mercredi 25 novembre 2009

Xiao Jing ou le traité de la piété filiale

Le Classique de la piété filiale ou Xiao Jing (traditionnel: 孝經 simplifié: 孝经 pinyin: Xìaojīng) est un des Classiques chinois (voir Autres classiques). Il a probablement été rédigé au IIIe siècle avant l'ère commune, à l'époque des Royaumes Combattants et est attribué à Zeng Zi 曾子 (505 à 436 avant l'ère commune), disciple de Confucius. Il se présente sous forme d'une conversation entre Zeng Zi et Confucius. Il énonce en dix-huit dialogues les devoirs entre personnes selon la hiérarchie : prince et ministre, pouvoir et peuple, parents et enfants, chaque cas étant renvoyé au rapport entre père et fils et se résumant dans l'expression confucéenne de piété filiale.



TABLE DES MATIERES

Confucius étant assis avec Tcheng-tzeu ...
Qui aime ses parents, continua Confucius, n’oserait haïr personne ...
Si celui qui est au-dessus des autres ...
Ne vous émancipez point jusqu’à ...
Servez votre père avec l’affection ...
Mettre à profit toutes les saisons ...
O immensité de la Piété Filiale, s’écria Tcheng-tzeu ...
En effet, reprit Confucius, comme c’était d’après la Piété Filiale ...
Mais quoi ! demanda Tcheng-tzeu ...
Un fils qui a une vraie Piété Filiale ...
Les cinq supplices embrassent trois mille crimes ...
La Piété Filiale, continua Confucius ...
Un Prince enseigne la Piété Filiale ...
Confucius ajouta encore ...
Je le comprends maintenant, répondit Tcheng-tzeu ...
Confucius ajouta ensuite ...
Le sage sert son Souverain ...
Confucius finit en disant ...



N O T I C E

Le Hiao-king ou Livre Canonique sur la Piété Filiale, est, dit-on
vulgairement, le dernier ouvrage de Confucius, et fut composé l’an 480 avant
J.-C. Les Savants ont fait un grand nombre de dissertations pour examiner et
constater si ce petit dialogue est véritablement de ce sage. Ce qu’on y voit de
plus clair, c’est qu’on le lui a toujours attribué, et qu’il n’est pas
historiquement démontré qu’il en soit l’Auteur. Cependant, comme plusieurs
Empereurs, quelques anciens historiens et de très célèbres critiques articulent
nettement que c’est le Socrate de la Chine qui sa composé, on peut, ce semble,
se ranger de leur avis, qui est le plus universellement suivi depuis bien des
siècles, et n’a plus eu de contradicteurs dans ces derniers temps.
Le Hiao-king fut enveloppé dans la proscription des anciens livres, sous le
règne de Tsin-chi-hoang. Comment a-t-il été recouvré ? Les exemplaires
recouvrés étaient-ils les mêmes ? Lequel de ces exemplaires était le plus
authentique ? quel est celui qui a prévalu ? Toutes ces questions mirent aux
prises les Savants qui voulurent autrefois en faire une affaire d’État. Nous
n’insisterons pas sur cet objet. On s’intéresse trop peu au fond du procès en
Europe pour avoir la curiosité d’en lire les pièces.

Dès que le Hiao-king eut paru, il fut expliqué, commenté et paraphrasé de
toutes les manières qu’on peut imaginer. Pour comble de gloire, ce petit livre
fut mis au nombre des livres canoniques, et décoré du titre de King. Méritait-il
tous ces honneurs ? Le lecteur en jugera. Peut-être le Hiao-king doit-il plus sa
gloire à l’intérêt qu’on prend ici à tout ce qui concerne la Piété Filiale, qu’à la
manière dont ce grand sujet y est traité ; et ce sera encore une plus grande
louange pour Confucius, qu’on sait avoir été le conservateur et l’apôtre de la
doctrine de la Piété Filiale.

Le P. Noël a traduit autrefois Ie Hiao-king en latin. Notre traduction sera
nécessairement différente de la sienne. Il a travaillé sur le Kou-ouen, vieux
texte, et nous sur le Sin-ouen, nouveau texte, qu’ont adopté les Lettrés du
Collège Impérial. Outre cela, il s’est jeté dans la paraphrase, et nous, nous
avons pris à tâche de présenter le texte en Français tel qu’il est en Chinois.
Nous avertissons que le texte auquel nous nous sommes attachés, est celui qui
a prévalu au Palais , au Collège Impérial et dans toutes les Provinces.


