mercredi 28 juillet 2010

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XXIII
Nous appelons l'attention de nos lecteurs
sur Yom-Kipour (jour de la rémission des péchés)
et sur la cérémonie Gatorat-Nedovime
(absolution).
Au chapitre xiii nous avons parlé de la journée
de Rosch-Haschana, nouvelle année chez
les Juifs, dans laquelle commence la période
de dix jours de pénitence nationale Yom-
Kipour, qui est la dernière et la plus importante
journée de cette période. C'est le dixième
jour du mois de Fischery, consacré à la rémission
des péchés.
Au temps de la gloire du temple de Jérusalem,
les portes du Sancta Sanctorum, fermées
pendant lannée entière, s'ouvraient durant
cette journée solennelle devant le grand
prêtre, qui à son retour apportait au peuple,
dans l'attente et l'inquiétude, le pardon de
Jéhovah. C'était la journée de la confession et
de la mortification, mais en même temps le
moment de la plus haute réjouissance spirituelle
chez le peuple juif.
Aujourd'hui, à l'instar de la journée de
Rosch-Haschana, Yom-Kipour est une époque
de désolation, de gémissements et de
pleurs. Dans cette journée, Jéhovah confirme
le sort échu à chaque Juif. Si celui dont
la destinée était de souffrir l'année suivante
n'a pas pu, pendant la période de dix
jours de pénitence, se concilier les bonnes
grâces de Jéhovah, et que le jour de Yom Kipour
soit arrivé, il ne pourra plus invoquer
sa miséricorde et devra subir sa cruelle destinée.
Par ces motifs, la journée de Yom-Kipour
est une journée de crainte et de grande
mortification chez les Juifs.
La plus stricte continence commence deux
heures avant le coucher du soleil, la veille, et
dure jusqu'au soir de la journée Yom-Kipour,
Pendant vingt-six heures, toute la population
juive (excepté les enfants au-dessous de douze
ans) ne mange ni ne boit, pas même une
goutte d'eau, employant tout ce temps à prier
et à pleurer.
Aux prières récitées habituellement les jours
de fête, — prières qui sont remplies de souvenirs
patriotiques rappelant la gloire passée du
peuple d'Israël, ses persécutions, sa prochaine
grandeur, et son retour prochain à Jérusalem,
— on ajoute encore le jour de Yom-Kipour
certaines formules de confession. Ces formules
sont curieuses sous ce rapport que la
classification des péchés, dont chacun ce jour là
doit se confesser, est faite par ordre alphabétique.
Manière originale qui obscurcit même
le sens des péchés, et dont quelqu'un a dit :
« Les auteurs de ces formules ont eu probablement
en vue d'alléger plutôt la mémoire
que la conscience du pécheur. »
La plus importante prière par laquelle commence
la cérémonie de Yora-Kipour, est Kol-
Nidre. Lorsque la veille au soir toute la population
juive des deux sexes, y compris les enfants
au-dessus de douze ans, en habits de
fête, est réunie à la synagogue; lorsqu'on a
allumé une grande quantité de cierges et que
le chantre avec le choeur, ayant pris sa place
ordinaire, est pret à entonner les cantiques,
celui qui, ce jour-là, préside la cérémonie, découvre
avec un recueillement partagé par
toute Tassistance le Kivot (arche) et en ôte la
Tora. Tout le monde chante et répète par trois
fois la prière de Kol-Nidre, dont le sens cependant
ne cadre pas avec le profond recueillement
avec lequel elle est psalmodiée. Le
sens de cette prière est une complète négation,
un désistement de tous les voeux, promesses,
serments, engagements, que chacun
a pu faire pendant lannée écoulée et qu'il n'a
pas remplis, ayant la conviction qu'après avoir
récité trois fois la prière du Kol-Nidre, il lui
sera permis de ne pas tenir durant Tannée qui
va s'ouvrir les voeux, serments, engagements
qu'il a contractés pendant lannée qui vient de
finir. En présence de ce manque de parole publiquement
avoué et changé en prière, la
bonne foi, qui est la base de la société, doit
nécessairement être gravement atteinte. Ce
fait est si révoltant, qu'il a même été condamné
par quelques savants interprètes du
Talmud; mais les vieux usages, si commodes
pour les consciences peu sévères envers ellesmêmes,
ont été néanmoins conservés. La cérémonie
et la prière de Kol-Nidre occupent une
place importante parmi les cérémonies de la
religion juive.
Outre le Kol-Nidre, les Juifs ont encore le
Gatoval-Nédovme et le Messirat-Madna, cérémonies
qui laissent la faculté à chaque Juif de
prêter un faux serment et de servir de faux
témoin en faveur d'un autre Juif qui est en
procès avec un chrétien ; ainsi le remords de
conscience, si puissant chez le chrétien et qui
le conduit quelquefois à l'aveu spontané de sa
faute, est sans effet sur le Juif, qui trouve le
calme de la conscience... dans la pratique de
cette cérémonie.
A la chute du jour, lorsque la prière touche
à sa fin, et comme conclusion de la fête, le cor
sonne et toute l'assistance de crier : Lechana,
Gabaa Birou-Chelaim (l'année prochaine, à
Jérusalem!)
Le Kahal a soin que, ce jour-là, les prières
se fassent en commun à la synagogue, et non
dans les maisons privées, comme cela arrive
parfois. On atteint ainsi ce double but, de
perpétuer une cérémonie importante du culte
et d'ajouter au revenu du Kahal.
Brafmann cite, dans son Livre sur le
Kahal, plusieurs documents qui ont quelque
rapport avec ce qui a été dit dans ce chapitre.
Celui qui est classé sous le n° 30 se trouve
déjà cité au chapitre xiii.

1 commentaire:

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