construction et obtient l'autorisation des délégués
ci-dessus indiqués par le Kahal, elle devra remplir
toutes les conditions qui ont été prescrites à
la confrérie Schive-Kirnechime.


N° 59.
La décision monitoire.

Dans la construction de l'appartement qui donne
sur la cour de la synagogue, la confrérie de Semitat-
Hasodime n'a pas rempli les conditions imposées
dans l'autorisation qui lui a été accordée
par le Kahal, — ayant construit les fenêtres,
dont deux donnent sur le côté où est située la
maison de prière de la confrérie des funérailles,
et les deux autres sur le côté où se fait la prière
de la confréiie Zevah-Cedek (bouchers), ce qui
est tout à fait contraire à la convention faite avec
le Kahal. — Cependant , malgré cette contravention
aux ordonnances du Kahal, ses membres ont
décidé que le secours en argent, sans intérêt,
serait maintenu à la confrérie de Semitat-Hasodime,
si elle construit dans cet appartement deux
autres fenêtres, donnant sur le côte Orient; dans
le cas contraire, le Kahal retirera le secours en
argent sans intérêt à la dite confrérie.



N° 79.
Sur le procès du Kahal avec la confrérie des
Artisans.

Samedi, section Bogar.
Les représentants du Kahal ont décidé d'arranger
à l'amiable la querelle entre les artisans
israéliles et le Kahal, en payant aux premiers la
somme de 200 roubles argent , pour satisfaire à
toutes leurs réclamations.



N° 82.
Sur les droits des chefs de la Confrérie Sainte.

Samedi, section Bogar. 5559.
Il est accordé aux chefs actuels de la sainte
confrérie des funérailles le droit que possèdent les
sept élus de la ville. Pour tout ce qui concerne la
confrérie sus-nommée et jusqu'à la nouvelle élec
tion, toute décision qui sera prise aura la méme
force que si elle eût été prise par les sept élus de
la ville.



N° 85.
Circulaire envoyée par le Kahal à toutes les
confréries.

Samedi, section de 5 livres Dehukntaï. 5559.
Les représentants de la ville ont décidé d'envoyer
à toutes les confréries une circulaire portant
qu'à dater de ce jour, jusqu'à 18 Iva 5560,
c'est-à-dire pendant une année entière, il est défendu
de recevoir de nouveaux membres, sauf les
enfants et les adolescents non mariés.
Il est, par conséquent, défendu aux chefs de ces
confréries qui sont nommés pour un mois, ainsi
qu'aux serviteurs, de faire des démarches pour
recueillir des voix relativement à l'admission
dans les confréries, à l'exception toutefois de la
confrérie Semitat-Hasadime (confrérie de prêt).

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