Confucius étant assis avec Tcheng-tzeu (1), il lui dit :
— Savez-vous quelle fut la vertu suréminente et la doctrine
essentielle qu’enseignaient nos anciens Monarques (2) à tout
l’Empire, pour entretenir la concorde parmi leurs sujets et bannir
tout mécontentement entre les supérieurs et les inférieurs ?

— D’où pourrais -je le savoir, répondit Tcheng-tzeu, en se levant
par respect, moi qui suis si peu instruit ?

— La Piété Filiale, reprit Confucius, et la racine de toutes les
vertus et la première source de l’enseignement (3). Remettez-vous,
je vous développerai cette importante vérité.
« Tout notre corps, jusqu’au plus mince épiderme et aux cheveux,
nous vient de nos parents (4) ; se faire une conscience de le
respecter et de le conserver, est le commencement de la Piété
Filiale. Pour atteindre la perfection de cette vertu, il faut prendre
l’effort et exceller dans la pratique de ses devoirs, illustrer son nom
et s’immortaliser, afin que la gloire en rejaillisse éternellement sur
son père et sur sa mère. La Piété Filiale se divise en trois sphères
immenses : la première est celle des soins et des respects qu’il faut
rendre à ses parents ; la seconde embrasse tout ce qui regarde le
service du Prince et de la patrie ; la dernière et la plus élevée, est
celle de l’acquisition des vertus, et de ce qui fait notre perfection.
Pouvez-vous oublier vos ancêtres, dit le Chi-king, faites revivre
en vous leurs vertus (5).


« Qui aime ses parents, continua Confucius, n’oserait haïr per -
sonne ; qui les honore, n’oserait mépriser qui que ce soit. Si un
Souverain sert ses parents avec un respect et un amour sans bornes,
la vertu et la sagesse des peuples croîtront du double, les barbares
mêmes se soumettront à ses arrêts (6). Voilà sommairement ce qui
concerne la Piété Filiale du Souverain :
Un seul cultive la vertu, dit le Chou-king, et des m illions de
coe urs volent vers elle.


« Si celui qui est au-dessus des autres est sans orgueil, son
élévation sera sans péril ; s’il dépense avec économie et avec
mesure, quelque riche qu’il soit, il ne donnera pas dans le luxe. En
évitant les périls de l’élévation, il en perpétuera la durée ; en se
préservant du luxe, il jouira continuellement de l’abondance. Sa grandeur et ses richesses assurées, elles assureront son rang suprême à sa famille
et la paix dans ses États. Voilà sommairement
ce qui regarde la Piété Filiale d’un Prince :
Craignez, trem blez, soyez sur vos gardes, dit le Chi-king, comme
si vous étiez sur le bord du précipice, comme si vous m archiez
sur une glace peu épaisse (7).


« Ne vous émancipez point jusqu’à porter d’autres habits que ceux
que vous permettent les ordonnances des anciens Empereurs ; ne
vous hasardez jamais à rien dire qui ne soit conforme aux lois
qu’ils ont faites ; n’osez rien faire dont leur vertu ne vous ait donné
l’e xemple. Alors, comme la règle de vos discours et de votre
conduite(ne) sera pas de votre choix, vos paroles, fussent-elles
trompetées dans tout l’Empire, on ne pourra point les blâmer et
votre conduite attirerait-elle tous les regards, vous n’aurez ni
reproche, ni haine à craindre : ces trois choses conserveront la salle
de vos ancêtres (8). Voilà sommairement ce qui est particulier à la
Piété Filiale d’un Grand.

Il est dit dans le Chi-king :
Ne vous relâchez ni jour ni nuit dans le service de l’homme
unique (9), [c’est -à-dire, de l’Empereur].


« Servez votre père avec l’affection que vous ayez pour votre
mère, et vous l’aimerez également ; servez votre père avec la
vénération que vous avez pour votre Prince, et vous le respecterez
également. Ayant pour votre père l’amour que vous sentez pour
votre mère le respect dont vous êtes pénétré pour votre Prince (10),
vous servirez le Prince par Piété Filiale, et serez un sujet fidèle ;
vous déférerez à ceux qui sont au-dessus de vous par respect filial,
et vous serez un citoyen soumis : or, la fidélité et la soumission
préviennent toutes les fautes vis-à-vis des supérieurs (11). Quel
moyen plus sûr, soit de garantir ses revenus et dignités (12), soit de
conserver le droit de Tso-ki à ses ancêtres ? Voilà sommairement
ce qui caractérise la Piété Filiale du Lettré : Il est dit dans le Chiking

http://classiques.uqac.ca/classiques/chine_ancienne/B_livres_canoniques_Petits_Kings/B_14_Hiao_king/hiao_king.pdf

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